Une semaine après le retour de leur survol de la Lune, les astronautes de la mission Artémis II ont livré leurs premières impressions sur ce voyage historique, affirmant ne ne pas encore être encore tout à fait redescendus sur Terre.
Ils affirment ne pas encore être encore tout à fait redescendus sur Terre. Une semaine après leur retour de leur survol de la Lune, les astronautes de la mission Artémis II ont livrés leurs premières impressions sur ce voyage historique.
"Cette mission m’a appris que l’inconnu est bien plus effrayant que ce que l’on connaît", a confié Christina Koch. "À chaque fois que nous remplissions un objectif d’essai de mission, nous nous regardions tous en nous disant : “finalement, ça s’est plutôt bien passé”.
Le commandant Reid Wiseman a ensuite expliqué qu’il a été tellement sollicité depuis son retour qu’il n’a pas encore trouvé le temps de lever les yeux vers la Lune et le cratère Carroll, nom proposé par l’équipage pour un brillant cratère lunaire en hommage à la femme décédée de l'astronaute.
"Se retrouver à 252 000 miles de la maison, c’était la chose la plus majestueuse et la plus magnifique que des yeux humains puissent contempler", a-t-il raconté.
Jamais des astronautes ne s'étaient autant éloigné de la Terre. L'équipage a ainsi battu le record d’Apollo 13 , en filant autour de la face cachée de la Lune, suffisamment éclairée pour révéler des détails encore jamais observés par l’œil humain.
A l'issue d'un voyage de 10 jours, il a a amerri au sein de la Orion, baptisée Integrity, dans l'océan Pacifique à l'aide de parachutes .Le retour d’Artemis II à Houston, le lendemain, a coïncidé avec le 56e anniversaire du lancement d’Apollo 13 (source en anglais).
Reid Wiseman a indiqué avoir, avec Victot Glover "aperçu à deux reprises un léger départ de matériau carbonisé" sur le bouclier thermique, alors qu’Integrity traversait la phase de rentrée la plus rapide et la plus chaude.
Une fois à bord du navire de récupération, ils se sont penchés autant que possible pour examiner la partie inférieure de la capsule et détecter d’éventuels signes de dommages. Ils ont repéré une petite perte de matière calcinée sur "l’épaule", là où le bouclier thermique rejoint la capsule.
"Pour quatre humains se contentant de regarder le bouclier thermique, il nous a paru en excellent état. Il avait vraiment bonne allure, et cette rentrée était incroyable", se souvient Reid Wiseman.
L'astronaute prévient toutefois que des analyses détaillées doivent encore être menées. "Nous allons passer au peigne fin chaque… même pas chaque molécule, probablement chaque atome de ce bouclier thermique", a-t-il affirmé.
Lors du premier vol d’essai Artemis, en 2022, sans équipage, le bouclier thermique était revenu tellement criblé d’impacts et érodé que cela a repoussé Artemis II de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Plutôt que de le refaire, la NASA a choisi de modifier la trajectoire de rentrée de la capsule pour limiter l’échauffement. Les futures capsules adopteront, elles, une nouvelle conception.
Lorsque les parachutes se sont détachés juste avant l’amerrissage, Viktor Glover dit avoir eu l’impression de tomber en chute libre, comme s’il plongeait en arrière depuis le sommet d’un gratte-ciel. "C’est ce que j’ai ressenti pendant cinq secondes", a-t-il raconté avant d’ajouter, qu'une fois la descente redevenue fluide,"c’était grandiose".
Depuis leur retour, les quatre astronautes ont enchaîné les examens médicaux pour vérifier leur équilibre, leur vision, leur force musculaire, leur coordination et leur état de santé général.
Ils ont même revêtu leurs combinaisons de sortie extravéhiculaire pour des exercices dans des conditions simulant la gravité lunaire, six fois plus faible que sur Terre, afin d’évaluer l’endurance et la dextérité dont disposeront les futurs marcheurs lunaires dès leur arrivée au sol.
Les trois Américains et le Canadien estiment que leur survol de la Lune place désormais la NASA dans une bien meilleure position en vue d’un alunissage habité d’ici deux ans, puis de la création d’une base lunaire.
La NASA travaille déjà sur Artemis III, prochaine étape de son ambitieux programme de construction d’une base lunaire. La plate-forme de lancement de la fusée est revenue jeudi au Vehicle Assembly Building du centre spatial Kennedy, où elle sera préparée pour le lancement Artemis de l’année prochaine.
En attendant la désignation de son équipage, Artemis III restera en orbite terrestre pendant que les astronautes s’exerceront à l’amarrage de leur capsule Orion avec un ou deux modules lunaires en cours de développement par SpaceX, la société d’Elon Musk, et Blue Origin, celle de Jeff Bezos.
Artemis IV devrait suivre en 2028, selon le dernier calendrier de la NASA, avec l’atterrissage de deux astronautes près du pôle sud lunaire.
Cette fois, la NASA vise une présence durable sur la Lune. Lors des missions Apollo, les astronautes n’y restaient que brièvement. Au total, douze astronautes ont exploré la surface lunaire, en commençant par Neil Armstrong et Buzz Aldrin lors d’Apollo 11 en 1969 et en terminant avec Gene Cernan et Harrison Schmitt lors d’Apollo 17 en 1972.
Christinia Koch a affirmé que, depuis leur retour, elle et ses coéquipiers se sentent "encore plus enthousiastes et prêts à relever ce défi en tant qu’agence".
"Tout le monde devra accepter un risque supplémentaire pour parvenir à tout cela et avoir confiance dans la capacité à résoudre les problèmes en temps réel", a souligné Jeremy Hansen.
Bien que tout se soit bien passé pour eux, "il était aussi très clair pour nous que les choses peuvent devenir très agitées", a-t-il ajouté. Les futurs équipages devront "comprendre que tout peut devenir très chaotique, très vite".