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New York élargit la vente légale de marijuana à de nouveaux concurrents

Ben Gilbert, 38 ans, fume de la marijuana dans le sud de Manhattan devant le premier dispensaire légal de marijuana récréative à New York, le jeudi 29 décembre 2022.
Ben Gilbert, 38 ans, fume de la marijuana dans le sud de Manhattan devant le premier dispensaire légal de marijuana récréative à New York, le jeudi 29 décembre 2022. Tous droits réservés Ted Shaffrey/Copyright 2022 The AP. All rights reserved.
Tous droits réservés Ted Shaffrey/Copyright 2022 The AP. All rights reserved.
Par Verónica Romano avec AP
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Cet article a été initialement publié en anglais

L'État américain avait promis de délivrer les premières licences de vente au détail à des vendeurs de marijuana déjà condamnés. Dans la plupart des cas, cela ne s'est pas produit.

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Les autorités new-yorkaises ont lancé la vente légale de marijuana à des fins récréatives en promettant un grand nombre des premières licences de vente au détail à d'anciens condamnés pour trafic de cannabis, espérant ainsi leur donner une chance de réussir,  avant que les concurrents n'arrivent en masse.

Mais plus de neuf mois après le début des ventes, seules deux douzaines de dispensaires autorisés par l'État ont ouvert leurs portes. Des contestations juridiques concernant la procédure d'autorisation de l'État ont laissé plus de 400 titulaires de licences provisoires dans l'incertitude. 

Les cultivateurs de marijuana sont également désemparés parce qu'il y a trop peu de magasins pour vendre leur récolte.

Face à ces difficultés, les autorités de régulation de l'État de New York sont en train d'élargir le marché. Ils ont récemment ouvert une fenêtre de 60 jours pour les demandes générales de culture, de traitement, de distribution ou de vente de marijuana, s'attendant à délivrer plus de 1 000 nouvelles licences.

 Les nouvelles règles permettront également aux entreprises autorisées à cultiver et à vendre de la marijuana médicale à New York d'accéder au marché récréatif. Un marché aujourd'hui dominé par des vendeurs hors-la-loi qui ont ouvert des magasins de détail sans autorisation.

"Ils ont tout l'argent nécessaire pour nous saigner à blanc"

Les nouvelles règles permettront également aux entreprises autorisées à cultiver et à vendre de la marijuana médicale dans l'État de se lancer dans le marché récréatif.

Mais la perspective d'être en concurrence avec des fournisseurs médicaux inquiète certains agriculteurs et détaillants qui craignent d'être écrasés par des entreprises plus riches.

"Je crains qu'ils aient tout l'argent nécessaire pour nous saigner", lâche Coss Marte, qui ouvrira un magasin à Manhattan la semaine prochaine, après avoir été repoussé par une action en justice contre les autorités de régulation de l'État de New York.

"Ils sont intégrés verticalement*. Ils pourraient donc cultiver leur propre produit au prix le plus bas et surenchérir sur tous les cultivateurs, tous nos produits et tous nos prix", précise-t-il. 

Coss Marte, propriétaire du commerce de marijuana, Conbud, est vu à travers la porte en fer d'un coffre-fort de banque, réaménagé pour sécuriser les stocks du magasin à N-Y
Coss Marte, propriétaire du commerce de marijuana, Conbud, est vu à travers la porte en fer d'un coffre-fort de banque, réaménagé pour sécuriser les stocks du magasin à N-YBebeto Matthews/AP

Conbud, le magasin de Coss Marte, faisait partie de ceux dont l'ouverture a été temporairement bloquée par un juge, à la suite d'un procès, intenté au nom d'anciens combattants handicapés. Ces derniers affirmaient qu'ils avaient été exclus à tort de la demande de licence. Coss Marte, qui a déjà été arrêté pour trafic de drogue, s'est donc retrouvé à payer le loyer d'un magasin qu'il ne pouvait pas ouvrir.

Un juge a récemment décidé que Conbud et plusieurs autres magasins pouvaient ouvrir. Mais ils n'ont pas tous eu la même chance.

Équilibre entre équité et concurrence

Comme beaucoup d'autres détenteurs de licences provisoires, Carson Grant, après des mois de retard dans l'ouverture de son magasin, se demandait s'il devait présenter une nouvelle demande de licence dans le cadre de cette fenêtre de 60 jours ouverte pour introduire les demandes de culture, de traitement, de distribution ou de vente de marijuana. "C'est très difficile", confie-t-il.

Reginald Fluellen, consultant principal auprès de la Cannabis Social Equity Coalition, a accusé l'État d'avoir bâclé le processus.

"Ils ont lamentablement échoué à fournir aux personnes impliquées dans la justice le type d'avance sur le marché qu'ils avaient promis", affirme Reginald Fluellen.

Pour éviter les monopoles, les prestataires médicaux seront limités à trois points de vente. En outre, en guise de clin d'œil aux agriculteurs, leurs magasins devront initialement consacrer la moitié de leur espace d'étalage à des produits cultivés et transformés par des entreprises indépendantes.

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Cependant, les critiques affirment que les régulateurs auraient dû laisser plus de temps aux entrepreneurs économiquement et socialement diversifiés pour réussir avant de laisser entrer des concurrents plus importants.

Chris Alexander, directeur exécutif de l'Office of Cannabis Management, a assuré que les nouvelles réglementations respectaient l'engagement de New York en faveur de l'équité sociale et économique, tout en rendant le marché plus compétitif.

Chris Alexander a reconnu que l'ouverture des magasins de détail avait suscité quelques "frustrations", mais il a ajouté que l'État avait montré qu'un marché approvisionné par de petits agriculteurs pouvait fonctionner.

"Nous avons ici, à New York, certains des dispensaires les plus performants du pays", affirme-t-il. 

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Et il y a encore de la place pour la croissance. Les régulateurs ont estimé que l'État de New York aura besoin d'au moins 2 000 dispensaires pour répondre à la demande.

* L"intégration verticale signifie qu'une entreprise possède ou contrôle ses fournisseurs, distributeurs ou points de vente pour gérer sa création de valeur ou sa chaîne d'approvisionnement.

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