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En mai, l'activité manufacturière chinoise stagne et relance les doutes sur l'économie

ARCHIVES. Un ouvrier examine un châssis dans une usine Vinfast à Hai Phong, Vietnam, en sept. 2023. Le pays a gagné des parts de marché face à la Chine cette décennie.
ARCHIVES. Un ouvrier inspecte un châssis de voiture dans une usine VinFast à Hai Phong, Vietnam, en septembre 2023. Le pays a gagné des parts de marché sur la Chine. Tous droits réservés  (AP Photo/Hau Dinh)
Tous droits réservés (AP Photo/Hau Dinh)
Par Quirino Mealha
Publié le Mis à jour
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Chine : l'industrie manufacturière stagne en mai, la guerre en Iran et la faiblesse intérieure ravivent les doutes sur les objectifs de croissance de Pékin

Le vaste secteur manufacturier chinois a perdu de son élan le mois dernier, selon des chiffres officiels publiés dimanche, relançant les interrogations sur la durée pendant laquelle la deuxième économie mondiale pourra résister à l’aggravation de la crise énergétique mondiale et aux difficultés persistantes de la demande intérieure.

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L’indice officiel des directeurs d’achats du secteur manufacturier (PMI), publié conjointement par le Bureau national des statistiques (BNS) et la Fédération chinoise de la logistique et des achats, est tombé exactement à 50 en mai, en baisse de 0,3 point par rapport à avril, ce qui constitue son plus bas niveau depuis février.

Sur une échelle de 0 à 100, ce niveau se situe précisément au seuil qui sépare expansion et contraction, un résultat mathématiquement neutre qui, replacé dans son contexte, est loin d’être rassurant.

Les détails derrière ce chiffre global ne font qu’accentuer les inquiétudes.

Les nouvelles commandes ont reculé à 49,9, repassant en zone de contraction après 50,6 en avril, tandis que la production a légèrement fléchi à 51,2 et que les stocks de matières premières sont tombés à 48,6.

Une poche de relative résistance apparaît toutefois : le PMI de la haute technologie a atteint 52,9 et celui de la fabrication d’équipements 52,1, tous deux en hausse par rapport au mois précédent, selon Huo Lihui, statisticien en chef au BNS.

Un choc énergétique qui pourrait inévitablement toucher la Chine

Une grande partie du débat économique mondial en 2026 est dominée par la guerre en Iran et la fermeture, depuis mars, du détroit d’Ormuz, par où transitait en temps de paix environ un cinquième du pétrole mondial.

Cette perturbation a fait flamber les cours du brut, que l’Agence internationale de l’énergie décrit comme l’un des plus grands chocs d’offre de l’histoire du marché pétrolier mondial. Pour la plupart des pays asiatiques, principaux importateurs du pétrole transitant par ce goulet d’étranglement, les conséquences ont été sévères.

La Chine, elle, a jusqu’ici été relativement épargnée.

Pékin aurait accumulé quelque 1,4 milliard de barils dans ses réserves stratégiques et commerciales avant le début du conflit, soit l’équivalent d’environ 220 jours d’importations.

Le recours accru à d’autres combustibles fossiles comme le charbon, l’essor rapide des investissements dans les énergies renouvelables et la diversification des sources d’approvisionnement ont également amorti le choc.

« Même si la crise énergétique reste le principal vent contraire pour l’Asie, la Chine est relativement mieux protégée grâce à la solidité de son dispositif de sécurité énergétique », écrivait Frederic Neumann, chef économiste Asie chez HSBC, dans une note de recherche la semaine dernière.

Mais à mesure que la guerre en Iran se prolonge, les risques pour l’économie chinoise augmentent.

ARCHIVES. Tas de charbon près d’une usine chimique à Datong, en Chine, le 14 mars 2026
ARCHIVES. Tas de charbon près d’une usine chimique à Datong, en Chine, le 14 mars 2026 AP Photo/Ng Han Guan

Les exportations tiennent, la demande intérieure souffre

C’est sur le front de la demande intérieure que l’économie de Pékin montre ses plus grandes fragilités : des années de marasme dans l’immobilier ont entamé la confiance des ménages. HSBC a fortement revu à la baisse sa prévision de croissance des ventes au détail en Chine pour 2026, à 2,8 % contre 5,2 %, après la publication pour avril d’une hausse de seulement 0,2 % sur un an, son rythme le plus faible depuis la période de la pandémie.

« La demande intérieure est à la traîne, mais l’industrie manufacturière de pointe et les exportations tiennent bon », écrivait la semaine dernière Robin Xing, chef économiste Chine chez Morgan Stanley.

Pékin a fixé pour 2026 un objectif de croissance annuelle compris entre 4,5 % et 5 %, le plus bas depuis 1991 et en deçà du seuil d’« environ 5 % » visé au cours des trois années précédentes.

Morgan Stanley estime que l’objectif annuel de croissance de la Chine reste atteignable, mais souligne que l’évolution du marché pétrolier mondial constitue le principal facteur d’incertitude.

Les exportations vers les États-Unis ont reculé en glissement annuel une bonne partie des douze derniers mois, mais les ventes au reste du monde restent solides, notamment vers l’Europe et l’Asie du Sud-Est.

Un certain optimisme est revenu dans les relations commerciales bilatérales depuis la rencontre, mi-mai à Pékin, entre le président américain Donald Trump et le dirigeant chinois Xi Jinping, au cours de laquelle les deux parties ont convenu de créer un Conseil du commerce et un Conseil de l’investissement États-Unis–Chine chargés de gérer les liens économiques entre les deux pays.

Sources additionnelles • AP

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