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Mémoires de Juan Carlos : le roi émérite d'Espagne reçoit un prix littéraire en France

Une librairie madrilène, le 3 décembre 2025.
Une librairie madrilène, le 3 décembre 2025. Tous droits réservés  AP Photo/Manu Fernandez
Tous droits réservés AP Photo/Manu Fernandez
Par Jesús Maturana & Alexander Kazakevich
Publié le
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Le livre, qui rencontre un succès commercial, avait suscité des polémiques, notamment en raison de propos jugés élogieux à l'égard du dictateur Francisco Franco.

On compte environ 1 500 à plus de 2 000 prix littéraires en France, mais celui-ci – pourtant méconnu du grand public – risque de faire quelques remous en dehors des frontières nationales.

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Ce samedi 11 avril, l'association Lire la société en partenariat avec l'Assemblée nationale a remis un prix à l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos, pour ses mémoires "Réconciliation", parus en novembre dernier aux éditions Stock.

Plusieurs finalistes ont exprimé leur surprise de voir une personnalité aussi controversée en Espagne recevoir une distinction au Parlement français, ce qui en dit long sur le regard porté sur l'ancien monarque, exilé à Abou Dhabi depuis 2020.

Du côté des organisateurs, la présidente de Lire la Société, Luce Parrot, a indiqué qu'ils ne se considéraient pas concernés par la controverse en Espagne, leur mission se limitant au domaine du livre.

Le prix a été décerné à l'unanimité. Le jury était présidé par l'historienne Annette Wieviorka, figure reconnue des travaux sur la mémoire en France. Selon l'association, cette distinction récompense la transmission et le récit d'un parcours politique et historique d'envergure internationale.

C'est le député macroniste Karl Olive, président du groupe d'amitié France-Espagne à l'Assemblée nationale, qui a accueilli à 10h30 Juan Carlos à l'Hôtel de Lassay, résidence officielle de la présidente de l'Assemblée nationale, mitoyenne du palais Bourbon.

L'entourage de Karl Olive confirme à Euronews que le député s'est entretenu avec le roi émérite. Yaël Braun-Pivet était également présente à la cérémonie organisée à midi.

"Nul n'est prophète en son pays"

Dans son discours de 12 minutes, prononcé en français, Juan Carlos a défendu le titre de son livre comme celui qui définit le mieux son parcours de chef d'État : avoir conduit l'Espagne, après une guerre civile et une dictature, vers la démocratie dans les délais les plus courts et de la manière la plus pacifique possible.

Il a rappelé qu’en 1975, il avait hérité du trône et de l'ensemble des pouvoirs concentrés par le régime franquiste, avant de les "rendre au peuple espagnol", qu'il a qualifié de véritable détenteur de la souveraineté.

En Espagne, les critiques les plus vives portent néanmoins sur certains passages jugés trop indulgents à l'égard du général Franco.

Dans son intervention, l'ex-monarque de 88 ans a indiqué que son père, comte de Barcelone, lui avait conseillé de ne jamais écrire de mémoires, tout en défendant sa décision de le faire.

"Le présent ne m'accable pas, mais je l'avoue parfois il peut m'attrister. Je suis conscient que nul n'est prophète en son pays", a-t-il déclaré ce samedi à l'Hôtel de Lassay.

Il s'est dit "reconnaissant" et "touché" par le prix reçu, remerciant la France et rappelant le lien particulier qui l'unit à son voisin. Ce n'est pas la première fois qu'il s'exprime devant des membres du Parlement français : en octobre 1993, Juan Carlos était devenu le premier chef d'État étranger, depuis Woodrow Wilson en 1919, à s'adresser en français à l'Assemblée nationale.

"Réconciliation" s'est vendu à plus de 150 000 exemplaires rien qu'en espagnol. Le livre, coécrit avec Laurence Debray, auteure et historienne franco-vénézuélienne, a été publié en France chez Stock et en Espagne chez Planeta.

Dans cet ouvrage, celui qui pendant 38 ans a régné en Espagne, défend son rôle dans la transition démocratique tout en reconnaissant certaines erreurs. Il qualifie notamment de faute grave l'acceptation d'un don de 100 millions de dollars du roi Abdallah d'Arabie saoudite en 2008, tout en soulignant que l'ensemble des procédures judiciaires liées à cette affaire ont été closes.

Depuis sa résidence d'Abou Dhabi, Juan Carlos Ier dit se sentir seul et exprime son souhait de renouer avec son fils Felipe VI et ses petites-filles.

Un événement familial, loin de Madrid

La cérémonie s'est tenue en présence de ses filles Elena et Cristina, ainsi que de son petit-fils Felipe de Marichalar y Borbón. Côté français, plusieurs personnalités étaient présentes, dont les anciens Premiers ministres Manuel Valls et Élisabeth Borne.

Depuis plusieurs années, l'ancien monarque construit son récit depuis l'étranger. Dans son livre, il explique qu'en quittant l'Espagne, il pensait ne s'absenter que quelques semaines, sans imaginer qu'il vivrait loin de son pays cinq ans plus tard.

Le prix remis samedi à Paris constitue, à ce jour, la reconnaissance institutionnelle la plus marquante de cette démarche visant à écrire sa propre histoire.

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