Les Bleus et la Roja s'affrontent ce mardi soir en première demi-finale du Mondial 2026. Luis de la Fuente a tout son groupe, alors que Didier Deschamps doute d'Upamecano et Saliba, gênés et absents de l'entraînement.
L’Espagne et la France jouent ce mardi leur place en finale du Mondial 2026, lors d’une rencontre qui sera marquée par l'accumulation de kilomètres dans les jambes de la Roja tout au long du tournoi et par la polémique déclenchée ce week-end par l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy, qui a salué le "très haut niveau" du collectif français, mais affirmé qu'il joue "sans Français".
L’équipe de Luis de la Fuente sera de nouveau emmenée par Lamine Yamal, tandis que Didier Deschamps pourra compter sur l’intégralité de sa redoutable attaque, composée de Kylian Mbappé, Michael Olise et Ousmane Dembélé.
Les Français arrivent toutefois avec de sérieux doutes en défense, alors que leur charnière centrale titulaire tout au long du tournoi, Dayot Upamecano et William Saliba, ont ressenti des gênes qui les ont empêchés de s’entraîner. Le premier souffre d'un problème à un pied et le second de douleurs lombaires.
À l’inverse, le camp espagnol se présente au rendez-vous avec tous ses joueurs à la disposition du sélectionneur, après que le service médical de l’Athletic Club de Bilbao a indiqué lundi que l’état physique de Nico Williams était "satisfaisant".
Dans ce contexte, la participation de l’ailier, qui a fêté ses 24 ans dimanche, est une excellente nouvelle pour De la Fuente, qui met toujours l’accent sur l’importance du collectif, "qu’ils jouent ou non". Pour autant, l’entraîneur ne veut pas que son équipe se relâche face aux doubles champions du monde.
"La France a montré un potentiel extraordinaire. Nous avons de très grandes attentes pour le prochain match et nous sommes conscients de la difficulté que cela impliquera", déclarait le sélectionneur en conférence de presse samedi dernier.
Les kilomètres, un fardeau plus lourd pour les Espagnols
La rencontre, qui se disputera au AT&T Stadium de Dallas, à partir de 21 h, heure espagnole, déterminera qui affrontera en finale le vainqueur de l’autre demi-finale, qui opposera l’Argentine à l’Angleterre mercredi.
L’Espagne abordera la demi-finale avec un important déficit physique lié à des questions purement logistiques. La sélection de De la Fuente a parcouru plus de 16 500 kilomètres pendant le tournoi et a dû s’adapter à six changements de fuseau horaire, avec des déplacements entre le Tennessee, le Mexique, la Californie et le Texas qui ont compliqué la préparation de l’équipe au-delà de l’effort purement sportif.
À cet égard, le contraste avec la France est frappant. Les Bleus ont conservé une base fixe dans le Massachusetts et ne se sont déplacés qu’entre les villes de Boston, Philadelphie et le New Jersey avant de rejoindre Dallas.
Au total, les joueurs français ont parcouru environ 5 700 kilomètres, soit 10 800 de moins que la Roja, ce qui leur a permis de bénéficier d’une organisation bien plus stable durant la compétition.
Mariano Rajoy déclenche une polémique inattendue entre les deux pays
Durant leur histoire, les deux sélections se sont affrontées à 38 reprises, avec un bilan favorable aux Espagnols, qui comptent 18 victoires contre 13 pour les Français. Le match d’aujourd’hui s’annonce toutefois différent, non seulement en raison de son importance, mais aussi à cause des propos de l’ex-Premier ministre Mariano Rajoy, qui a fortement déplu à Paris.
"Il ne faut pas oublier que la France a été deux fois championne du monde et finaliste de la dernière édition. Elle a gagné tous les matches qu’elle a disputés dans ce Mondial et occupe la première place du classement FIFA", a déclaré l'ex-dirigeant du Parti populaire (PP) dans une tribune publiée dans le quotidien "El Debate".
"Elle dispose, en outre, d’un effectif de tout premier plan. Cela dit, sans Français. Et elle joue très bien. Ce sera un adversaire formidable", a-t-il poursuivi.
Ce "sans Français" - une allusion apparente au fait que nombre de joueurs des Bleus ont leurs racines dans les anciennes colonies françaises - est très mal passé à Paris, où l’on a qualifié ces mots de "racistes".
Dans le même sens, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a déploré dimanche sur les réseaux sociaux que "certaines personnes mesurent toujours l’appartenance par le nom, le lieu de naissance ou la couleur de peau".
Il convient de signaler que l’Espagne aligne Aymeric Laporte, né dans la ville française d’Agen, au Pays basque français. C'est d'ailleurs tout près de là, à Anglet, que Didier Deschamps a étudié. Le sélectionneur français a même pratiqué la pelote basque et a toujours exprimé son respect pour l’Espagne.
"C’est l’actuel champion d’Europe. Nous avons joué contre elle l’été dernier en demi-finale de la Ligue des nations, donc… On nous a considérés comme favoris avant ce Mondial, mais la favorite, c’est l’Espagne", assurait Didier Deschamps cette semaine.
Dans ce contexte, il faudra encore patienter pour savoir qui disputera la finale du Mondial dimanche prochain : les actuels rois d’Europe ou le vice-champion du monde en titre.