Dans une allocution d'une vingtaine de minutes, le président américain a de nouveau affirmé que l'élection 2020 lui avait été "volée". Il a déclaré vouloir déclassifier des documents qui selon lui, montre l'ingérence électorale de la Chine.
Le président américain Donald Trump a profité d'une allocution télévisée en soirée, jeudi, pour marteler ses accusations de fraude et d'ingérence électorales, des affirmations qu'il a déjà utilisées pour refuser de reconnaître sa défaite à l'élection de 2020.
Ces nouvelles accusations contredisent des audits et examens antérieurs, dont une évaluation menée par le ministre de la Justice de l'époque, William Barr, qui n'avait trouvé aucune preuve de fraude électorale lors du scrutin de 2020.
« L'Amérique est de retour et se porte très bien, mais nous faisons encore face à un défi majeur qui doit être traité d'urgence, car aucun pays ne peut être grand sans des élections libres et honnêtes », a déclaré Trump pendant son allocution.
Trump a également annoncé qu'il rendrait publics des documents classifiés montrant, selon lui, que la Chine a acquis illicitement les données de 220 millions d'électeurs américains, comprenant noms, adresses, numéros de téléphone, préférences partisanes et autres informations utilisées pour l'inscription sur les listes électorales.
« Sur plusieurs années, en commençant lors du cycle électoral de 2020, la République populaire de Chine a mené ce qui est considéré comme la plus grande compromission de données électorales de l'histoire », a affirmé Trump, ajoutant que la déclassification de renseignements mettrait au jour « des vulnérabilités choquantes » dans « l'infrastructure électorale » du pays.
Le dirigeant américain a estimé que les citoyens des États-Unis méritaient des élections libres et équitables, tout en affirmant que le système actuellement en place « est catastrophiquement en deçà de cette norme ».
Trump a profité de cette allocution pour justifier sa pression sur le Congrès en faveur de l'adoption d'un projet de loi imposant un contrôle strict de l'identité des électeurs, qui exigerait une preuve de citoyenneté pour s'inscrire sur les listes électorales ainsi qu'une pièce d'identité avec photo dans les bureaux de vote.
Depuis des années, le président américain s'emploie à semer le doute sur le résultat de l'élection de 2020, qu'il a perdue face au démocrate Joe Biden, en avançant des théories depuis longtemps discréditées.
Lors de son allocution, il n'a pas remis en cause la légitimité de ses victoires électorales de 2016 et de 2024.
Les démocrates ont averti que Trump cherchait à relancer ces allégations mensongères à l'approche des élections de mi-mandat de novembre, lors desquelles les républicains craignent de perdre le contrôle du Congrès, alors qu'ils font face à de forts vents contraires politiques liés à la guerre en Iran.
Bien que Trump ait également évoqué d'autres pays, notamment la Russie, le président américain s'est surtout concentré sur la Chine. Ces nouvelles accusations risquent de tendre davantage les relations avec Pékin.
En mai, Trump a rencontré le président chinois Xi Jinping, qu'il a qualifié de « grand dirigeant » et d'« ami », et l'a invité à se rendre à la Maison-Blanche en septembre.
Trump avait prononcé sa dernière allocution en prime time en avril sur la guerre en Iran, au cours de laquelle il avait tenté de rassurer des Américains lassés du conflit en assurant que l'offensive en valait la peine. En décembre également, Trump avait livré un discours très politique dans lequel il cherchait à attribuer aux démocrates la difficile conjoncture économique.