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Temps d'attente pour les soins en Europe : les pires pays classés

ARCHIVES – Un médecin traverse un étage presque désert du service de chirurgie de l'hôpital universitaire de Bonn, le 16 mars 2006.
Photo d’archives. Un médecin traverse un étage presque désert du service de chirurgie de l’hôpital universitaire de Bonn, le 16 mars 2006. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Servet Yanatma
Publié le Mis à jour
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Les délais d’attente pour un traitement dans certains pays européens se comptent en années. Cela a de vraies conséquences pour les patients, avertissent les experts. Euronews Santé examine de près ces délais dans plusieurs catégories.

Saviez-vous que, au Royaume-Uni, plus d’un patient sur dix ayant besoin de consulter un spécialiste attend plus d’un an avant d’obtenir un rendez-vous ? Et qu’en Slovénie, les patients doivent patienter près de deux ans – 667 jours – rien que pour une prothèse de hanche ?

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Ces chiffres proviennent du rapport « Panorama de la santé 2025 » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui met en lumière l’un des enjeux les plus pressants de la politique de santé publique en Europe : les délais d’attente.

Ils comptent parmi les pires d’Europe, mais la crise des délais d’attente va bien au-delà de ces deux pays.

« Retarder les bénéfices attendus d’un traitement signifie que les patients continuent de vivre plus longtemps qu’ils ne le devraient avec des douleurs et des incapacités, et cela peut dégrader leur état de santé après l’intervention », souligne le rapport.

Alors, dans quels pays européens les patients attendent-ils le plus longtemps ? Quelle est l’ampleur du problème sur le continent ? Et combien de temps les patients doivent-ils réellement attendre avant d’être opérés ?

Le rapport de l’OCDE met en évidence de longs délais dans différents secteurs des soins de santé. Dans plusieurs pays européens, en 2023, il faut déjà au moins une semaine pour obtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste ou une infirmière.

En Allemagne et en France, un patient sur cinq doit attendre plusieurs semaines simplement pour voir un généraliste. En Suède, 23 % des patients attendent plus d’une semaine pour consulter un généraliste ou une infirmière. En France et en Allemagne, cette proportion atteint 20 %, et au Royaume-Uni elle s’en approche, à 18 %.

Si l’on ajoute ceux qui attendent six à sept jours, ces parts augmentent encore : Suède (30 %), France (28 %), Royaume-Uni (27 %) et Allemagne (26 %).

Les délais d’attente ne sont toutefois pas directement comparables d’un pays à l’autre en raison de différences méthodologiques.

Des années d’attente pour voir un spécialiste

Attendre plus d’un an pour consulter un spécialiste est une réalité pour certains patients en Europe. Le Royaume-Uni se distingue particulièrement : 11 % des patients y déclarent avoir attendu plus d’un an pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. En France et en Allemagne, cette proportion est de 2 %.

Mais même les délais plus courts restent très longs. En France, plus de deux patients sur cinq (43 %) attendent entre deux mois et un an, contre 32 % au Royaume-Uni, 29 % en Suède et 22 % en Allemagne.

Des mois d’attente pour une opération de la cataracte

Les délais pour une opération de la cataracte racontent la même histoire. L’indicateur mesure la part des patients qui attendent plus de trois mois entre la consultation du spécialiste et le traitement.

En Norvège, quatre patients sur cinq (81 %) concernés ont attendu plus de trois mois en 2024. La Finlande suit de près, avec 71 %.

Une majorité de patients ont également attendu plus de trois mois au Royaume-Uni (58 %), au Portugal (58 %) et en Espagne (53 %). La Pologne (13 %), la Hongrie (17 %), la Suède (22 %) et l’Italie (27 %) affichent des proportions nettement inférieures.

Cataracte : des délais plus longs qu’avant la pandémie

Parmi neuf pays européens suivis, les délais d’attente pour la chirurgie de la cataracte ont augmenté en 2024 par rapport à 2019 dans sept d’entre eux ; seules la Pologne et la Hongrie ont enregistré une baisse, ce qui reflète l’impact durable de la pandémie de COVID-19.

Au Royaume-Uni, la part des patients attendant plus de trois mois a plus que doublé, passant de 22 % à 58 %. En Norvège, elle est passée de 65 % à 81 %.

Ces chiffres témoignent de la pression persistante qui pèse sur les systèmes de santé après la pandémie.

Prothèses de hanche : près de deux ans d’attente en Slovénie

Le temps d’attente médian pour une prothèse de hanche est lui aussi frappant. En Slovénie, les patients ont attendu en 2024 un délai médian de 667 jours, soit presque deux ans.

En Pologne, ce délai dépassait également un an, avec 343 jours, suivie par la Hongrie (209 jours) et le Royaume-Uni (174 jours). Il s’agit de valeurs médianes : pour la moitié des patients, l’attente a été encore plus longue que les durées indiquées ici.

« Les délais d’attente pour les soins non urgents constituent une préoccupation majeure de politique de santé dans de nombreux systèmes, où les patients doivent attendre des semaines, voire des mois, pour accéder aux services », écrit Luigi Siciliani, de l’université de York, dans un article récent publié dans l’European Journal of Public Health.

Pourquoi ces délais d’attente varient-ils autant d’un pays à l’autre ? Selon l’OCDE, les listes d’attente résultent en général d’un déséquilibre entre la demande et l’offre de services de santé.

Siciliani souligne que les délais diffèrent fortement selon les pays en raison de contraintes de capacité différentes, de choix de financement, de la disponibilité du personnel de santé et d’un décalage avec une demande de soins en forte hausse, alimentée par le vieillissement de la population et les innovations technologiques.

Selon Eurostat, les délais d’attente constituent aussi une raison importante de renoncement aux soins médicaux urgents.

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