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Disparition de Lyhanna : le corps retrouvé est bien celui de la fillette

La police inspecte des véhicules dans le cadre de la recherche d'indices dans l'affaire de la disparition de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, dans le sud-ouest de la France.
La police inspecte des véhicules dans le cadre de la recherche d'indices dans l'affaire de la disparition de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, dans le sud-ouest de la France. Tous droits réservés  Frederic Lancelot/Copyright 2026. The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Frederic Lancelot/Copyright 2026. The AP. All rights reserved
Par Vincent Reynier & Serge Duchêne
Publié le Mis à jour
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L'identité de la victime a été confirmée, selon le procureur d'Agen. Cette affaire a suscité une vive polémique à l'échelle nationale, le principal suspect dans cette affaire ayant été accusé d'abus sexuels sur d'autres enfants.

Le corps retrouvé jeudi dans le sud-ouest de la France est bien celui de la collégienne qui avait disparu le 29 mai, a annoncé vendredi le procureur d'Agen, Olivier Naboulet.

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"L'identification de la victime est confirmée, au moyen d'une comparaison d’ADN", a-t-il déclaré dans un communiqué, précisant que "les médecins légistes, en l'état de leurs investigations, ne sont pas aujourd'hui en mesure d'indiquer quelles sont les causes de la mort".

Une marche blanche en hommage à Lyhanna se tiendra dimanche à Fleurance, selon un arrêté municipal consulté par l'AFP. La marche se déroulera entre 15h00 et 19h00 au cœur de la commune, précise la mairie.

Le panneau d'entrée de Fleurance, la ville où a habité Lyhanna, une fillette de 11 ans portée disparue, dans le sud-ouest de la France, vendredi 5 juin 2026.
Le panneau d'entrée de Fleurance, la ville où a habité Lyhanna, une fillette de 11 ans portée disparue, dans le sud-ouest de la France, vendredi 5 juin 2026. Frederic Lancelot/Copyright 2026. The AP. All rights reserved

Macron critique des "dysfonctionnements", Lecornu réunit les ministres

Emmanuel Macron a exprimé ce vendredi "la solidarité" et "l'affection de la Nation" à la famille de la jeune Lyhanna, reconnaissant "qu'il y a eu un dysfonctionnement" de la justice.

"Il est clair qu’il y a un dysfonctionnement, et que nous ne pouvons pas ne pas voir que des failles se sont révélées. Il faut maintenant les clarifier, ainsi que les responsabilités qui sont à l’œuvre, a déclaré le président depuis le Monténégro, où il est arrivé jeudi.

"Aujourd’hui nous avons un système collectif sur la protection de nos enfants qui doit être encore amélioré et réhaussé", a-t-il ajouté.

De son côté, Gérald Darmanin a, "au nom de la Justice, comme ministre", présenté vendredi ses "excuses" à la famille de la victime et "aux Français qui sont légitimement choqués, terrifiés" par les "défaillances" de la justice qui "n'a pas su protéger" la fillette.

"Je suis furieux de cette situation" quant aux dysfonctionnements de la justice dans cette affaire, a ajouté le ministre sur TF1, dénonçant "un immense échec" dans le traitement pénal du suspect, déjà mis en cause à plusieurs reprises avant la mort de la collégienne.

Ces déclarations interviennent alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a réuni ce vendredi matin les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, pour faire "un point de situation" sur l'affaire Lyhanna.

La police française surveille un silo agricole où un corps a été découvert hier, dans le cadre des recherches menées pour retrouver Lyhanna, à Puycasquier, le 5 juin 2026
La police française surveille un silo agricole où un corps a été découvert hier, dans le cadre des recherches menées pour retrouver Lyhanna, à Puycasquier, le 5 juin 2026 Frederic Lancelot/Copyright 2026. The AP. All rights reserved

Cette réunion fait suite à la découverte d'un corps portant "des vêtements similaires" à ceux que la jeune fille de 11 ans portait avant sa disparition, vendredi dernier, selon le procureur d'Agen, Olivier Naboulet.

Le profil du principal suspect, identifié comme Jérôme Barella, a relancé le débat sur le suivi judiciaire et la protection des enfants. Cet homme de 41 ans, père de deux enfants, avait déjà été accusé à plusieurs reprises d’abus sexuels sur mineurs, sans qu’aucune mesure ne soit prise.

Depuis sa mise en examen, lundi, Jérôme Barella n’a fait aucune déclaration devant la juge d’instruction chargée du dossier et n’a répondu à aucune question.

Laurent Nuñez a annoncé mercredi qu'il avait engagé, avec Gérald Darmanin, une enquête administrative pour faire la lumière sur d’éventuels dysfonctionnements dans le traitement de plaintes pour viols visant le suspect.

Le ministre de la Justice a également fait savoir qu'il réunira lundi tous les procureurs généraux pour une réunion de travail au ministère de la Justice.

Le collège fréquenté par Lyhanna, une fillette de 11 ans portée disparue, à Fleurance, dans le sud-ouest de la France, le vendredi 5 juin 2026.
Le collège fréquenté par Lyhanna, une fillette de 11 ans portée disparue, à Fleurance, dans le sud-ouest de la France, le vendredi 5 juin 2026. Frederic Lancelot/Copyright 2026. The AP. All rights reserved

Les responsables politiques de tous bords appellent à une réforme du système judiciaire

Plusieurs prétendants à l'élection présidentielle de 2027 ont exhorté jeudi à revoir le fonctionnement de la justice et à mieux prendre en compte la parole des enfants.

Édouard Philippe appelle notamment à créer "un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants", en accordant une "priorité absolue aux plaintes des enfants et aux signalements".

Bruno Retailleau, le président des Républicains, a pour sa part déploré "une faillite" du système judiciaire, appelant à une "réforme en profondeur".

"Une société qui n’est même plus capable de protéger ses enfants est une société dont les membres finiront par se dresser les uns contre les autres", a-t-il déclaré sur X.

Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (RN), accuse également l'État français d’avoir "lourdement failli", et affirme que "le peuple français exige des comptes".

"Ce drame terrible aurait pu, aurait dû, être évité, si l’institution judiciaire n’avait pas connu de tels dysfonctionnements", estime-t-il.

Pour la présidente des Écologistes, Marine Tondelier, cette affaire est le "symbole d’un système politico-judiciaire incapable de gérer le sujet des violences sexistes et sexuelles".

"En 2026, on meurt encore d'être une femme. D'être une enfant", déclare-t-elle. "Dans cette affaire, le principal suspect a déjà un dossier épais en matière de violences sexuelles sur des enfants. [...] Et devinez quoi ? Il n'a jamais été entendu par la police".

Enfin, Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise, appelle à "donner les moyens nécessaires aux enquêteurs sur ces sujets", estimant que "le gouvernement n’a fait que les couper".

Anne-Cécile Mailfert, de l'association militante Fondation des Femmes, avait pour sa part demandé "une loi globale contre les violences sexuelles", estimant que le système actuel "est défaillant".

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