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"Médiateur partial" : Israël écarte la France des prochaines négociations sur le Liban

Le président français Emmanuel Macron assiste à une réunion du Conseil de défense et de sécurité au palais de l'Élysée à Paris, France, mercredi 8 avril 2026.
Le président français Emmanuel Macron assiste à une réunion du Conseil de défense et de sécurité au palais de l'Élysée à Paris, France, mercredi 8 avril 2026. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Chaima Chihi & يورونيوز
Publié le
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Un responsable israélien, cité par The Jerusalem Post, reproche notamment à Paris ses condamnations des frappes de Tsahal au Liban et sa décision de fermer son espace aérien aux avions-cargos américains transportant des armes à destination de l'État hébreu.

Citant des sources diplomatiques et sécuritaires israéliennes, The Jerusalem Post rapporte que l'État hébreu a décidé d'exclure la France des prochains pourparlers directs avec le Liban, qui devraient débuter la semaine prochaine à Washington.

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Un responsable israélien, cité par le journal, affirme que "le comportement de la France au cours de l’année écoulée" en fait un médiateur jugé non fiable. Il estime que Paris a adopté des positions "déséquilibrées", notamment à travers des initiatives visant, selon Israël, à limiter la liberté de ses opérations militaires en Iran, ainsi que ce que l'État hébreu décrit comme "l'absence de mesures concrètes" pour soutenir le désarmement du Hezbollah au Liban.

Selon cette source, ces éléments ont conduit Israël à revoir le rôle de Paris dans la médiation du dossier libanais, la France ayant "perdu sa neutralité" et n'étant plus considérée comme un acteur légitime dans ce cadre.

The Jerusalem Post note par ailleurs que les tensions se sont accentuées ces derniers mois entre la France et Israël. Paris s'est abstenue d'autoriser le survol de son espace aérien à des avions américains transportant des armes à destination d'Israël, une décision perçue par le gouvernement de Benjamin Netanyahu comme une "mesure négative".

Depuis les tirs du Hezbollah sur le territoire israélien le lendemain du début de la nouvelle guerre, le président Emmanuel Macron et d'autres responsables français ont fait pression sur Israël afin d'éviter une opération terrestre d'envergure au Liban.

Le Quai d'Orsay a souligné cette semaine lors d'un point de presse que c'est le Hezbollah qui a décidé, "par une faute majeure", d'entraîner le Liban dans une guerre "qui n'est pas la sienne et qu'il n'a pas voulue". La diplomatie française a réaffirmé qu'Israël a le droit de se défendre, mais a estimé qu'au vu du bilan humain – près de 2 000 morts – les frappes sur Beyrouth sont "intolérables".

Selon les sources du Jerusalem Post, le Liban a tenté ces dernières semaines d'ouvrir des canaux de négociation directs avec Israël, dans le but de prévenir une éventuelle opération militaire de grande ampleur sur son territoire. Ces démarches auraient été relayées via des responsables de l'administration américaine ainsi que par les canaux diplomatiques français.

Washington aurait toutefois fait savoir à Beyrouth que tout progrès dans cette voie serait conditionné à la mise en œuvre de "mesures sérieuses pour désarmer le Hezbollah" avant toute négociation directe avec Israël.

Par ailleurs, le journal hébreu indique que la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, a également cherché à promouvoir l'ouverture de pourparlers directs entre les deux parties. Mais la position israélienne est restée réservée, estimant que le gouvernement libanais "ne prend pas de mesures suffisantes contre le Hezbollah" et ne peut donc pas être considéré comme un acteur fiable pour garantir la stabilité.

Selon le journal, l'évolution de la position israélienne en faveur de pourparlers directs avec le Liban serait intervenue à la suite d'une série d'opérations militaires visant le Hezbollah, ainsi que d'une demande américaine appelant Israël à "réduire son activité militaire" au Liban.

Les pourparlers entre Israël et le Liban devraient débuter mardi prochain au siège du département d'État américain à Washington, avec la participation de représentants des deux pays, sous médiation directe des États-Unis.

Selon le journal, Israël enverra son ambassadeur à Washington, tandis que le Liban sera représenté par son ambassadrice, Nada Hamadeh. Le médiateur américain sera l'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, chargé de gérer et de coordonner le processus de négociation entre les deux parties.

Vendredi, Emmanuel Macron a effectué une visite officielle au Vatican, où il a rencontré le pape Léon XIV, une première rencontre entre les deux hommes depuis l'élection du souverain pontife.

Selon l'Élysée, les discussions ont notamment porté sur les moyens de contenir l’escalade au Moyen-Orient, avec une attention particulière au dossier libanais, dans le contexte des récents raids israéliens.

Des sources françaises indiquent que le président a intensifié ses efforts diplomatiques pour tenter d'inclure le Liban dans un accord de cessez-le-feu temporaire de deux semaines entre Téhéran et Washington.

Dans un message publié sur la plateforme X mercredi, Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu par téléphone avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, au sujet de la situation au Liban et de l'escalade militaire en cours.

Il a déclaré leur avoir exprimé "la pleine solidarité de la France face aux frappes indiscriminées menées par Israël au Liban aujourd’hui, qui ont fait de très nombreuses victimes civiles", ajoutant : "Nous les condamnons avec la plus grande fermeté".

D'autres pays européens, comme l'Espagne, demandent que le Liban soit inclus dans tout accord de trêve entre les États-Unis et l'Iran.

Sources additionnelles • The Jerusalem Post

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