Ukraine réplique aux attaques russes quotidiennes par des frappes de drones visant surtout des sites militaires et énergétiques en Russie
Des forces ukrainiennes ont frappé des installations pétrolières en Russie et en Crimée occupée, ont indiqué des responsables ukrainiens et russes, dans le cadre de la campagne menée par Kyiv pour faire payer à Moscou une lourde facture économique pour l’invasion à grande échelle.
L’état-major ukrainien a indiqué que ses forces avaient frappé dans la nuit la région russe de Krasnodar, visant la base de transbordement de pétrole de Grouchovaïa, près de Novorossiisk.
Ce complexe est l’un des plus grands terminaux de transbordement de pétrole et de produits pétroliers du sud de la Russie.
Les autorités régionales russes ont confirmé qu’un drone ukrainien avait provoqué un incendie sur le site, en précisant qu’il n’y avait pas de victimes.
Sans se prononcer sur l’ampleur des dégâts, elles ont indiqué que 130 secouristes avaient été mobilisés pour éteindre l’incendie.
Interrogé sur les inquiétudes du Kremlin face à la crise des carburants en Crimée occupée, le porte-parole Dmitri Peskov a déclaré que le ministère de l’Énergie et d’autres agences travaillaient à un ensemble de mesures pour répondre à la situation.
« Il y a effectivement certains problèmes à l’heure actuelle, a reconnu Peskov. Des mesures sont en cours. »
La « station linéaire de production et de répartition » de Krasny Iar, dans la région de Volgograd, a également été touchée, selon l’état-major.
Un incendie s’y est déclaré, selon le communiqué. Le gouverneur russe Andreï Botcharov n’a pas précisé ce que produit l’installation, mais a assuré qu’il n’y avait pas de blessés.
L’Ukraine a également mené dans la nuit de dimanche des frappes contre la base pétrolière de Semykolodezkaïa, dans la péninsule de Crimée occupée par la Russie, provoquant un incendie sur le site.
Cette base sert à stocker des réserves de carburant destinées à l’armée russe, selon le communiqué publié sur Telegram.
Les forces ukrainiennes ont également visé un dépôt de pétrole près de Feodosiia (Théodosie), en Crimée occupée et illégalement annexée par la Russie, a ajouté l’état-major.
Frappes russes en Ukraine
La Russie a attaqué l'Ukraine dans la nuit de lundi à mardi avec 166 drones et deux missiles : Les forces de défense ont neutralisé 146 drones ennemis, mais 18 sites ont été touchés.
Des frappes russes ont fait trois morts et dix blessés dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, a indiqué son gouverneur tôt mardi matin.
« L’ennemi a frappé la ville de Tchouhouïv », a écrit sur Telegram le gouverneur régional de Kharkiv, Oleh Synehoubov, en précisant que trois personnes avaient été tuées.
« Les frappes ont provoqué des incendies et endommagé au moins 18 véhicules ; des vitres ont volé en éclats et les façades d’immeubles résidentiels de plusieurs étages ont été abîmées », a poursuivi Synehoubov.
De son côté, le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a fait état de dix blessés dans sa ville.
Le 8 juin, trois personnes ont trouvé la mort et 24 autres ont été blessées à la suite d'attaques russes dans les régions de Donetsk et de Kherson ; parmi les victimes figure un enfant.
Les attaques russes quotidiennes, qui font des victimes civiles, se sont intensifiées ces derniers mois et l’Ukraine riposte avec ses propres frappes de drones toujours plus en profondeur sur le territoire russe, affirmant viser principalement des sites militaires et énergétiques.
Selon une estimation de l’ONU publiée en avril, au moins 15 850 civils ont été tués dans les zones contrôlées par l’Ukraine depuis le déclenchement de l’invasion à grande échelle menée par la Russie en février 2022.
Plus de 2 800 civils ont trouvé la mort dans les zones contrôlées par la Russie, selon ce bilan onusien, qui fait également état de plus de 44 800 blessés dans les zones sous contrôle ukrainien et les territoires occupés par la Russie.
Sanctions contre la Russie
Parallèlement, le chef de la diplomatie de l’Union européenne a indiqué que la nouvelle série de sanctions envisagée contre la Russie comprenait 80 inscriptions visant le « complexe militaro-industriel » russe, des auteurs de violations des droits humains et des propagandistes.
Kaja Kallas a déclaré lors d’une conférence de presse, à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’UE lundi, que les sanctions occidentales avaient déjà coûté à Moscou entre 1 200 et 1 500 milliards de dollars (1 040 à 1 300 milliards d’euros) selon les estimations.