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En pleine canicule, le ministre de l'Éducation veut des examens aux heures les plus fraîches

Le ministre français de l'Éducation, Édouard Geffray, au centre, remet aux élèves leur sujet d'examen de maths à l'école et au collège Gabriel-Fauré à Paris, le 12 juin 2026.
Le ministre français de l'Éducation Edouard Geffray, au centre, remet aux élèves leur sujet de maths au collège Gabriel-Fauré à Paris, le 12 juin 2026. Tous droits réservés  Simon Wohlfahrt/Pool Photo via AP)
Tous droits réservés Simon Wohlfahrt/Pool Photo via AP)
Par Angela Symons
Publié le
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Baccalauréat 2026 en cours aujourd’hui, mais les dates des épreuves pourraient changer à l’avenir

Les lycéens français planchent aujourd’hui sur le baccalauréat, mais aucune révision ne peut les préparer aux difficultés potentielles de la semaine à venir.

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Le pays se prépare à ce qui pourrait être une nouvelle vague de chaleur intense et étendue, avec des températures susceptibles d’atteindre 40 °C par endroits.

Cette situation risque de plonger encore davantage dans la crise des établissements scolaires souvent mal préparés aux épisodes de chaleur extrême.

Fin mai, une vague de chaleur sans précédent a laissé les élèves suffoquant pendant leurs épreuves de lycée, beaucoup ne disposant ni d’une ombre suffisante, ni d’une ventilation correcte, ni de points d’eau potable en quantité adéquate.

Cette épreuve a poussé le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, à proposer de décaler les horaires des examens afin qu’ils ne se déroulent plus aux heures les plus chaudes de la journée, compte tenu de la précocité et du caractère de plus en plus extrême des vagues de chaleur dans le pays.

Interrogé sur France Inter le 14 juin, il a estimé que les épreuves devraient à l’avenir se tenir le matin et que les salles devraient être aérées avant l’arrivée des élèves.

« Nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir aujourd’hui, en mai ou en juin, des épreuves qui se déroulent entre 14 heures et 18 heures, ce n’est pas possible », a-t-il déclaré, suggérant que les examens se tiennent plutôt entre 8 heures et midi.

Si la vague de chaleur de mai n’a pas entraîné de fermetures massives d’écoles en France, près de 1 900 établissements ont cependant été fermés en juillet dernier, lorsque les températures ont dépassé les 40 °C dans certaines régions.

ARCHIVES - Des passants traversent l’esplanade du Trocadéro, près de la tour Eiffel, lors d’une vague de chaleur, le 2 juillet 2025, à Paris.
ARCHIVES - Des passants traversent l’esplanade du Trocadéro, près de la tour Eiffel, lors d’une vague de chaleur, le 2 juillet 2025, à Paris. AP Photo/Christophe Ena, File

Royaume-Uni : les écoles alertées sur des pics à 40 °C et la hausse des « nuits tropicales »

La France n’est pas le premier pays à proposer de telles adaptations face à l’aggravation des chaleurs printanières. L’été dernier, le Climate Change Committee (CCC) britannique a proposé de déplacer les examens du GCSE et du A Level, actuellement organisés entre mai et juin, vers des mois plus frais. Il a averti que passer des examens en pleine canicule pouvait nuire aux performances des élèves.

Dans son dernier rapport, publié en mai, le CCC affirme que le Royaume-Uni est « conçu pour un climat qui n’existe plus ». Avec des températures susceptibles de dépasser les 40 °C dans tout le pays d’ici 2050, il demande l’installation de climatisation dans tous les établissements de soins et les hôpitaux d’ici dix ans, et dans toutes les écoles d’ici vingt-cinq ans.

Le rapport insiste également pour que les établissements prennent en compte l’impact de la chaleur sur les élèves passant leurs examens, non seulement en ce qui concerne les températures en classe mais aussi la nuit, car la multiplication des « nuits tropicales » (au-dessus de 20 °C) pourrait perturber leur sommeil.

Une importante étude (source en anglais) menée en 2018 par des chercheurs de Harvard a mis en évidence un lien « significatif » entre la hausse des températures et la baisse des résultats scolaires dans les établissements américains. Ces conclusions ont été confirmées par une étude (source en anglais) de 2025 sur l’impact de la chaleur sur les apprentissages dans les communautés autonomes espagnoles : des températures supérieures à 26,7 °C ont été associées à une baisse des résultats en mathématiques et en sciences.

Jusqu’où la chaleur va-t-elle grimper en France cette semaine ?

Une partie du sud de la France a déjà commencé à suffoquer samedi, avec des températures atteignant 37 °C à Narbonne, en Occitanie, et 35,2 °C à Montpellier.

Mardi 16 juin, cette chaleur devrait gagner le nord-est, avec des températures dépassant les 30 °C jusque dans le Grand Est, selon Météo-France. Les températures augmenteront également dans les régions centrales et en Auvergne-Rhône-Alpes.

Mercredi 17 juin, l’épisode devrait s’intensifier et s’étendre à l’ensemble des régions, où la plupart des territoires connaîtront des températures comprises entre 32 et 36 °C. Seule la Bretagne et le littoral de la Manche devraient être épargnés, avec des valeurs relativement plus fraîches, inférieures à 30 °C, voire autour de 25 °C près de la côte, prévoit Météo-France.

Cet épisode est en partie alimenté par l’arrivée d’une masse d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord, qui traverse l’Espagne, où les températures ont atteint vendredi dernier des niveaux plus typiques du mois de juillet.

Après que l’Europe a connu en mai l’un des mois de mai les plus chauds jamais enregistrés, le service Copernicus de surveillance du changement climatique de l’UE a averti que les extrêmes climatiques deviennent la « nouvelle norme ».

Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a décrit cette vague de chaleur sans précédent comme « un rappel brutal de l’emballement des impacts de la crise climatique », alimentée par la dépendance du monde au charbon, au pétrole et au gaz, ainsi que par la destruction de puits de carbone essentiels comme les forêts.

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