Le Qatar annonce l'arrivée mardi des émissaires de Donald Trump. Téhéran envoie aussi une délégation à Doha mais refuse toute rencontre avec les États-Unis.
L'émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le conseiller principal Jared Kushner sont arrivés à Doha pour rencontrer des médiateurs qatariens, a indiqué mardi le ministère des Affaires étrangères de l'État du Golfe, alors que l'équipe de négociateurs de Washington revenait dans la région pour un nouveau cycle de discussions visant à mettre fin à la guerre avec l'Iran.
« Les discussions porteront sur l'ensemble des questions régionales... y compris, bien sûr, les négociations avec l'Iran, mais aussi le Liban », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari. « Ils ne sont pas ici pour leurs négociations avec les Iraniens. »
L'Iran a annoncé séparément lundi qu'il enverrait des délégations au Qatar cette semaine, tout en assurant que Téhéran n'avait accepté de rencontrer les États-Unis « à aucun niveau », après les attaques menées ce week-end à travers le golfe Persique qui ont mis à l'épreuve les pourparlers en cours.
Selon Téhéran, les négociateurs techniques iraniens se concentreront strictement sur des consultations avec les responsables qataris concernant les points de l'accord-cadre, la libération des avoirs iraniens gelés et la levée des sanctions sur les exportations de pétrole iranien étant au premier plan des discussions.
Trump a affirmé que la République islamique avait demandé une rencontre avec ses homologues américains et qu'ils prévoyaient de se réunir à Doha mardi, précisant ensuite que « cette rencontre sera peut-être importante, ou peut-être pas. Nous le verrons bien ».
Les hostilités se sont intensifiées ces derniers jours dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait un cinquième du pétrole mondial avant le début de la guerre. Après quatre jours de frappes échangées, les deux camps semblaient avoir suspendu leurs attaques lundi.
Witkoff, un investisseur immobilier, est le principal émissaire de l'administration pour les négociations au Moyen-Orient depuis le début du deuxième mandat du président américain Donald Trump. Il a joué un rôle central tant dans les discussions sur le cessez-le-feu à Gaza que dans le plus récent accord-cadre entre les États-Unis et l'Iran, signé le 17 juin.
Kushner, le gendre de Trump, travaille à ses côtés comme haut conseiller pour la diplomatie régionale, dans la continuité de son rôle de médiateur des accords d'Abraham lors du premier mandat de Trump.
Toute discussion entre les États-Unis et l'Iran au Qatar devrait, en principe, se tenir à un niveau technique. On ignore encore si les deux parties pourront être amenées à se rencontrer mardi ou dans les prochains jours, et si les négociations se dérouleront en face-à-face ou de manière indirecte, par l'intermédiaire de médiateurs qataris et pakistanais à Doha.
L'urgence de ces pourparlers tient aussi à la situation dans le détroit d'Ormuz, l'Iran campant sur sa position selon laquelle il contrôlerait désormais cette voie maritime en s'appuyant sur sa propre interprétation de l'accord-cadre.