Suivez-nous
Publicité

Crise autour du Tribunal constitutionnel en Pologne : Donald Tusk tout compromis avec "l'illégalité"

Allocution de Donald Tusk
Message de Donald Tusk -  Tous droits réservés  YouTube
Tous droits réservés YouTube
Par Jan Bolanowski
Publié le •Mis à jour
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

Après l'escalade autour du Tribunal constitutionnel, Donald Tusk a accusé le PiS, Andrzej Duda et Karol Nawrocki de saper l'État de droit, défendu juges et police, et promis d'assurer au Tribunal les conditions de travail.

L'allocution du Premier ministre, diffusée samedi soir, était une réaction aux événements des derniers jours, et surtout à la confrontation de vendredi au siège du Tribunal constitutionnel et devant son bâtiment. Tusk a reconnu qu'il s'agissait "d'événements choquants" et a assuré qu'il souhaiterait que de telles scènes ne se reproduisent plus en Pologne. Il a toutefois précisé que le moyen de rétablir le calme ne pouvait pas être de céder face à l'illégalité et à la violence.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

"Un État démocratique doit être fort et capable de faire respecter la justice", a déclaré Tusk.

Tusk: nous avons attendu la fin du mandat des juges

Le Premier ministre a présenté sa propre version des faits et la justification des actions de la majorité parlementaire. Il a rappelé que le gouvernement avait auparavant tenté de réformer le Tribunal, mais que les solutions proposées auraient été bloquées par le PiS et le président.

Comme il l'a expliqué, après l'échec de ces initiatives, la majorité parlementaire a attendu la fin du mandat des juges élus par l'ancienne majorité. Ensuite, la Diète a choisi de nouveaux membres du TK, qui ont prêté serment. Le président Karol Nawrocki n'a toutefois pas reçu ce serment, et le président du Tribunal, Bogdan Święczkowski, ne les a pas autorisés à exercer leurs fonctions.

"Nous avons donc attendu calmement l'élection de nouveaux juges, jusqu'à l'expiration du mandat de leurs prédécesseurs, nommés par le PiS. La Diète a fait son choix, les juges ont prêté serment, mais le président n'a pas daigné recueillir ce serment", a déclaré Tusk.

Le chef du gouvernement a affirmé qu'après de nombreuses semaines d'attente, les juges nouvellement élus avaient décidé de commencer leur travail, et que c'est alors qu'a eu lieu la confrontation. Il les a décrits comme des membres légalement élus du Tribunal qui ont été attaqués.

Tusk: "Ce ne sont pas les muscles ni la grossièreté qui décident qui a raison"

Tusk a vivement critiqué le comportement des responsables politiques et des activistes liés au PiS et à Konfederacja. Parmi les personnes dont il a cité les actions figuraient notamment Grzegorz Braun et Robert Bąkiewicz. Le Premier ministre a estimé que la police avait réagi sur place de manière calme mais résolue face aux manifestations d'agressivité.

Dans son allocution, il a également eu recours à une comparaison imagée avec un voleur qui arrache le sac d'une femme âgée.

"Imaginons une situation où un voleur arrache le sac d'une dame âgée et prend la fuite. Quand il est arrêté, il crie qu'on exerce contre lui de la violence. Et il qualifie de vol la tentative de lui reprendre le sac", a déclaré Tusk. Il a critiqué les propositions de compromis qui, a-t-il suggéré, reviendraient à partager le butin entre l'auteur des faits et la victime.

"Sur certaines questions, il ne peut pas y avoir de compromis", a souligné le Premier ministre, en indiquant qu'on ne peut pas s'entendre avec l'illégalité. Selon lui, dans un État de droit, ce ne sont ni la force physique, ni l'agressivité, ni les intérêts partisans qui peuvent déterminer qui a raison.

Tusk a également souligné qu'aucun responsable politique, pas même le président, n'a le droit de pénétrer sur le territoire d'un tribunal ou d'une cour, de donner des ordres aux juges ou de les intimider. Il faisait ainsi référence à la visite de Karol Nawrocki au siège du TK à son retour du Sénégal.

Le Premier ministre annonce: le Tribunal fonctionnera

Dans la partie finale de son message, le Premier ministre a aussi évoqué les menaces liées à l'exploitation du conflit par des milieux prorusses. Il a parlé de l'activité de bots russes sur internet qui, selon son évaluation, soutiendraient les adversaires de l'ordre constitutionnel actuel en Pologne.

Tusk a assuré que le Tribunal constitutionnel fonctionnerait conformément à la constitution et indépendamment du pouvoir exécutif. Il a annoncé qu'en tant que chef du gouvernement, il garantirait à l'institution la sécurité et les conditions nécessaires à l'exercice de ses missions.

"Et j'ai l'intention de remplir cette mission", a-t-il déclaré.

Cet message n'a toutefois pas apporté l'annonce d'un accord concret avec le président, ni la présentation d'un plan détaillé pour mettre fin au conflit.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

Pologne : comprendre dix ans de crise autour du Tribunal constitutionnel

Crise en Pologne : le président Nawrocki dénonce une prise de contrôle forcée du Tribunal constitutionnel

Crise autour du Tribunal constitutionnel en Pologne : Donald Tusk tout compromis avec "l'illégalité"