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Le dilemme de la BCE face à la baisse de l'activité dans la zone euro

La Banque centrale européenne photographiée à côté de la rivière Main à Francfort, en Allemagne.
La Banque centrale européenne photographiée à côté de la rivière Main à Francfort, en Allemagne. Tous droits réservés Michael Probst/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Michael Probst/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

Alors que les entreprises de la zone euro sont confrontées à une forte baisse de la production, les experts estiment que la Banque centrale européenne (BCE) est confrontée à un défi complexe sur la poursuite ou non de son cycle de hausse des taux d'intérêt.

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L'indice des directeurs d'achat (PMI) du mois d'août, publié mercredi, a placé l'activité commerciale de l'Union européenne à son niveau le plus bas depuis 2020. Cette tendance s’explique par une forte contraction du secteur des services et un déclin continu de l'industrie manufacturière. L'Allemagne, première puissance économique de l'UE, est la plus touchée.

Cette situation pose un dilemme pour la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait annoncer le mois prochain des décisions sur les taux d'intérêt.

La BCE a relevé le taux d'emprunt pour tenter de freiner la hausse de l'inflation et de maîtriser les prix à la consommation. Sa dernière hausse en juillet a porté le taux de dépôt à 3,75 %, un niveau atteint pour la dernière fois en 2000.

Si l'inflation dans la zone euro montre des signes de ralentissement, à 5,3 % en juillet, elle reste bien supérieure à l'objectif à moyen terme de la BCE qui est de 2 %. L'inflation de base - sans les prix de l'énergie et de l'alimentation qui sont considérés comme plus volatils - reste également élevée à 5,5 %.

Christine Lagarde, présidente de la BCE, a déclaré à plusieurs reprises que les taux d'intérêt continueraient à augmenter jusqu'à ce que la pression sur les prix à la consommation diminue. Mais les experts économiques pensent que les perspectives négatives de l'indice PMI et d'autres signes de ralentissement de la croissance pourraient diviser les opinions au sein du Conseil des gouverneurs, le principal organe de décision de la BCE.

Une "balance des risques"

"La BCE sera plus préoccupée par les taux d'inflation actuels que par le déclin de l'activité économique, qui n'était pas du tout inattendu", estime Stefan Gerlach, chercheur au Centre for Economic Policy Research (CEPR) et économiste en chef chez EFG Bank. "Je pense que certains membres du Conseil des gouverneurs voudront rester prudents en augmentant encore les taux d'intérêt, tandis que d'autres voudront suspendre les hausses afin d'alléger la pression sur l'économie".

"L'équilibre des risques commence certainement à se modifier. Certains gouverneurs de la BCE craindront qu'un nouveau resserrement de la politique monétaire ne fasse entrer la zone euro en récession l'année prochaine", ajoute Stefan Gerlach.

Les analystes ne s'accordent pas non plus sur une éventuelle pause de la hausse des taux ou si cette suspension mettrait un terme définitif à l'année écoulée de resserrement de la politique monétaire.

"Le risque est grand qu'une pause marque la fin du cycle de hausse des taux", explique Carsten Brzeski, responsable mondial de la recherche macroéconomique et économiste en chef de la zone euro chez ING. "C'est pourquoi les faucons de la BCE continueront probablement à faire pression pour une hausse des taux en septembre, qui pourrait alors être la dernière du cycle".

"Il s'agit actuellement d'une probabilité de 50-50 ", poursuit-il

L'hésitation de la BCE est "coûteuse"

Carsten Brzeski estime également que les conséquences sur les entreprises indiquent que la BCE "a été trop indulgente quant à l'impact négatif de ses propres hausses de taux sur l'économie".

D'autres experts jugent que l'approche de la BCE basée sur les données est défectueuse.

"La BCE affirme que ses décisions concernant le niveau et la durée des restrictions sont basées sur une approche purement dépendante des données. Mais les données nous donnent une image du présent et du passé, elles ne nous disent pas grand-chose sur la manière de concevoir la politique pour l'avenir", souligne Maria Demertzis, chargée de recherche à l’institut Bruegel.

"La BCE continue de mettre trop l'accent sur le passé pour comprendre l'avenir et, à mon avis, cela signifie que les décisions sont prises tardivement".

Maria Demertzis pense que la BCE devrait changer de direction et suspendre ses hausses de taux en septembre.

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"En fait, elle a déjà trop hésité avant de faire une pause. Il était trop tard pour commencer à augmenter les taux d'intérêt en septembre et elle risque maintenant de commettre la même erreur en se retirant tardivement", explique-t-elle.

Les propos de Christine Lagarde après l'annonce concernant les taux d'intérêt seront importants et suivis de près.

"La suite des événements reste très incertaine", prévient Stefan Gerlach, "mais les signaux contenus dans les communications de Mme Lagarde, qui ont par le passé créé de l'incertitude, seront également déterminants à mesure que nous avancerons".

La présidente de la BCE a fait l'objet de critiques pour ses erreurs de communication qui ont généré de l'incertitude sur les marchés. Ses messages à l'automne seront cruciaux, en particulier si l'institution basée à Francfort s'engage dans une nouvelle direction, comme beaucoup le prévoient.

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La prochaine réunion des gouverneurs de la BCE se tiendra le 14 septembre.

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