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Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon peut de nouveau croire au second tour selon un sondage

Jean-Luc Mélenchon en mars 2026 lors de la campagne des élections municipales.
Jean-Luc Mélenchon en mars 2026 lors de la campagne des élections municipales. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Jean-Philippe Liabot
Publié le
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À huit mois de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon fait une percée spectaculaire dans les sondages. Le leader de LFI peut désormais atteindre le second tour dans plusieurs scénarios, tandis que la gauche se divise entre sa candidature et l’alternative portée notamment par Raphaël Glucksmann.

Jean-Luc Mélenchon est-il en train de réussir son pari ? À huit mois de la présidentielle, le leader de La France insoumise apparaît plus que jamais en position de jouer les premiers rôles. Selon le dernier sondage Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, publié par nos confrères ce lundi, il pourrait se qualifier pour le second tour dans trois des cinq configurations testées. Dans un autre scénario où François Hollande serait finalement candidat, il serait par contre dépassé de 2 points par Édouard Philippe.

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Le candidat insoumis est crédité de 16 à 17 % des intentions de vote, contre 12 % dans la précédente mesure de l’institut en avril. Une progression suffisamment nette pour lui permettre de rattraper Édouard Philippe, longtemps installé comme principal prétendant à la deuxième place derrière Marine le Pen et le Rassemblement national.

Le scénario le plus favorable au leader des Insoumis est aussi celui d'une forte dispersion de ses adversaires. Lorsque plusieurs candidatures se concurrencent au centre, le candidat LFI peut tirer son épingle du jeu. Dans une configuration réunissant notamment Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau (LR), Jean-Luc Mélenchon recueille ainsi 16 %, devant Philippe à 14 % et Glucksmann à 10 %.

Une dynamique qui tombe à pic pour LFI

Le calendrier politique est particulièrement favorable à Jean-Luc Mélenchon. Dimanche, devant plusieurs milliers de militants réunis à Châteauneuf-sur-Isère, près de Valence dans la Drôme, pour la clôture des universités d'été de LFI, il a donné le ton de sa rentrée : « La victoire est possible », a-t-il lancé, assumant clairement son ambition présidentielle.

Pendant près de 45 minutes, le leader insoumis a surtout voulu montrer qu'il ne se contentait pas d'une campagne de contestation. L'écologie et l'économie ont occupé une place centrale dans son discours.

Après un été marqué par les canicules, les incendies et la sécheresse, Mélenchon a défendu l'idée d'un « Etat écologique » et appelé à une « rupture programmatique nette et claire ». « Le changement climatique ouvre une ère totalement nouvelle de la civilisation humaine », a-t-il notamment affirmé, avant de défendre une transformation profonde des manières de vivre, de produire et d'échanger.

Le candidat LFI a également tiré à boulets rouges sur le bilan des dix années d'Emmanuel Macron, "son départ est désormais attendu de tous côtés comme une libération" a-t-il déclaré. Il a aussi promis la censure du gouvernement de Sébastien Lecornu si son projet de budget 2027 était maintenu, jugeant qu'il allait « aggraver tous les maux » de l'économie française.

À gauche, le match Mélenchon-Glucksmann est lancé

La percée de Mélenchon intervient au moment même où la gauche non insoumise tente de trouver son propre chemin. Raphaël Glucksmann a officiellement annoncé dimanche sa candidature à la présidentielle. Le coprésident de Place publique veut incarner une gauche sociale-démocrate, pro-européenne et clairement distincte de LFI. Il entend notamment tourner la page du « mélenchonisme » et demande aux socialistes de ne pas renouer avec La France insoumise comme ce fut le cas lors de la création de la Nupes suite à la dissolution du Parlement en juin 2024. Il est actuellement crédité d'environ 10 % dans le sondage.

Chez les écologistes, le choix est encore plus délicat. Marine Tondelier souhaite maintenir le dialogue avec LFI, tandis qu'une partie des cadres du parti pousse plutôt pour un rapprochement avec Glucksmann, le PS et Place publique. Le député écologiste Jérémie Iordanoff défend ainsi une structure commune réunissant ces forces, tandis que Yannick Jadot - qui a annoncé ce lundi rejoindre le camp Glucksmann - juge Mélenchon incompatible avec les valeurs écologistes.

Cette fracture pourrait peser lourd. Car si Mélenchon bénéficie aujourd'hui de la division de ses adversaires, la gauche reste confrontée au même problème qu'en 2022 : plusieurs candidatures risquent de disperser les voix. Le leader insoumis, lui, refuse de considérer cette multiplication comme un obstacle. Dimanche, il a résumé sa stratégie d'une formule : « Ce qui compte, ce n'est pas le nombre de candidatures, c'est le nombre d'électeurs. »

Mélenchon au second tour… mais face à Marine Le Pen

Reste l'immense point faible de ce scénario pour LFI. Si Mélenchon progresse au premier tour, le second tour demeure pour l'instant particulièrement défavorable.

Dans les hypothèses testées, Marine Le Pen reste largement devant lui. Elle obtiendrait environ 68 % contre 32 % face au candidat insoumis. Elle devance également tous les autres candidats testés, même si l'écart est beaucoup plus réduit face à Édouard Philippe.

La route est encore longue et sera semée d'embuches jusqu’au premier tour, le 18 avril 2027. D’ici là, les candidatures peuvent encore évoluer, les alliances se nouer et les rapports de force se déplacer.

Mais ce sondage marque un tournant pour le leader de LFI. Depuis le lancement de sa campagne au printemps, il n’était encore jamais apparu aussi clairement en position de décrocher son billet pour le second tour. Cette fois, dans plusieurs configurations, il dépasse ou talonne ses principaux rivaux.

Reste maintenant à confirmer cette dynamique. Car accéder au second tour est une chose, mais pouvoir ensuite décrocher l'Elysée en est une autre.

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