Le pétrolier Settebello, battant pavillon des Palaos, a lancé mercredi un appel de détresse après une frappe de missile visant sa salle des machines au large de Sohar, dans le golfe d'Oman. Les autorités locales participent à l'évacuation de l'équipage, a indiqué l'agence maritime britannique.
La salle des machines d'un pétrolier a pris feu mercredi au large d'Oman, à proximité du détroit d'Ormuz, faisant un mort et deux disparus, selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO.
Plus tôt dans la journée, la société britannique de sécurité maritime Vanguard Tech avait indiqué que le pétrolier Settebello, battant pavillon des Palaos, avait lancé un appel de détresse après que sa salle des machines eut été "frappée par un missile" alors qu'il naviguait au large de Sohar, dans le golfe d'Oman. L'impact aurait provoqué un incendie à bord.
L'United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) a ensuite signalé un incident à environ 20 milles nautiques au nord-est de Sohar. "Les autorités omanaises ont indiqué qu'un pétrolier avait subi un incendie dans sa salle des machines et sont sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", a-t-elle précisé.
"Le navire fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a ajouté l'agence.
L’origine du tir de missile qui aurait visé le navire n'était pas connue dans l'immédiat.
Située à l’entrée du détroit d'Ormuz, la région de Sohar est devenue particulièrement sensible depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, le 28 février. Les incidents de sécurité visant des navires marchands s’y sont multipliés ces derniers mois.
Blocus rivaux et escalade des incidents en mer
Cette attaque s'inscrit dans une série récente de frappes de missiles et de drones visant la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz, une zone soumise depuis plusieurs mois à des restrictions rivales.
Téhéran a de facto fortement limité le trafic de cargos dans cette voie maritime stratégique, tandis que les États-Unis ont imposé leur propre dispositif de contrôle visant les navires et ports iraniens.
Le 1er mars, l'Iran aurait frappé un pétrolier au nord du port de Khasab et endommagé les installations du port de Duqm, tous deux situés à Oman. Fin mai, un rapport de l'UKMTO a signalé une explosion à bord d'un autre pétrolier, à environ 60 milles nautiques à l'est de Mascate.
Plus récemment, lundi, le Commandement central américain (Centcom) a tiré un missile Hellfire sur la salle des machines du MT Lexie, battant pavillon du Botswana, qui se dirigeait vers un port iranien malgré le blocus naval américain.
Le même jour, un F/A-18 Super Hornet embarqué sur le porte-avions USS Abraham Lincoln a frappé et mis hors service le MT Marivex, battant pavillon des Palaos, dans le golfe d'Oman, pour des motifs similaires.
La ville de Sohar elle-même a déjà été visée par des drones iraniens plus tôt dans le conflit, tandis que l'Iran a également saisi plusieurs navires dans le golfe d'Oman, dont le pétrolier Ocean Koi en mai, accusé par Téhéran de tenter de perturber ses exportations de pétrole et ses intérêts stratégiques.
Malgré ces tensions, Oman continue de jouer un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington.
Le détroit d'Ormuz ne mesure qu’environ 38 kilomètres dans sa partie la plus étroite. L'Iran et Oman se partagent ainsi la surveillance de cette voie maritime stratégique, par laquelle transite en temps normal près d'un cinquième des cargaisons mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ainsi qu'un important volume de marchandises.
Téhéran a par ailleurs affirmé vouloir instaurer des "péages" pour les navires en transit, suggérant la perception de droits de passage dans le cadre d'une trêve de deux semaines conclue avec Oman. Une déclaration rapidement contestée par Mascate, qui a rappelé qu'aucun droit de transit ne peut être légalement imposé dans le détroit, celui-ci relevant du statut de passage naturel.
Fin mai, l'Iran a également diffusé une carte revendiquant un contrôle réglementaire sur une partie du détroit d'Ormuz s'enfonçant largement dans les eaux territoriales des Émirats arabes unis et d'Oman. Cette initiative a conduit cinq États du Golfe à adresser une mise en garde officielle aux compagnies maritimes, via l'Organisation maritime internationale (OMI), les appelant à ne pas se conformer à ces exigences.