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La France accusée de déni climatique alors que le fond vert est menacé au lendemain de la canicule

Paris : des touristes se protègent du soleil avec un parapluie en traversant une allée des jardins du Trocadéro, lundi 11 août 2025.
Des touristes utilisent un parapluie en marchant dans une allée des jardins du Trocadéro, par une chaude journée, le lundi 11 août 2025, à Paris. Tous droits réservés  Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved.
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Par Liam Gilliver
Publié le Mis à jour
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La cheffe des écologistes Marine Tondelier a jugé le gouvernement "incompétent" alors que l'attention se porte sur les coupes annoncées dans le budget de l'adaptation au réchauffement climatique.

La baisse du budget consacré par la France à la transition écologique est pointée du doigt après les chaleurs record enregistrées dans le pays au mois de mai.

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Le mois dernier, la France a suffoqué sous un puissant dôme de chaleur. Météo-France indique que de nouveaux records mensuels ont été battus dans 352 stations météorologiques. La température la plus élevée, 37,1 °C, a été relevée près d'Hossegor, à proximité de Biarritz, le lundi 25 mai.

Ces températures exceptionnellement élevées ont été mises en cause dans une série de décès, dont celui d'un coureur de 53 ans mort à Paris.

Selon les scientifiques, cet épisode de chaleur "sans précédent" n'avait qu'une chance sur 1 000 de se produire à cette période de l'année, d'après des données remontant à 1979. Mais plusieurs experts avertissent que ces épisodes extrêmes portent désormais clairement l'empreinte du changement climatique.

Friederike Otto, professeure de sciences du climat à l'Imperial College de Londres, affirme que la science est sans ambiguïté : "Le changement climatique rend ces vagues de chaleur plus intenses, plus longues et beaucoup plus fréquentes."

"Le climat dans lequel nous vivons aujourd’hui n’est tout simplement plus celui dans lequel nous avons grandi, et nos bâtiments comme nos infrastructures sont cruellement mal préparés à ce qui nous attend."

La France était-elle prête pour la vague de chaleur ?

La France se prépare depuis plusieurs années à des épisodes de chaleur extrême, notamment dans des villes comme Paris, régulièrement touchées par l'effet d'îlot de chaleur urbain. Ce phénomène se produit lorsque des matériaux comme le béton et l'asphalte absorbent la chaleur et maintiennent des températures élevées en milieu urbain.

En 2023, l'initiative "Paris à 50 °C" a mobilisé deux arrondissements de la capitale afin d'anticiper un futur marqué par des chaleurs intenses. Urbanistes, experts de la santé, scientifiques et pouvoirs publics y ont travaillé ensemble pour évaluer les vulnérabilités dans des secteurs clés tels que le logement, la santé, l'énergie et l'espace public.

L'évaluation de cet exercice a conclu que les fortes chaleurs constituent une menace majeure pour la santé publique en France, en particulier pour les populations les plus vulnérables. Les infrastructures de transport, comme le métro et les lignes ferroviaires, ont également été identifiées comme exposées à la hausse des températures.

Les efforts visant à retirer des matériaux qui emmagasinent la chaleur, comme l'asphalte et les surfaces de stationnement, ont profondément transformé Paris ces dernières années. Ils ont permis de redonner de la place aux arbres et à la végétation, qui apportent de l'ombre et contribuent à améliorer la qualité de l'air.

Parallèlement, le Fonds vert, programme phare de l'État, accompagne les collectivités dans leur adaptation au changement climatique. Il a déjà soutenu plus de 25 000 projets portés par plus de 13 000 acteurs locaux, dont plus de 11 000 communes en France métropolitaine et en outre-mer.

La France accusée de "climatonégationnisme"

Le Fonds vert représente un engagement de 4,5 milliards d'euros de subventions publiques. Il finance notamment la rénovation énergétique des bâtiments publics locaux, l'amélioration de la qualité de l'air, la prévention des inondations et la restauration des écosystèmes.

Cependant, son budget a été réduit de manière progressive et peu visible, passant de 2,4 milliards d'euros en 2024 à 873 millions en 2026.

La cheffe du parti écologiste, Marine Tondelier, a partagé la capture d'écran d'un article du média français Contexte, selon lequel l'autorisation d'engagement du Fonds vert aurait été diminuée de 163 millions d'euros, soit près de 20 % du budget initial.

"Après avoir démontré son absence totale de préparation pendant les huit jours d’une vague de chaleur historique, voici les mesures d’adaptation au changement climatique du gouvernement", a-t-elle écrit sur X (anciennement Twitter), ajoutant : "À ce niveau d'incompétence et d'obstination dans la mauvaise direction, c’est du climatonégationnisme."

En avril, la France avait déjà annoncé une réduction de 4 milliards d'euros de ses dépenses publiques afin de maintenir le contrôle de ses finances, dans un contexte de tensions économiques liées aux conséquences de la guerre avec l’Iran.

Selon Le Monde, les 163 millions d'euros retirés du Fonds vert pourraient être rétablis plus tard dans l'année en cas de besoin, ou bien définitivement supprimés.

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