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Un inventeur japonais tire de l’électricité du vin, du sol et du pain français

Des LED fonctionnent grâce à des objets du quotidien comme le vin et le pain français
Des LED peuvent être alimentées par des objets du quotidien comme du vin et du pain français Tous droits réservés  Zishan Khan / Unsplash
Tous droits réservés Zishan Khan / Unsplash
Par Ruth Wright avec AFP
Publié le Mis à jour
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Même si ce n'est qu'une petite contribution, je veux que les gens puissent produire leur propre électricité grâce à la terre qui les entoure.

Brillant dans la nuit, à mi-pente d’une colline au Japon, le laboratoire expérimental "Ku-An", qui évoque une serre, est éclairé par de l’électricité produite à partir de 1 500 caisses en bois remplies de terre et de compost.

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Le designer Satoshi Nakagawa affronte les sceptiques depuis longtemps, mais il est convaincu que la technologie qui alimente les 800 LED peut contribuer à résoudre le casse-tête énergétique de l’humanité. À défaut, elle offre au moins un beau spectacle et pousse les gens à réfléchir.

"À mesure que la population mondiale se rapproche des 10 milliards, les enjeux énergétiques deviendront aussi cruciaux que ceux liés à l’alimentation", explique Nakagawa, directeur général de l’agence de design Tripod Design. "Même si ce n’est qu’une petite contribution, je veux que les gens puissent produire leur propre électricité à partir du sol qui les entoure", confie le designer et ingénieur japonais de produits à l’agence de presse AFP.

Sites hors réseau et fermes peuvent tirer parti de cette technologie

À 72 ans, il affirme avoir été le pionnier de la "collecte de micropuissance" (MPC), une méthode qui permet de récupérer de minuscules filets de courant électrique dans tout, du vin au pain français.

Son système repose sur le même principe que la pile voltaïque, première batterie électrique au monde à fournir un courant continu, inventée en 1799 par Alessandro Volta. Il s’agit d’insérer des électrodes en matériaux comme le zinc et le cuivre dans des substances contenant de l’humidité ou des ions, puis de capter les faibles mais constants courants électriques.

À portée de vue de l’édifice vitré "Ku-An", qu’il a installé dans la ville isolée de Hitachi-ota, se trouve "Lu-An", ouvert l’an dernier. Cette installation utilise plus de 2 000 cylindres en plastique remplis de terre et de compost pour générer une puissance de 100 watts, suffisante pour faire fonctionner un cuiseur à riz et d’autres appareils.

Selon Nakagawa, cette technologie pourrait être utilisée, par exemple, dans des zones privées d’électricité, notamment après des catastrophes naturelles. Elle pourrait aussi fournir suffisamment d’énergie à des appareils hors réseau peu gourmands, comme des capteurs pour détecter les dégâts causés aux cultures par les nuisibles, les débordements de rivières, les glissements de terrain ou même des systèmes d’alarme anti-intrusion.

Une fois installée, cette technologie n’émet pas de dioxyde de carbone et, contrairement à d’autres énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien, elle ne dépend pas des conditions météorologiques, souligne Nakagawa.

Les critiques jugent la micropuissance "peu pratique"

Parmi les prototypes figure un "nœud autonome" : une borne alimentée par la terre, qui permet de transmettre des données à un satellite.

Il a également utilisé cette technologie pour des installations artistiques avec des tiges souples qui, plantées dans le sol, s’illuminent à leur extrémité dans l’obscurité, comme des lucioles au-dessus des hautes herbes.

Des ingénieurs de métier estiment que les créations de Nakagawa peuvent être esthétiques et stimulantes sur le plan intellectuel, mais que son système n’est pas pratique. "Sa puissance de sortie est nettement inférieure à celle des batteries classiques ou des batteries automobiles", souligne Masayuki Nakao, professeur émérite d’ingénierie à l’université de Tokyo, qui connaît Nakagawa depuis des années.

"Mais ce qui est remarquable dans les œuvres de M. Nakagawa, c’est que la lumière qu’il crée a le pouvoir de nous toucher. Les gens sont émus lorsqu’ils voient ces lumières. Elles sont magnifiques", ajoute Nakao.

Nakagawa reste imperméable aux critiques et affirme que les ingénieurs doivent concevoir de nouveaux produits tirant parti de la MPC. "Je dis que c’est de la micropuissance, alors il faut réfléchir à ce que la micropuissance peut accomplir", dit-il.

"Nous devrions considérer la combinaison de différentes technologies de récupération d’énergie comme un élément clé de notre stratégie énergétique globale", poursuit-il. "Les possibilités sont infinies."

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