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Introduction en Bourse de SpaceX: le compte à rebours démarre pour un record historique

Photo d'archives - Une fusée Falcon Heavy de SpaceX décolle du pas de tir 39A du Centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral, Floride, le 29 avril 2026.
Photo d'archive - Une fusée Falcon Heavy de SpaceX décolle du pas de tir 39A au centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral, Floride, le mercredi 29 avril 2026. Tous droits réservés  AP Photo/John Raoux
Tous droits réservés AP Photo/John Raoux
Par Doloresz Katanich avec AP
Publié le
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SpaceX prépare une IPO record qui pourrait lever près de 75 milliards de dollars (64,5 milliards d’euros) malgré ses pertes, pour financer des missions lunaires et martiennes, portée par les profits de Starlink qui contrastent avec les pertes de X et xAI.

Le fondateur de SpaceX, Elon Musk, a annoncé mercredi un projet qui s’annonce comme l’une des plus grandes ventes d’actions de l’histoire: introduire en Bourse une entreprise spatiale qui perd actuellement des milliards de dollars par an.

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Un document d’enregistrement montre que SpaceX a perdu 2,6 milliards de dollars (2,24 milliards d’euros) sur ses activités l’an dernier, pour un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars, et que les pertes se sont poursuivies en début d’année.

Le prospectus ne précise pas le montant exact que Musk espère lever, mais plusieurs médias l’estiment à environ 75 milliards de dollars (64,5 milliards d’euros). Une opération de cette ampleur dépasserait largement l’actuel record détenu par le géant pétrolier saoudien Aramco, entré en Bourse il y a sept ans en levant 26 milliards de dollars (22,4 milliards d’euros).

SpaceX, officiellement Space Exploration Technologies Corp., affirme que ces fonds serviront à financer des projets visant à envoyer des humains sur la Lune et sur Mars, dans le cadre de son ambition de faire de l’humanité une espèce interplanétaire face aux menaces existentielles susceptibles d’anéantir la civilisation.

« Nous ne voulons pas que les humains subissent le même sort que les dinosaures », indique le document.

Par endroits, le prospectus ressemble à une vision futuriste digne d’Hollywood: il précise dans une section qu’une partie de la rémunération de Musk ne lui sera versée que s’il maintient « une colonie humaine permanente sur Mars d’au moins un million d’habitants ».

À défaut, cette seule vente d’actions pourrait faire de Musk – fondateur et principal actionnaire de SpaceX – le premier homme à la tête d’une fortune de 1 000 milliards de dollars. Forbes évalue actuellement sa richesse à 839 milliards de dollars (722 milliards d’euros), soit à peu près l’équivalent du PIB annuel de la Pologne.

Les pertes s’alourdissent malgré des revenus solides et la croissance de Starlink

En plus de fabriquer des fusées réutilisables pour envoyer des astronautes en orbite, SpaceX développe d’autres activités, certaines florissantes, d’autres en difficulté, qui suscitent de nombreuses interrogations.

Le document montre que Starlink, le plus grand opérateur mondial de communications par satellite, constitue une importante source de liquidités, avec 4,4 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros) de résultat opérationnel l’an dernier. Cette activité s’appuie sur 10 000 satellites en orbite basse pour fournir un accès à internet à 10 millions de personnes dans 150 pays et territoires.

Parmi les activités en difficulté figurent deux sociétés de Musk récemment rachetées par SpaceX: sa plateforme de médias sociaux X, ex-Twitter, et son entreprise d’intelligence artificielle xAI. Ces acquisitions ont été critiquées par certains investisseurs de SpaceX, qui y voient des opérations de sauvetage, les deux sociétés accusant des pertes importantes.

Selon le prospectus, l’activité d’IA a enregistré une perte opérationnelle de 6,4 milliards de dollars (5,5 milliards d’euros) l’an dernier.

L’activité historique de SpaceX – la construction de fusées et les lancements – a bénéficié de contrats publics majeurs, ce qui soulève des questions susceptibles de peser sur l’entreprise. En raison des liens étroits de Musk avec l’administration Trump, des juristes spécialisés dans l’éthique publique et des organisations de surveillance se demandent s’il a bénéficié d’un traitement de faveur pour obtenir ces contrats financés par le contribuable et si ce soutien se poursuivra une fois Donald Trump parti de ses fonctions.

SpaceX a décroché pour 6 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros) de contrats avec la NASA, le département de la Défense et d’autres agences gouvernementales au cours des cinq dernières années, selon le site USAspending.gov. L’entreprise note dans son document qu’un cinquième de son chiffre d’affaires de l’an dernier provenait du gouvernement fédéral.

Musk a été le principal donateur de la campagne présidentielle de Trump et demeure l’un de ses soutiens majeurs, malgré une relation parfois tendue depuis son rôle dans l’effort de réduction des dépenses publiques baptisé DOGE, au début de l’an dernier.

La rémunération de Musk indexée sur des objectifs ambitieux alors qu’il garde un contrôle serré

Comme de nombreux PDG, la rémunération de Musk va bien au-delà de son salaire annuel, qui s’élevait à 54 080 dollars (46 538,5 euros) en 2025 et n’a pas changé depuis 2019, selon le document.

Le prospectus précise que les attributions d’actions qui lui sont destinées seront divisées en 15 tranches quasi égales – 67 millions de titres chacune – et ne seront acquises qu’à mesure que l’entreprise atteindra des seuils prédéfinis de capitalisation boursière. Outre l’objectif de colonie martienne, la valeur de marché de SpaceX devrait atteindre 7 500 milliards de dollars (6 450 milliards d’euros) pour qu’il touche l’intégralité de cette rémunération en actions.

Il recevrait aussi des attributions d’actions supplémentaires si SpaceX parvient à déployer dans l’espace d’immenses centres de données de la taille de terrains de football.

Le document montre enfin que Musk conservera un contrôle important sur l’entreprise.

Il indique que lui-même et certains autres actionnaires recevront des titres d’une catégorie spéciale leur conférant dix droits de vote par action. Ces actionnaires pourront notamment élire la majorité des membres du conseil d’administration de l’entreprise.

« Cela limitera, voire empêchera, votre capacité à influer sur les décisions de l’entreprise et sur l’élection de nos administrateurs », avertit SpaceX à l’adresse des investisseurs potentiels.

SpaceX pourra commencer à promouvoir l’opération auprès des investisseurs – ce que Wall Street appelle un « roadshow » – quinze jours après la publication de son prospectus. En l’occurrence, cela la mènerait au 4 juin.

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