Alors que Téhéran a riposté aux attaques israélo-américaines en frappant plusieurs pays du Moyen-Orient, le chef de la diplomatie française a exprimé son soutien aux pays liés à la France par des accords de défense mutuelle, parmi lesquels les Émirats arabes unis ou encore le Qatar.
Au troisième jour des attaques d'Israël et des États-Unis contre l'Iran et alors que Téhéran a riposté par des frappes visant plusieurs pays du Moyen-Orient, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est exprimé lundi lors d'une conférence de presse pour affirmer la solidarité de la France à ses alliés du Golfe.
"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu’ils n’avaient pas choisie - Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie - la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité ", a affirmé le chef de la diplomatie française.
Jean-Noël Barrot a précisé que la France se tenait "prête à participer à la défense" de ces pays "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective prévus par le droit international".
400 000 Français dans la région exposée au conflit
Le ministre a également rappelé que la "priorité absolue" de la France allait "à la sécurité des ressortissants français". "Nous sommes totalement mobilisés, nous n'économiserons aucun effort", a-t-il ajouté.
Selon Jean-Noël Barrot, "près de 400 000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région, directement concernés par la situation", et "à ce stade, aucune victime française n'est à déplorer "
Le ministre a également précisé qu’une cellule téléphonique d'urgence avait été déployée, joignable 24 h/24 et 7 j/7. Il a également invité les ressortissants français à consulter le site diplomatie.gouv.fr. pour suivre les consignes de sécurité et les informations actualisées.
Paris dénonce la responsabilité du régime iranien
Lors de son intervention, Jean-Noël Barrot a également précisé la position de la France sur le conflit et dénoncé "la responsabilité écrasante du régime iranien". Le ministre a pointé "l’obstination coupable de Téhéran à se doter des moyens de déstabilisation et de menace", évoquant "son programme nucléaire, ses missiles balistiques, son soutien continu à des groupes terroristes, son refus de négocier avec l’Europe puis avec les États-Unis, et la répression violente des aspirations légitimes du peuple iranien."
Appel au respect du droit international
Jean-Noël Barrot a rappelé le rôle central des instances internationales dans la gestion des crises et dit regretter que celles-ci n'aient pas été consultées par Washington et Tel-Aviv. : "L'intervention décidée unilatéralement par Israël et les États-Unis d'Amérique aurait mérité d'être débattue dans les instances collectives prévues à cet effet. Chacun aurait ainsi pu prendre ses responsabilités, car ce n'est qu'en se confrontant au Conseil de sécurité que le recours à la force peut revêtir la légitimité nécessaire."