Jusqu'à 30 % des enseignants ont fait grève ce mardi 31 mars, selon l'intersyndicale, mobilisée contre les suppressions de postes et les fermetures de classes. Le ministère de l'Éducation nationale, lui, évalue la participation à 10 %.
Entre 10 % et 30 % des enseignants sont en grève, ce mardi 31 mars, pour protester contre les suppressions d'emplois prévus à la rentrée 2026, contre les fermetures de classes et pour une revalorisation des salaires.
Cette journée de manifestations s'inscrit dans le cadre d'une "semaine de mobilisation" lancée par une intersyndicale réunissant la FSU, l'Unsa Éducation, la CFDT Éducation formation et recherches publiques, la CGT Edac'Action et Sud Éducation. Dans un communiqué, les syndicats réclament "plus de moyens" et dénoncent un budget 2026 "court-termiste" qui "entérine une offensive contre l'École publique" déjà "exsangue".
Selon le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, 25 % des professeurs ont participé à la grève, dont 20 % à Paris et 30 % à Lyon, Créteil et en Normandie. La mobilisation est encore plus forte dans le primaire, où un enseignant sur trois a répondu à l'appel, d’après le SNUipp-FSU, premier syndicat du secteur.
Le ministère de l'Éducation indique, de son côté, que 9,68 % des professeurs ont participé à la grève, dont 13,2 % dans le premier degré (maternelle et primaire). Dans le second degré, la mobilisation serait plus faible : 9,7 % dans les collèges, 4,94 % dans les lycées généraux et 3,5 % dans les lycées professionnels. En incluant les autres personnels, le taux de grévistes atteindrait 7,56 %.
Des mobilisations ont été signalés dans plusieurs villes françaises, comme à Marseille, Lyon, Lille, Clermont-Ferrand ou Saint-Denis de La Réunion. À Paris, un cortège a convergé vers le ministère de l'Éducation nationale.
"Profiter" du déclin démographique
Quelque 4 000 suppressions de postes sont prévues pour la rentrée 2026, dont 1 891 dans le premier degré et 1 365 dans le second degré.
Selon un rapport de la Direction des études statistiques (Depp) du ministère de l'Éducation nationale, les effectifs dans les écoles du premier degré ont reculé de 106 900 élèves à la rentrée 2025, soit une baisse de 1,7 % sur un an. Une analyse réalisée en juin 2025 par l'Institut des politiques publiques (IPP) prévoyait que ces effectifs pourraient chuter de 30 à 35 % entre 2024 et 2034 dans plusieurs départements du Grand Est, à Paris et dans le Cher, entre autres.
En déplacement à Lyon, lundi, Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, regrettait la "chute démographique" comme la France "n'en a [jamais] connue dans son histoire". "On fait tout notre possible pour minimiser les conséquences de ces fermetures de classes", a-t-il ajouté, précisant qu'il restait "encore quelques mois pour ajuster".
Mais les syndicats assurent vouloir "profiter" du déclin démographique en France pour améliorer les conditions d'apprentissage, notamment en milieu rural, "car l'école va trop mal pour perdre ces postes", expliquait, en début d'année, Aurélie Gagnier, porte-parole de la FSU-Snuipp, principal syndicat d'enseignants du premier degré.
Dans le premier degré, il n'y a "aucune garantie d'amélioration des conditions d'accueil des élèves", alerte la CFDT. Dans le second degré, "les suppressions de postes se traduisent déjà par des classes surchargées : comment, dans ces conditions, prétendre lutter contre le décrochage scolaire ou améliorer le climat scolaire ?", est-il également écrit dans le communiqué.
Le syndicat alerte également sur les conditions de travail et des salaires des métiers précaires – accompagnants des élèves en situation de handicap, assistants d'éducation, contractuels – qui "ne reflètent ni leurs compétences ni leur engagement quotidien".