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La France ajoute 157 000 hectares de forêts protégées alors que la nature est sous pression ailleurs

France ajoute 157 000 hectares de terres protégées, mais la plupart sont en Guyane française
La France ajoute 157 000 hectares de terres protégées, mais la plupart se situent en Guyane française Tous droits réservés  Walter Coppola / Unsplash
Tous droits réservés Walter Coppola / Unsplash
Par Craig Saueurs
Publié le Mis à jour
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La France veut protéger 250 000 hectares de forêt supplémentaires d’ici 2030, dont 180 000 en Guyane française.

Des forêts tropicales humides de Guyane française aux bois anciens de l'est de la France, des milliers d'hectares de forêts bénéficient de nouvelles protections.

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Mardi 9 juin, la France a annoncé la création de sept nouvelles réserves biologiques et l'extension de deux autres. Au total, 157 000 hectares (source en anglais) de forêts sont placés sous protection supplémentaire, dans le cadre de l'objectif consistant à placer 10 % du territoire sous « protection forte » d'ici 2030.

« Concrètement, cela se traduit par une moindre pression sur les milieux naturels et une protection renforcée des espèces et des habitats », explique Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.

La vaste majorité de ces terres – environ 99,5 % – se trouve toutefois dans une seule réserve en Guyane française, territoire d'outre-mer de la France en Amérique du Sud. Les nouvelles réserves en France métropolitaine couvrent ensemble moins de 1 000 hectares.

Quelles forêts sont protégées ?

Les nouvelles protections concernent une large diversité de paysages.

De loin la plus vaste est la réserve intégrale des sommets rocheux d'Armontabo, en Guyane française : 156 290 hectares de forêt tropicale et de pics granitiques, qui représentent à eux seuls presque toute la surface annoncée.

Les huit autres réserves, réparties sur l'ensemble de la France métropolitaine, vont des forêts de montagne de Bannes-Ravines, dans les Vosges, aux bois méditerranéens du Pas de la Lauze, dans l'Hérault.

Parmi les nouveaux sites protégés figurent également la forêt ancienne des Buronnières, en Seine-et-Marne, les forêts d'altitude de Chamalière-Peyre-Ourse, dans le Cantal, et les forêts riches en biodiversité de Chatte-Pendue, dans le Bas-Rhin, des Jumeaux d'Ornes et du Vau des Loups, dans la Meuse.

Plusieurs des nouvelles réserves seront laissées en libre évolution, sans exploitation forestière ni autres formes d'exploitation, tandis que d'autres feront l'objet d'une gestion active afin de protéger les espèces et habitats les plus vulnérables, indique le ministère.

Cette extension porte à 6,43 % la part du territoire français placée sous ce que le gouvernement appelle une « protection forte », c'est-à-dire des zones où les activités humaines sont très encadrées pour préserver les écosystèmes. Elle porte également à 276 le nombre de réserves biologiques en France.

L'objectif plus large de la politique forestière est de placer 250 000 hectares supplémentaires de forêts sous protection d'ici 2030, dont 180 000 hectares réservés à la Guyane française.

Un effort mondial pour protéger la nature

Les gouvernements du monde entier créent de nouvelles aires protégées pour atteindre l'objectif consistant à conserver 30 % des terres et des mers de la planète d'ici 2030, la cible dite 30x30 (source en anglais), un engagement conclu en 2022.

À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, le 5 juin, l'UNESCO a désigné 14 nouvelles réserves de biosphère dans 11 pays, notamment en Italie, en Mongolie, aux Philippines, en Corée du Sud et en Arabie saoudite.

Cette décision fait suite à l'inscription, l'an dernier, de 26 nouvelles réserves de biosphère dans 11 autres pays, que l'UNESCO a décrite comme faisant partie d'une « expansion sans précédent» de son réseau mondial.

L'organisation explique que les réserves de biosphère contribuent à protéger la biodiversité tout en soutenant la recherche scientifique, l'éducation et le développement durable. Ensemble, elles couvrent désormais des centaines de millions d'hectares dans plus de 130 pays.

Ailleurs, des protections sont toujours remises en cause

Tous les pays n'évoluent toutefois pas dans la même direction que la France.

Au Brésil, les organisations environnementales ont dénoncé la « loi de dévastation », qui a été promulguée l'an dernier malgré la vive opposition des défenseurs de l'environnement.

Cette loi assouplit les obligations de licence environnementale, élargit l'auto-autorisation pour certains projets et accélère les procédures pour les projets considérés comme stratégiques.

Dans le même temps, sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont tout fait, qu'il s'agisse d'ouvrir à la pêche commerciale l'une des plus grandes aires marines protégées du monde dans le Pacifique ou de proposer de nouveaux accès motorisés et des activités commerciales dans certaines parties du réseau de forêts nationales.

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