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Les côtes fragiles de l'Europe face à une crise de 800 milliards d'euros: faut-il reculer?

Diana Wrightson, propriétaire de Cliff House, qui ne se trouvait qu'à environ cinq mètres du bord de la falaise en 2007
Diana Wrightson, propriétaire de Cliff House, qui se trouvait à environ cinq mètres du bord de la falaise en 2007 -  Tous droits réservés  Copyright 2007 AP. All rights reserved.
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Par Liam Gilliver
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Les pertes économiques liées à l'érosion côtière dépassent 1 milliard d'euros par an dans 28 pays européens

Près d'un Européen sur deux vit à proximité d'un littoral, mais leur avenir reste incertain.

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La montée du niveau de la mer, principalement causée par le réchauffement climatique d'origine humaine, ronge les infrastructures vitales, les maisons familiales et le patrimoine dans le monde entier.

Dans 28 pays européens, les pertes économiques dues à l'érosion côtière dépassent 1 milliard d'euros par an et pourraient atteindre 800 milliards d'euros par an d'ici la fin du siècle si aucune mesure efficace n'est prise.

C'est pourquoi un nouveau rapport exhorte l'Europe à se préparer à déplacer des habitations, des entreprises et des infrastructures loin des côtes avant qu'il ne soit trop tard.

Faut-il déplacer les littoraux fragilisés de l'Europe ?

Le rapport du Conseil de l'Europe estime que de nombreux littoraux européens doivent s'orienter d'urgence vers un "retrait planifié".

Cela signifie que les nouveaux aménagements seraient interdits ou limités et que des habitations, des entreprises et des biens, y compris les routes et les voies ferrées, seraient déplacés vers des zones intérieures plus résilientes face au climat.

Par exemple, la France estime qu'environ 900 kilomètres de littoral continental reculent, avec plus de 500 communes concernées.

À Quiberville-sur-Mer, dans la région Normandie, un investissement de 9 millions d'euros a permis de déplacer un camping municipal vers l'intérieur des terres. Les recettes de la commune ont ensuite augmenté de 25 %.

Une mouette survole les hautes eaux sur la place Saint-Marc, alors que de forts vents poussent la mer Adriatique dans la lagune de Venise, inondant une partie de la ville, le vendredi 12 décembre 2008.
Une mouette survole les hautes eaux sur la place Saint-Marc, alors que de forts vents poussent la mer Adriatique dans la lagune de Venise, inondant une partie de la ville, le vendredi 12 décembre 2008. Copyright 2008 AP. All rights reserved.

Déplacer un camping est évidemment une tâche bien plus simple que relocaliser des villages résidentiels entiers ou des édifices patrimoniaux. Cependant, déplacer des communautés côtières pourrait être la seule solution si les autres options échouent.

À Venise par exemple, des experts prévoient que des digues aménagées pourraient devenir nécessaires au-delà de 0,5 mètre de hausse du niveau de la mer, ce qui pourrait se produire d'ici 2100 même si les émissions restent faibles. Cela coûterait jusqu'à 4,5 milliards d'euros, sans constituer une solution permanente.

Fermer la lagune avec une super digue (un large remblai renforcé) pourrait aussi être envisageable au-delà de 0,5 mètre de hausse du niveau de la mer et protéger la ville contre une élévation du niveau de la mer allant jusqu'à 10 mètres. Toutefois, le coût initial pourrait dépasser 30 milliards d'euros.

Au-delà de 4,5 mètres de hausse du niveau de la mer, il pourrait être nécessaire de déplacer la ville, ses habitants et ses monuments historiques, une élévation attendue après 2300, pour un coût pouvant atteindre 100 milliards d'euros.

Plus d'un quart du littoral européen est en érosion

Le rapport (source en anglais), intitulé Comment faire face à l'érosion côtière ?, demande aussi aux autorités de mettre à jour les cartes des risques, d'introduire et de revoir périodiquement des zones inconstructibles et des zones tampons, et d'élaborer des plans d'adaptation qui évaluent les conséquences juridiques, sociales et financières des différents choix.

Cette planification doit se faire en concertation avec les personnes les plus directement concernées : la consultation transparente, l'information du public et un soutien politique durable sont essentiels, de même que des mesures pour protéger les moyens de subsistance, le patrimoine côtier et les communautés vulnérables, souligne le rapport.

40 % du PIB européen provient des régions côtières et 80 % des côtes de faible altitude sont menacées par une érosion future. Une meilleure planification et des déplacements dès maintenant permettraient donc d'économiser des sommes importantes plus tard.

"Les littoraux européens comptent parmi nos atouts les plus précieux", déclare l'homme politique grec et co-auteur du rapport, Fanis Spanos. "Ils abritent des infrastructures majeures, soutiennent des activités économiques vitales et sont des centres de patrimoine culturel et naturel."

Plus d'un quart du littoral européen est en érosion et l'occupation continue de "zones à haut risque" met en danger les moyens de subsistance, ajoute Spanos.

Anthony Buchanan, co-auteur du rapport, estime que défendre les côtes européennes avec des méthodes traditionnelles comme la construction de digues maritimes devient moins durable en raison de la hausse spectaculaire du niveau de la mer.

"La hausse du niveau de la mer a doublé ces dernières années et devrait encore augmenter de 44 cm d'ici 2100, tandis que les tempêtes deviennent plus intenses et plus fréquentes et que les marées de tempête extrêmes devraient se produire 20 à 30 fois plus souvent d'ici 2050", explique-t-il.

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