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Trump favorable à la fermeture des bases américaines en Espagne

Donald Trump (photo d'archive)
Donald Trump (photo d'archives) Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.
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Par Jesús Maturana
Publié le
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Trump soutient le retrait des bases de Rota et Morón, traite ses alliés de lâches et refuse un cessez-le-feu avec l'Iran; l'Espagne évacue des soldats d'Irak tandis que le pétrole flambe.

Le président des États-Unis n’a guère laissé place à l’interprétation. Interrogé sur les pressions de certains membres du Congrès pour retirer les bases militaires américaines de pays comme l’Espagne, Donald Trump a répondu que ceux qui le lui demandent « ont raison ».

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Cette déclaration est intervenue quelques heures seulement après que le sénateur républicain Lindsey Graham a réclamé explicitement le transfert des avions déployés à Rota et Morón vers un pays « dans lequel nous puissions vraiment avoir confiance dans les moments de grande nécessité ».

Trump n’est pas étranger à ce type de mises en garde. Il avait déjà menacé l’Espagne de représailles commerciales pour son refus d’autoriser l’usage de ses installations militaires dans des opérations liées au conflit avec l’Iran, et il avait auparavant exprimé son mécontentement face à la résistance du gouvernement de Pedro Sánchez à porter les dépenses de défense à 5 % du PIB, comme le réclamait Washington. Ce qui change aujourd’hui, c’est le ton : ce n’est plus une menace à peine voilée, mais un soutien public à ceux qui demandent de passer à l’acte.

La visite du nouvel ambassadeur des États-Unis en Espagne, Benjamin León Jr., à la base navale de Rota le jour même de ces déclarations ajoute une couche d’ambiguïté difficile à ignorer. León a remercié les troupes pour leur « engagement et leur service », sans que sa présence ne permette de savoir si la relation bilatérale se refroidit ou si elle est simplement renégociée.

L’OTAN entre pression et divisions

Les alliés essuient le même reproche depuis trois semaines. Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé l’offensive contre l’Iran le 28 février, Trump demande à plusieurs reprises à ses alliés de se joindre aux opérations, que ce soit en ouvrant leurs bases ou en participant directement à des missions pour débloquer le détroit d’Ormuz. La plupart du temps, la réponse a été le silence ou le refus.

Vendredi, Trump est allé plus loin en les qualifiant de « lâches » dans une publication sur Truth Social, où il a également averti que sans les États-Unis « l’OTAN n’est qu’un tigre de papier ». La phrase résume bien la dynamique à l’œuvre au sein de l’Alliance : Washington met la pression, les Européens temporisent, et la fracture apparaît un peu plus au grand jour chaque semaine.

L’exception est venue le même vendredi de Londres. Le gouvernement de Keir Starmer a annoncé un changement de position et a autorisé l’usage de ses bases pour des « opérations défensives » visant à sécuriser la navigation dans le détroit. La réponse ne s’est pas fait attendre : le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a accusé Starmer de mettre ses propres citoyens en danger. La menace était directe et sonnait comme un avertissement aux conséquences potentiellement lourdes.

L’Espagne, de son côté, maintient la ligne défendue par Sánchez, résumée dans le « non à la guerre ». Sa contribution au dispositif régional se limite au déploiement de la frégate Cristóbal Colón dans l’est de la Méditerranée, dans le cadre d’une opération européenne à laquelle la France participe également avec le porte-avions Charles de Gaulle, sans lien direct toutefois avec les opérations menées contre l’Iran.

Netanyahou n’exclut pas une offensive terrestre

Alors que le débat diplomatique reste ouvert, sur le terrain les bombardements se poursuivent sans relâche. Israël a annoncé dans la nuit de vendredi une nouvelle vague de frappes « au cœur de Téhéran » contre ce que les Forces de défense israéliennes ont décrit comme « l’infrastructure du régime terroriste ». L’Iran a riposté par au moins quatre salves de missiles sur Jérusalem en un peu plus d’une heure.

Benyamin Netanyahou, qui évite depuis des semaines de se prononcer sur une perspective de fin de conflit, a laissé entendre cette semaine qu’il n’écartait pas une opération terrestre. « On dit souvent qu’on ne peut pas gagner une guerre uniquement depuis les airs », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il existe « de nombreuses possibilités » pour cette composante terrestre et qu’il préférait ne pas les détailler publiquement.

Ce message tranche avec la promesse répétée de Trump selon laquelle l’offensive se terminera « bientôt », un mot qui, à mesure que les jours passent, perd une partie de sa signification. Trump, de son côté, a été explicite sur sa position concernant un cessez-le-feu : « On ne signe pas un cessez-le-feu quand on est littéralement en train de détruire l’autre camp. »

Il en a profité pour se vanter de l’assassinat de hauts responsables iraniens, des déclarations qui ne laissent guère penser que Washington cherche une issue négociée à court terme.

L’Espagne évacue ses soldats et le prix du pétrole continue de grimper

Le conflit a aussi une dimension logistique et économique qui ne cesse de se compliquer. L’évacuation des militaires espagnols déployés en Irak progresse, mais non sans difficultés. Selon des sources de l’exécutif, une centaine de soldats ont pu être évacués, mais il en reste 200 à rapatrier. L’Espagne a préparé trois avions pour mener à bien l’opération, que les autorités qualifient de « compliquée ».

Parallèlement, le prix du pétrole poursuit son ascension. La fermeture de facto du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative du brut mondial, tend les marchés depuis le début de l’offensive et, trois semaines plus tard, aucun signe de stabilisation ne se dessine.

Le gouvernement espagnol a annoncé une série de mesures prévoyant la mobilisation de 5 milliards d’euros qui se traduiront pour les usagers par une baisse pouvant aller jusqu’à 30 centimes par litre, ainsi qu’une économie notable sur le gaz et l’électricité grâce à la réduction de la TVA de 21 % à 10 %, entre autres.

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