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Élections municipales : socialistes et insoumis entre unions locales et tensions nationales

Un homme se tient dans un isoloir lors du premier tour des élections municipales françaises à Paris, le dimanche 15 mars 2026. (AP Photo/Thomas Padilla)
Un homme se tient dans un isoloir lors du premier tour des élections municipales françaises à Paris, le dimanche 15 mars 2026. (AP Photo/Thomas Padilla) Tous droits réservés  AP Photo
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Par Etienne Paponaud & Euronews avec AFP
Publié le
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Malgré des tensions récurrentes entre les deux partis, de nombreux accords ont été conclus localement pour l'emporter face à la droite ou l'extrême droite.

Un front commun, ou presque, présenté par la gauche. Lyon, Toulouse, Nantes, Avignon, Besançon, Clermont-Ferrand, Brest… Malgré l’absence d’accord national entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI), le nombre d’alliances conclues en vue du second tour des municipales est conséquent.

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Dimanche soir, le premier secrétaire du PS Olivier Faure s’était pourtant engagé à ne pas nouer d’alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon au niveau national. Désormais, il s'applique à distinguer la personnalité du leader de LFI de celles des candidats sur le terrain.

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a de son côté évoqué un front antifasciste pour justifier ces alliances, malgré les tensions récurrentes entre les deux formations de gauche. La France Insoumise

De nombreuses alliances entre socialistes et insoumis

Toulouse, Nantes, Limoges, Avignon, Brest, Clermont-Ferrand... Dans ces villes, la progression des insoumis a conduit les représentants socialistes à accepter divers accords avec le parti de Jean-Luc Mélenchon.

Ces alliances prennent deux formes. Certaines listes s'engagent ainsi à diriger une ville ensemble. C'est le cas à Toulouse, où François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS) ont noué un accord de gouvernance. Le député insoumis deviendra maire de la ville en cas de victoire et le socialiste prendra la tête de la métropole toulousaine.

Autre type d’accord : la “fusion technique”, soit une liste commune sans soutien sur le programme, ni engagement à siéger dans la majorité municipale si elle est élue. Ces “fusions techniques” surviennent lorsqu’il existe d’importants écarts de scores entre candidats.

C’est le cas à Clermont-Ferrand où le maire PS sortant Olivier Bianchi a annoncé la fusion de sa liste avec celle de la députée LFI Marianne Maximi.

Autres exemples à Brest avec le maire PS, François Cuillandre, distancé par la droite au premier tour, qui s'est alliée avec l'insoumise Cécile Beaudouin.

À Nantes, pour faire face au candidat de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe, la maire sortante et numéro deux du PS Johanna Rolland a accepté de fusionner avec la liste LFI de William Aucant.

Situation particulières à Paris et Marseille, où les socialistes arrivés en tête au premier tour ont fermé la porte à toute alliance. Même chose à Lille, où aucune alliance n'a ainsi été conclue entre les deux partis.

Les Écologistes favorables aux alliances avec LFI

Dans le sillage de leur patronne, Marine Tondelier, très ouverte aux accords avec LFI pour battre la droite ou l'extrême droite, Les Écologistes ont aussi conclu un accord avec les insoumis d'Anaïs Belouassa-Cherifi à Lyon, derrière le maire sortant Grégory Doucet pour contrer l'ancien patron de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas.

À Strasbourg, l'écologiste Jeanne Barseghian et le mélenchoniste Florian Kobryn sont parvenus à un accord “technique” pour fusionner leurs listes en vue du second tour, mais cette fois-ci sans le PS d'une autre revenante, Catherine Trautmann.

Idem à Grenoble, où entre la liste de la candidate d'un collectif de partis écologistes et de gauche, Laurence Ruffin, et celle du LFI d'Allan Brunon. Au premier tour, le candidat de la droite LR Alain Carignon est arrivé en tête.

À Besançon, la maire sortante écologiste, Anne Vignot, largement distancée à l'issue du premier tour par le candidat LR, Ludovic Fagaut, a annoncé une alliance avec l'insoumise Séverine Véziès.

À Lille, les écologistes menés par Stéphane Baly ont en revanche choisi de s'allier à la liste PS du maire sortant, Arnaud Deslandes, et non à LFI et sa candidate, Lahouaria Addouche. Les socialistes et les insoumis étaient au coude-à-coude au premier tour.

LFI rejetté par plusieurs partis de gauche

La multiplication de ces alliances à gauche suscite des critiques. Le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, s'est étonné, dans un entretien au Parisien mardi, de "l'étrange hiérarchie des valeurs" au PS, qui a accepté certaines alliances avec LFI aux municipales mais a suspendu à Strasbourg Catherine Trautmann pour s’être alliée avec le parti de centre droit Horizons.

Opposé à tout accord avec La France insoumise, Raphaël Glucksmann avait indiqué qu'aucun candidat de son parti ne resterait sur une liste de gauche qui ferait alliance avec la formation de gauche radicale.

Il annonce que "près d'une soixantaine" de ses candidats se sont donc désistés au nom de cette consigne, et que 19 membres du parti, qui ont préféré rester sur les listes, sont "suspendus en vue d’exclusion".

"Il ne peut y avoir aucun flou. S'allier à un parti dont on a dénoncé les propos antisémites il y a encore quinze jours, c’est inacceptable pour nous", argumente-t-il. C'est en effet après les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la prononciation du nom du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein qu'Olivier Faure avait édicté sa consigne.

Alors que l'ancienne maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, a été suspendue du PS mardi après avoir annoncé conclu un accord avec un candidat Horizons pour le second tour des municipales dans la ville alsacienne, Raphaël Glucksmann dit s'étonner "de la différence de traitement et de l’étrange hiérarchie des valeurs" au PS.

Sur France Inter, l’ex-président socialiste François Hollande a lui réfuté l'idée de fusionner des listes socialistes avec celles de LFI. Dans les villes où le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête du premier tour, "là où nous ne sommes pas en capacité de l'emporter (...) c'est soit le retrait, soit le maintien", mais "pas d'alliance", a-t-il prôné.

Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche, proche de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, a lui aussi annoncé que son mouvement avait retiré tous ses candidats des listes concernées par une fusion avec LFI. "Un accord technique ce n’est pas un moyen pour la vie mais juste pour changer d’avis”, a-t-il écrit sur X pour fustiger les “fusions techniques” de listes.

Si les contextes locaux et la personnalité des candidats sont primordiaux pour comprendre les dynamiques municipales, nul doute que les résultats du second tour dimanche seront très scrutés, notamment en ce qui concerne les reports de voix. Nuls doute que les états-majors politiques tenteront d’en tirer des enseignements sur les dynamiques nationales, alors que l’élection présidentielle se profile au printemps 2027.

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