Les grandes villes choisissent la continuité, les alliances entre les socialistes et LFI n’ont pas convaincu, les Républicains reprennent des bastions aux socialistes et le RN confirme son implantation dans le sud.
À un an de la présidentielle, les résultats des municipales seront longuement scrutés et analysés par les stratèges des partis.
Abstention historique
Les Français ont voté avec les pieds encore davantage que par le passé. Le taux de participation de 57% selon les estimations, historiquement bas, est une claque pour l’ensemble des partis politiques qui parviennent de moins en moins à fédérer ou à simplement convaincre les électeurs de se déplacer.
Les alliances PS – LFI n’ont pas convaincu
Le volte-face de certains candidats socialistes dans l’entre-deux-tours n’a pas convaincu. À Limoges ou Toulouse, notamment, les socialistes avaient rejoint LFI, comme à Clermont-Ferrand, Tulle, Brest ou Avignon. Dans ces villes, le PS a perdu.
"Jean-Luc Mélenchon est devenu le boulet de la gauche" déclare ce lundi matin le premier secrétaire du PS Olivier Faure sur BFMTV.
Même son de cloche de la part du Secrétaire général du parti socialiste , pour qui LFI et en particulier Jean-Luc Mélenchon, "pose un problème à la gauche"
Le PS "a manqué de clarté et de sincérité" dans ses alliances avec LFI, a jugé de son côté le chef des députés socialistes Boris Vallaud, réclamant à la direction du PS de sortir "de son ambiguïté".
Stabilité dans les trois plus grandes villes de France, Paris, Lyon et Marseille restent à gauche
À l’inverse, à Paris et Marseille, les socialistes avaient refusé l’alliance avec l’extrême gauche et sont sortis en tête.
Le pari de l’alliance a toutefois été remporté dans plusieurs villes, comme à Nantes et Lyon. Dans cette dernière, le résultat a été très serré, et le candidat malheureux, Jean-Michel Aulas a déposé "un recours en raison des très nombreuses irrégularités constatées."
Interrogé par l’AFP, le constitutionnaliste Benjamin Morel estime que « ce n’est pas une très bonne soirée pour LFI ».
Poussée de la droite
Les scrutins où la stratégie de l’alliance avec LFI n’a pas été payante pour le PS sont autant de victoires pour la droite parlementaire qui remporte beaucoup de villes moyennes. C’est le cas notamment pour Clermont-Ferrand qui passe à droite pour la première fois depuis la Libération. D'autres villes comme Brest ou Limoges ont également basculé à droite.
Le président des LR, Bruno Retailleau a affiché une certaine satisfaction ce dimanche soir, affirmant que la droite était depuis dimanche "la première force politique locale".
Le RN confirme son implantation dans le sud
Échecs à Toulon et Marseille pour le RN, mais le parti à la flamme remporte plusieurs villes moyennes comme Castres et Carcassonne. Le président du Front national et favoris des sondages pour 2027, Jordan Bardella, revendique « la plus grande percée » de l’histoire de son parti. Marine le Pen parlait hier de dizaines de victoires.
Édouard Philippe lancé pour 2027 et Renaissance rafle Bordeaux et Annecy
Victorieux dans sa ville du Havre, l’ancien Premier ministre sort renforcé dans la course pour 2027, en particulier face à ces concurrentes Gérald Darmanin et Gabriel Attal. Reste à savoir désormais si la droite décidera d'organiser une primaire ou pas, si elle y inclura aussi les partis centristes, ou si elle opérera un virage à droite.
Gabriel Attal peut quant à lui s’enorgueillir de la victoire de Renaissance à Bordeaux et Annecy.
Au centre, la défaite la plus retentissante de ce second tour touche le MoDem. L'ancien, et éphémère Premier ministre, François Bayrou, qui laisse après 12 années sa mairie de Pau au socialiste Jérôme Marbot.
Grands perdants, les Écologistes
Même si Grégory Doucet sort en tête de justesse à Lyon, les écologistes perdent Bordeaux, Strasbourg, Besançon et Poitiers et enregistrent un net reflux comparé à la vague verte de 2020. Le parti conserve également Grenoble, mais cette vague verte n'aura donc pas résisté à l’expérience du pouvoir municipal dans certaines villes.
Marine Tondelier la cheffe du parti,a admis que la campagne avait été mauvaise hier soir sur les différents plateaux de télévision. Elle a aussi déclaré ce lundi que "les macronistes et une partie de la droite ont tout fait pour les faire perdre. (...) Il y avait un souci de communication."