L'UE et l'ONU ont averti lundi que Gaza aurait besoin de plus de 71 milliards de dollars pour se relever après deux ans de guerre, alors que les dégâts subis par les maisons, les hôpitaux et les écoles entraînent le déplacement de la plupart des habitants.
Plus de 71 milliards de dollars (60,3 milliards d'euros) seront nécessaires au cours de la prochaine décennie pour le redressement et la reconstruction de la bande de Gaza dévastée par la guerre, selon une évaluation de l'UE et de l'ONU publiée lundi.
Dans leur version finale de l'évaluation rapide des dommages et des besoins à Gaza (RDNA), les Nations unies et l'Union européenne ont déclaré que plus de deux ans de guerre dans le territoire palestinien "ont entraîné des pertes humaines sans précédent et une crise humanitaire catastrophique".
"Les besoins en matière de relèvement et de reconstruction sont estimés à environ 71,4 milliards de dollars", indique l'évaluation, élaborée en coordination avec la Banque mondiale.
Une grande partie de Gaza, y compris les écoles, les hôpitaux et d'autres infrastructures civiques, a été réduite en ruines par une guerre féroce entre Israël et le Hamas qui a commencé en octobre 2023.
L'évaluation finale a déterminé que 26,3 milliards de dollars (22,3 milliards d'euros) seraient nécessaires au cours des 18 premiers mois pour rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures critiques et soutenir la reprise économique.
"Les dommages causés aux infrastructures physiques sont estimés à 35,2 milliards de dollars, et les pertes économiques et sociales à 22,7 milliards de dollars", indique une déclaration commune.
Gaza est soumise à un fragile cessez-le-feu conclu en octobre dernier, après deux années de conflit dévastateur déclenché par l'attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas contre le sud d'Israël.
Cette attaque a entraîné la mort de 1 221 personnes en Israël, pour la plupart des civils, selon les chiffres officiels israéliens recensés par l'AFP. Les militants palestiniens ont également enlevé 251 otages, détenus dans la bande de Gaza jusqu'à ce que l'accord de cessez-le-feu garantisse leur libération.
La campagne militaire israélienne a fait plus de 72 549 morts dans la bande de Gaza, pour la plupart des civils, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, dont les chiffres sont considérés comme fiables par les Nations unies.
Des besoins immenses
Selon la RDNA, quelque 371 888 logements ont été détruits ou endommagés, plus de 50 % des hôpitaux du territoire ne fonctionnent pas et presque toutes les écoles ont été détruites ou endommagées.
Dans le même temps, 1,9 million de personnes, soit la quasi-totalité de la population de Gaza, ont été déplacées, souvent à plusieurs reprises, et plus de 60 % de la population a perdu son logement, selon l'évaluation.
L'économie de Gaza s'est contractée de 84 %.
"L'ampleur et l'étendue des privations en matière de conditions de vie, de moyens de subsistance/revenus, de sécurité alimentaire, d'égalité des sexes et d'inclusion sociale ont fait reculer de 77 ans le développement humain dans la bande de Gaza", indique l'évaluation.
Les Nations unies et l'Union européenne ont souligné que "compte tenu de l'ampleur des besoins, les efforts de redressement doivent être menés parallèlement à l'action humanitaire" à Gaza, afin d'assurer une "transition entre l'aide d'urgence et la reconstruction à grande échelle".
Ils ont insisté sur le fait que le redressement et la reconstruction devaient être "dirigés par les Palestiniens" et intégrer des approches qui soutiennent activement le transfert de la gouvernance à l'Autorité palestinienne, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Cette résolution, adoptée en novembre dernier, salue la création du Conseil de la paix du président américain Donald Trump pour soutenir la reconstruction de Gaza.
L'ONU et l'UE ont également souligné qu'un "ensemble de conditions favorables" était nécessaire pour que la résolution soit mise en œuvre efficacement sur le terrain.
Il s'agit notamment d'un "cessez-le-feu durable et d'une sécurité adéquate", d'un "accès humanitaire sans entrave et d'un rétablissement immédiat des services essentiels" et de la "libre circulation des personnes, des biens et des matériaux de reconstruction, à l'intérieur et entre Gaza et la Cisjordanie".
Sans ces conditions, ont-ils prévenu, "ni le redressement ni la reconstruction ne peuvent réussir".