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Emmanuel Macron fustige les "commentaires stupides" de dirigeants étrangers sur les manifestations en France

Le président français Emmanuel Macron, au centre, préside une réunion interministérielle de crise au palais de l'Élysée, à Paris, le dimanche 18 octobre 2026.
Le président français Emmanuel Macron, au centre, préside une réunion interministérielle de crise au palais présidentiel de l'Élysée, à Paris, dimanche 18 octobre 2026. -  Tous droits réservés  AP Photo
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Par Estelle Nilsson-Julien & Jean Philippe LIABOT
Publié le •Mis à jour
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En déplacement à Doha mercredi, Emmanuel Macron a dénoncé des dirigeants qui instrumentalisent les troubles en France à des fins politiques, après les émeutes survenues dans tout le pays ce week-end.

Emmanuel Macron a dénoncé, mercredi 21 octobre, des dirigeants étrangers qui "font campagne sur le dos de la France" et ont tenu des "commentaires inacceptables autant que stupides" sur les émeutes qui ont secoué le pays le week-end dernier.

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Dans ce qui ressemble à une pique adressée au président américain Donald Trump et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, il a déclaré : qu'"Il y a des gens qui font campagne sur le dos de la France, des dirigeants qui sont dans des situations de campagne dans la région ou de l'autre côté de l'Atlantique, qui parfois avec crédulité reprennent ce qu'il y a dans l'intelligence artificielle ou qui relaient ce qu'évidemment des sphères veulent faire croire".

Si de nombreux manifestants ont défilé pacifiquement lors des rassemblements massifs organisés partout en France ce week-end, des pillages à grande échelle et des affrontements avec la police ont éclipsé les cortèges organisés par les syndicats, le mouvement des Gilets jaunes et les étudiants.

S'exprimant depuis le Qatar, Emmanuel Macron a ajouté : que Pour lui, "il n'y a pas d'ingérences étrangères visibles dans les événements qui se sont passés, par contre, il y a une manipulation étrangère de l'information qui a donné lieu à des commentaires inacceptables et stupides de la part de beaucoup y compris de dirigeants étrangers".

Il a fustigé des dirigeants qui ont partagé de fausses vidéos générées par l'intelligence artificielle. "Nous avons des gens qui ont expliqué que nous avions été envahis par des hordes de migrants et d'islamistes", a-t-il déclaré.

Le président américain Donald Trump est actuellement en campagne pour les élections de mi-mandat aux États-Unis et cherche à transformer les manifestations en France, dont la majorité se sont déroulées pacifiquement avant les violences qui ont éclaté le 17 octobre, en opportunité pour souligner les menaces qu'il perçoit liées à l'immigration et ce qu'il présente comme le déclin de la civilisation occidentale.

Trump a affirmé lundi que la France était "assiégée, pillée et incendiée par des migrants, des djihadistes et des communistes". "Ce qui se passe en France est lié à l’immigration, pas à l’école, ni à quoi que ce soit d’autre. C’est l’immigration », a déclaré Trump. « Ils ont laissé entrer dans leur pays des gens qui n’aiment pas leur pays." a t-til ajouté.

Il a peu après présenté ces troubles comme le signe qu'un même sort attendrait les États-Unis si ses adversaires démocrates remportaient le scrutin.

Emmanuel Macron a indiqué aux journalistes que la France faisait déjà face à des problèmes internes sans qu'il soit nécessaire d'envenimer davantage les tensions, déclarant : "Dans ces moments-là, on voit qui aime la France et qui ne l’aime pas. Tous les gens qui parlent mal de notre pays en ce moment, ce sont des gens qui n’aiment pas notre pays, donc ces gens m’indisposent."

Des mesures d'urgence en place avant de nouvelles manifestations

Emmanuel Macron a également annoncé qu'il convoquerait jeudi une réunion d'urgence avec les ministres et les responsables des services de renseignement afin d'obtenir un "récit détaillé" des événements du 17 octobre. Le gouvernement français a déjà reconnu avoir perdu le contrôle de la situation ce jour-là.

Il a souligné qu'une "feuille de route" avait été définie lundi matin, comprenant des couvre-feux et des restrictions sur les rassemblements de masse, qui resteront en vigueur avant les nouvelles manifestations prévues le 24 octobre.

"Les personnes qui veulent semer le désordre dans les centres-villes samedi en seront empêchées".

Il a également insisté sur l'importance du dialogue avec les syndicats et les forces politiques. Des discussions ont été entamées dès le début de la semaine et se poursuivront jusqu'à vendredi.

"Chacun doit prendre ses responsabilités dans ce contexte. Il y a eu trop d'ambiguïtés. Des gens ont expliqué que certaines formes de violence légitime existaient : non, il n'y a pas de violence légitime".

"Le début de la violence sert de justification à ce qui suit. Dans une démocratie, rien ne justifie la violence", a-t-il ajouté.

La visite d'État de du président français au Qatar s'inscrit dans un déplacement de trois jours dans le Golfe, destiné à sécuriser les approvisionnements énergétiques de la France, alors que le gouvernement cherche à répondre à la crise du coût de la vie qui alimente la contestation dans tout le pays.

Mardi, il a annoncé que les Émirats arabes unis et Bahreïn s'étaient engagés à livrer chaque mois à la France 200 000 tonnes supplémentaires de diesel.

Ces 200 000 tonnes représentent l’équivalent d’environ deux jours et demi de consommation de gazole en France, hors gazole routier. Sur une année, ces livraisons atteindraient 2,4 millions de tonnes, un volume susceptible de contribuer à sécuriser en partie l’approvisionnement du pays.

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