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Espagne : plus de la moitié des personnes interpellées chaque jour sont étrangères

Police nationale lors d'une émeute (photo d'archives, 2012)
Police nationale lors d’une émeute (photo d’archive, 2012) Tous droits réservés  Copyright 2012 AP. All rights reserved.
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Par Jesús Maturana
Publié le
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Un document interne de la Police nationale daté du 18 mars atteste que, pour la première fois à l’échelle du pays, plus de la moitié des personnes interpellées un jour ordinaire en Espagne sont étrangères. Des sources policières parlent d’un « jour comme les autres ».

Mercredi 18 mars, la Police nationale a interpellé 1 033 personnes dans toute l'Espagne. Parmi elles, 527 étaient de nationalité étrangère, soit 51,02 % du total. Il ne s'agissait pas d'une opération spéciale ni d'une journée marquée par un événement extraordinaire. D'après les sources policières consultées, c'était un jour ordinaire, explique Marcos Ondarra pour « The Objective (source en espagnol) ».

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Jusqu'à présent, ce type de données circulait de manière fragmentaire, limité à certaines villes ou communautés autonomes comme la Catalogne ou le Pays basque. Ce document est le premier à offrir une vue d'ensemble à l'échelle nationale et, selon ceux qui l'ont analysé, il reflète une tendance qu'ils observent depuis longtemps au sein des forces de sécurité.

Madrid et la Catalogne, au cœur de la carte

Les chiffres varient fortement selon la région. Madrid concentre le plus grand volume d'interpellations du pays, avec 250 arrestations quotidiennes, dont 160 concernent des personnes étrangères et 90 des Espagnols. Le rapport s'inverse en Andalousie, où l'on arrête 155 nationaux pour 73 étrangers, même si le nombre total reste élevé.

Le cas le plus frappant en termes relatifs est la Catalogne : 72 % des 39 personnes arrêtées chaque jour dans cette communauté ne sont pas espagnoles. À Barcelone, ces chiffres étaient déjà connus dans les milieux policiers, mais ils prennent une autre dimension lorsqu'on les lit ensemble : 91 % des vols à la tire et 83,5 % des vols avec violence dans la ville sont commis par des personnes étrangères, comme l'a reconnu la Direction générale de la police de la Generalitat à la demande du groupe municipal Vox.

En Navarre, la police forale a également reconnu en janvier que les étrangers étaient responsables de 62,96 % des délits sexuels, de 73,3 % des homicides et de 71,77 % des vols enregistrés dans la communauté en 2025. Le même rapport mettait en évidence une tendance claire : moins de personnes arrêtées de nationalité espagnole d'année en année et davantage d'étrangers, le Maroc et l'Algérie étant les pays d'origine les plus fréquents.

Les chiffres de la population carcérale confirment cette tendance

Ce qui se passe dans les commissariats se reflète directement dans les établissements pénitentiaires. Un détenu sur trois en Espagne est étranger : 20 524 sur un total de 61 858. En Catalogne, les détenus étrangers sont majoritaires depuis 2023 et représentent déjà 51,83 % de la population carcérale. À Madrid, la proportion avoisine 42 %.

Un chiffre se détache des autres par ce qu'il implique pour l'avenir : parmi les moins de 22 ans incarcérés, les personnes nées hors d'Espagne sont déjà majoritaires. Sur 1 207 jeunes détenus, 672 sont étrangers contre 535 Espagnols, soit 55,68 %.

La violence de rue bat des records

Ce panorama ne se produit pas isolément. Les données officielles du ministère de l'Intérieur montrent qu'en 2025 on a recensé 31 481 infractions graves et moins graves liées à des blessures et à des rixes, le chiffre le plus élevé de la dernière décennie.

Par rapport à 2024, la hausse est de 7,2 %. Sur l'ensemble de la période pendant laquelle Fernando Grande-Marlaska dirige le ministère, depuis 2018, l'augmentation cumulée atteint 72 %.

Le syndicat de police CEP s'est exprimé sur « Antena 3 » au sujet de ce que son porte-parole David Gutiérrez a qualifié de « détérioration structurelle » et remet ouvertement en cause la gestion du ministère. L'organisation dénonce en outre que l'Intérieur ne respecte pas un arrêt de la Cour suprême concernant l'assurance de responsabilité civile des agents.

Les dotations en matériel, des pistolets à impulsion électrique aux armes longues, sont elles aussi très en deçà des besoins, selon le CEP. La moyenne mensuelle des rixes en Espagne dépasse déjà les 2 600 épisodes. D'après le syndicat, personne au ministère ne semble considérer la situation comme une urgence.

Sources additionnelles • 'The Objective'

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