Malgré les demandes du gouvernement, la cour d’appel de Paris a confirmé le maintien en ligne de la place de marché de Shein, estimant que les produits illicites signalés avaient déjà été retirés.
La justice française a de nouveau rejeté la demande de l’État visant à suspendre la marketplace de Shein, au cœur d’une polémique depuis plusieurs mois après la mise en vente de produits illégaux par des vendeurs tiers.
La cour d’appel de Paris a confirmé ce jeudi la décision rendue en première instance, estimant que les éléments ayant motivé l’action des autorités n’étaient plus réunis.
Dans un communiqué, la cour a considéré que le préjudice invoqué initialement par l’État avait disparu, les produits concernés ayant depuis été retirés de la plateforme.
L’affaire remonte à l’automne dernier, lorsque plusieurs articles prohibés avaient été signalés sur l’espace réservé aux vendeurs partenaires de Shein.
Parmi eux figuraient notamment des poupées à caractère pédocriminelles, des armes relevant de la catégorie A ainsi que des médicaments interdits à la vente.
Ces annonces avaient ravivé les inquiétudes autour du contrôle exercé sur cette place de marché opérée par le géant de la fast fashion, fondé en Chine et désormais installé à Singapour.
À la suite de ces signalements, Shein avait choisi de suspendre elle-même l’ensemble de sa marketplace en France afin de mener un audit interne et de corriger les défaillances identifiées. La réouverture s’était ensuite faite de manière progressive au début de l’année 2026.
Cette réaction n’avait toutefois pas convaincu le gouvernement français. Les autorités avaient alors demandé une suspension complète du site, estimant nécessaire d’écarter tout risque de réapparition de contenus ou de produits illicites.
En décembre, le tribunal judiciaire de Paris avait rejeté cette requête, jugeant une telle mesure excessive au regard des actions engagées volontairement par la plateforme pour retirer les produits incriminés.
Une telle décision aurait constitué une première en France pour une plateforme de commerce en ligne.
Une enquête ouverte par la Commission européenne contre Shein
En parallèle, Shein fait désormais face à une pression croissante à l’échelle européenne.
Le 17 février, l’Union européenne a annoncé l’ouverture d’une enquête visant la plateforme. Bruxelles soupçonne l’entreprise d’avoir enfreint plusieurs obligations prévues par la loi européenne sur les services numériques, le Digital Services Act (DSA).
L’examen de la Commission européenne ne porte pas seulement sur la présence de produits illégaux.
Il s’intéresse aussi à certains mécanismes de la plateforme susceptibles d’encourager des usages compulsifs, ainsi qu’au manque de clarté entourant son système de recommandation de produits.
Si les soupçons de la Commission étaient confirmés, le groupe pourrait s’exposer à des sanctions financières importantes, pouvant atteindre jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial.
La réglementation européenne impose en effet aux grandes plateformes de mieux protéger les consommateurs contre les contenus et produits illicites ou dangereux, tout en renforçant leurs obligations de transparence et de modération.