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Confiance économique allemande au plus haut depuis 4 ans, bravant les droits de douane de Trump

Des conteneurs s'entassent dans le port de Hambourg, en Allemagne.
Des conteneurs s'entassent dans le port de Hambourg, en Allemagne. Tous droits réservés  Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved
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Par Piero Cingari
Publié le
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En janvier, la confiance économique allemande a touché un pic de quatre ans. Le ZEW voit plus d'optimisme à l'export, mais les marchés restent prudents, les risques commerciaux augmentant.

La confiance économique en Allemagne a atteint son plus haut niveau depuis la mi-2021, malgré le retour des menaces de tarifs douaniers des États-Unis, signe d’un optimisme croissant selon lequel 2026 pourrait marquer un tournant pour la première économie européenne.

L’indice ZEW du sentiment économique a bondi à 59,6 points en janvier, contre 45,8 en décembre, bien au-dessus des attentes du marché, fixées à 50. Il s’agit de son plus haut niveau depuis juillet 2021.

L’indicateur des conditions actuelles, encore fortement négatif, s’est lui aussi amélioré, à -72,7 points, contre -81 le mois précédent.

« L’indice ZEW progresse fortement. 2026 pourrait marquer un tournant », a déclaré le président du ZEW, Achim Wambach, tout en rappelant que des réformes restent nécessaires pour assurer une croissance durable.

Ce regain d’optimisme en Allemagne se retrouve à l’échelle de la zone euro.

L’indice ZEW pour la zone euro est monté à 40,8 points en janvier, contre 33,7 en décembre, au-delà des attentes du consensus et à son plus haut depuis juillet 2024. L’évaluation de la situation actuelle a également montré des signes d’amélioration, grimpant à -18,1 contre -28,5.

Le moral économique allemand rebondit malgré le choc tarifaire

Les secteurs tournés vers l’exportation tirent le rebond des anticipations. Les soldes dans la construction mécanique et la sidérurgie et les métaux ont gagné plus de 20 points, tandis que l’automobile s’est nettement redressée, même si son solde reste légèrement négatif.

La chimie, la pharmacie et l’électrotechnique ont également enregistré de solides gains.

Le ZEW souligne que ce regain de confiance s’inscrit dans la lignée d’une production industrielle et de commandes supérieures aux attentes en novembre 2025, ainsi que de l’optimisme lié à l’accord commercial UE-Mercosur, susceptible d’ouvrir de nouveaux débouchés aux exportateurs allemands.

Cette enquête, réalisée mardi par le ZEW, intervient quelques jours après que le président américain Donald Trump a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane sur les exportations européennes, y compris celles de l’Allemagne.

Trump a menacé d’instaurer, à partir du 1er février, un droit de douane additionnel de 10 % sur les importations en provenance d’Allemagne et de plusieurs autres pays européens, sauf accord incluant le Groenland, le taux pouvant ensuite être porté à 25 % en juin.

En cas de riposte de l’UE, Washington pourrait étendre ses tarifs à l’ensemble du bloc. Bruxelles a déjà préparé des contre-mesures portant sur environ 93 milliards d’euros d’importations américaines, soit quelque 28 % du total des importations des États-Unis en 2024, et pourrait également activer son instrument anti-coercition.

Les menaces de tarifs liées au Groenland pèsent lourd

Selon Oxford Economics, un tarif américain uniforme de 25 % sur l’Europe, combiné à une riposte équivalente, réduirait d’environ 1 % le PIB des États-Unis et de la zone euro au pic de l’impact, l’effet sur la zone euro étant plus durable.

L’entreprise avertit aussi qu’une telle mesure bouleverserait en profondeur le commerce mondial, avec pour conséquence que l’Europe ferait face à des droits de douane américains effectifs plus élevés que ceux appliqués à la Chine ou à l’Inde. La croissance du PIB mondial tomberait à 2,6 % sur la période 2026-2027, en dessous de la fourchette de 2,8-2,9 % observée ces dernières années, et à son rythme le plus faible depuis la crise financière, hors pandémie.

Surtout, l’Europe se verrait appliquer des tarifs américains effectifs plus élevés que la Chine ou l’Inde, ce qui ramènerait la croissance mondiale autour de 2,6 %, soit son niveau le plus faible depuis la crise financière mondiale, hors année de pandémie.

Von der Leyen : « Un accord est un accord » alors que l’UE défend la souveraineté arctique

Prenant la parole mardi au Forum économique mondial de Davos, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a décrit les turbulences géopolitiques actuelles comme un moment de vérité pour le continent et une occasion de transformation stratégique.

« Les chocs géopolitiques peuvent et doivent être une opportunité pour l’Europe », a déclaré von der Leyen.

« Il est temps de saisir cette opportunité et de bâtir une nouvelle Europe indépendante. »

S’adressant directement à la menace de tarifs américains, von der Leyen a réaffirmé l’engagement de l’Europe en faveur de la sécurité arctique et son alignement stratégique avec Washington.

Elle a toutefois rappelé que la sécurité arctique « ne peut être assurée qu’ensemble » et qualifié l’escalade tarifaire envisagée entre alliés de longue date d’erreur.

« En politique, comme dans les affaires, un accord est un accord. Quand des amis se serrent la main, cela doit vouloir dire quelque chose », a-t-elle ajouté, en référence à l’accord commercial transatlantique conclu fin juillet de l’an dernier.

Un cycle de représailles, a averti von der Leyen, ne ferait que servir les intérêts d’adversaires cherchant à exploiter les divisions occidentales.

La présidente de la Commission a défini trois principes directeurs pour la réponse de l’UE. Premièrement, elle a affirmé une « solidarité totale » avec le Groenland et le Royaume du Danemark, en déclarant sans ambiguïté que la souveraineté et l’intégrité territoriale sont « non négociables ».

Deuxièmement, elle a annoncé une grande initiative européenne d’investissement au Groenland, en collaboration avec les autorités danoises, afin de soutenir le développement économique local et les infrastructures.

Troisièmement, von der Leyen s’est engagée à renforcer la coopération arctique avec les États-Unis et d’autres partenaires, y compris une éventuelle capacité européenne de brise-glace, soutenue par une hausse des dépenses de défense.

Des marchés toujours prudents

Malgré ces chiffres encourageants, les indices boursiers européens ont accentué leurs pertes mardi, reflétant l’inquiétude des investisseurs face à la détérioration des perspectives commerciales.

L’indice paneuropéen STOXX 50 a reculé de plus de 1 %, s’ajoutant à la baisse de 1,3 % enregistrée lundi. Le STOXX 600, plus large, a cédé 1,3 %. Les grands indices, dont le DAX allemand, le CAC 40 français et le FTSE MIB italien, ont tous perdu 1,3 %.

Des poids lourds comme LVMH, Siemens et Novo Nordisk ont chuté d’environ 3 %.

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