Selon Trump, l'Iran n'a "pas encore payé un prix assez élevé" alors qu'il examine une nouvelle proposition de paix.
Le président américain Donald Trump a déclaré samedi qu'il examinait une nouvelle proposition de l'Iran pour mettre fin à la guerre, tout en exprimant un scepticisme précoce quant à la possibilité d'un accord.
"Je vous en ferai part plus tard", a-t-il dit avant de monter à bord d'Air Force One.
Plus tard, sur Truth Social, le président républicain a réitéré sa position sans fournir de détails supplémentaires sur la proposition ni sur les points de friction qui pourraient bloquer un accord.
"Je vais bientôt examiner le plan que l'Iran vient de nous envoyer, mais je ne peux pas imaginer qu'il soit acceptable tant qu’ils n’ont pas payé un prix assez élevé pour ce qu’ils ont fait à l’humanité (...) au cours des 47 dernières années", a-t-il écrit.
Deux organes de presse iraniens semi-officiels, Tasnim et Fars, proches du Corps des gardiens de la révolution, ont rapporté que Téhéran avait envoyé une proposition en 14 points via le Pakistan, en réponse à une proposition américaine en neuf points.
Les médias publics iraniens n'ont, pour l'heure, pas évoqué cette nouvelle proposition. Le Pakistan a déjà accueilli des négociations en personne entre l'Iran et les États-Unis à Islamabad, qui ont échoué après le retrait des délégations iraniennes, les États-Unis refusant ensuite de poursuivre les discussions, invoquant la distance et le temps de voyage.
Cette semaine, Trump a rejeté une précédente proposition iranienne. Malgré tout, les échanges se poursuivent et le fragile cessez-le-feu de trois semaines semble encore tenir.
"Il n'y a eu aucun échange de tirs entre les forces des États-Unis et l'Iran depuis le 7 avril 2026. Les hostilités qui ont commencé le 28 février 2026 ont pris fin", a même écrit Donald Trump aux membres du Congrès.
Le président américain a proposé un nouveau plan visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel. Cette voie stratégique est fermée au trafic maritime depuis le début de la guerre israélo-américaine, le 28 février.
Récemment, l'Iran a laissé entendre qu'il autoriserait les navires à traverser la voie navigable en toute sécurité, moyennant le paiement d'une redevance, provoquant la colère de Washington.
Les États-Unis ont averti les compagnies maritimes qu'elles pourraient être sanctionnées si elles payaient l'Iran pour utiliser le détroit, intensifiant ainsi la pression dans l'impasse autour du contrôle de cette route cruciale.
Washington a mis en garde vendredi contre tout transfert, non seulement en espèces, mais aussi via "actifs numériques, compensations, swaps informels ou autres paiements en nature", y compris les dons de charité et les paiements aux ambassades iraniennes. Les États-Unis ont réaffirmé qu'ils ne permettraient pas à Téhéran de "tyranniser l'économie mondiale".
Il y a quelques semaines, Trump a instauré un blocus naval de tous les ports iraniens, en réponse au refus de l'Iran d'autoriser le trafic maritime dans le détroit. La marine américaine a indiqué avoir forcé près de 50 navires à faire demi-tour, ce qui a contribué à étrangler l’économie iranienne.
Le président américain affirme que le blocus cause environ 500 millions de dollars (426 millions d'euros) de pertes par jour pour une économie déjà fragilisée, frappée depuis une décennie par de lourdes sanctions américaines et internationales liées à son programme nucléaire et à son bilan en matière de droits humains.