Les drones et missiles conçus et fabriqués en Ukraine frappent depuis des mois les infrastructures pétrolières russes, raffineries, terminaux, dépôts et stations de pompage.
Les forces ukrainiennes ont frappé la grande raffinerie de pétrole d’Oufa en Russie pour la deuxième fois en une semaine, a déclaré le président Volodymyr Zelensky mercredi.
La raffinerie d’Oufa est l’un des plus grands producteurs de lubrifiants de Russie et se trouve à plus de 1 000 kilomètres de l’Ukraine, a indiqué Zelensky dans un message publié sur X.
« Il s’agit d’une réponse parfaitement justifiée à tout ce que la Russie fait contre nous. La paix est nécessaire, et c’est exactement ce que la direction russe doit comprendre », a écrit Zelensky.
« La Russie doit mettre fin à sa guerre. Et les dirigeants russes ont tous les moyens de le faire. Je remercie chaque combattant ukrainien qui garantit la précision de nos frappes de longue portée. »
L’Ukraine a également frappé une usine produisant des composants de missiles dans la région russe de Penza, au sud-est de Moscou, à quelque 500 kilomètres de l’Ukraine, a ajouté Zelensky.
Les responsables russes n’ont pas confirmé ces frappes, qui n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante. Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir intercepté 179 drones ukrainiens au-dessus de 16 régions russes, de la Crimée annexée et des eaux de la mer d’Azov et de la mer Noire.
Le gouverneur de la région de Penza, Oleg Melnitchenko, a seulement indiqué que des débris de drones abattus avaient endommagé une ligne électrique et étaient tombés sur un bâtiment en construction.
Par ailleurs, un important incendie s'est déclaré dans une sous-station électrique à Lioubertsy, près de Moscou, privant d'électricité deux quartiers de la capitale russe.
Des attaques de longue portée menées presque quotidiennement contre les installations pétrolières russes ont provoqué une crise des carburants et accru la pression politique sur le Kremlin, alors que son invasion à grande échelle de l’Ukraine entre dans sa cinquième année.
Dimanche, le président russe Vladimir Poutine a reconnu pour la première fois que son pays faisait face à un « certain déficit » de carburant, alors que l’Ukraine continue de frapper les infrastructures énergétiques.
« Nous voyons les problèmes, nous en avons conscience et nous y répondons, mais nous garantirons assurément la sécurité du pays et de nos citoyens, ainsi que l’inviolabilité des frontières de la Russie », a déclaré Poutine dans un discours.
Des drones ukrainiens ont frappé des hangars abritant des chasseurs russes en Crimée
Le Service de sécurité ukrainien (SBU) a mené une frappe réussie contre l'aérodrome militaire de « Saki », situé en Crimée temporairement occupée et illégalement annexée par la Eussie. L'opération visait les infrastructures de l'aérodrome, notamment les hangars abritant des avions de chasse, selon un communiqué du SBU.
Le communiqué précise que cinq impacts de drones de la SBU ont été confirmés sur les hangars où était entreposé le matériel aéronautique.
Selon les informations du service, la valeur estimée de chacun de ces avions se situe entre 30 et 50 millions de dollars américains, en fonction de leur équipement.
Il avait été annoncé précédemment que l'unité spéciale « Alpha » des Services de sécurité ukrainiens avait mené avec succès des frappes contre des navires de ravitaillement militaire se trouvant sur le site du chantier naval « Zatoka », à Kertch, ville temporairement occupée.
L’Ukraine affirme que les frappes de drones freinent l’avancée russe
Les drones et missiles conçus et fabriqués en Ukraine pilonnent depuis des mois les installations pétrolières russes, y compris les raffineries, terminaux, dépôts de stockage et stations de pompage d’oléoducs.
De nombreuses régions de Russie, l’un des plus grands producteurs d’énergie au monde, ont instauré un rationnement des carburants.
L’Ukraine a développé de nouveaux armements et a pris l’avantage ces derniers mois, selon des responsables occidentaux. Ses frappes contre les voies d’approvisionnement à l’arrière du front ont privé l’armée russe de son élan sur le champ de bataille, affirment responsables et analystes.
« Les Russes ont désormais de gros problèmes pour acheminer l’infanterie vers la ligne de front et l’approvisionner », a déclaré mercredi le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov.
Les frappes aériennes contre l’Ukraine diminuent
Dans le même temps, la Russie a tiré moins de drones et de missiles sur l’Ukraine en juin que le mois précédent, selon une analyse des données de la force aérienne ukrainienne réalisée par l’agence AFP et publiée mercredi, alors que Kyiv intensifiait ses propres attaques de représailles contre la Russie.
Moscou a lancé 5 749 drones et 180 missiles contre l’Ukraine en juin, soit une baisse de 29 % et 15 % respectivement par rapport à mai, après plusieurs mois de frappes aériennes record contre son voisin.
La Russie pilonne l’Ukraine de salves quotidiennes de drones et de missiles, qu’elle fait s’abattre sur les civils ukrainiens et les principales infrastructures énergétiques depuis le début de la guerre.
Les attaques menées en juin ont tué des civils dans plusieurs villes.
L’une d’elles a touché un monastère placé sous la protection de l’UNESCO en plein cœur de Kyiv, incendiant la toiture d’une cathédrale emblématique.
La baisse du nombre total de frappes en juin est intervenue alors que l’Ukraine intensifiait ses propres attaques contre la Russie, qu’elle présente comme une juste riposte.
Kyiv vise principalement les installations de traitement et d’exportation de pétrole, telles que les raffineries, dépôts et ports, mais affirme aussi avoir mené avec succès des attaques contre des usines militaires.
Le mois dernier, elle a indiqué que ses forces avaient frappé une usine fabriquant des composants clés pour les missiles Iskander dans la ville de Voronej, dans le sud-ouest de la Russie, estimant que ce coup « dégraderait sensiblement la capacité de la Russie à fabriquer de nouveaux missiles ».
La semaine dernière, Zelensky a indiqué sur les réseaux sociaux qu’il avait approuvé une « opération d’influence » de 40 jours contre la Russie, « visant à la contraindre à mettre fin à la guerre ».