Nordiques: des entreprises et investisseurs étudient la fusion des Bourses suédoise, danoise, norvégienne et finlandaise en place de marché unique
L'idée d'une seule Bourse pour l'ensemble de la région nordique refait surface.
Des informations publiées mercredi, citant des sources proches des discussions, indiquent que l'alliance sectorielle Nordic Compass étudie plusieurs options, dont la fusion des Bourses nationales de la Suède, du Danemark, de la Norvège et de la Finlande, ainsi que l'harmonisation de leurs cadres réglementaires.
Nordic Compass a indiqué à Euronews qu'elle analyse un éventail de possibilités, mais que les travaux restent préliminaires.
"La branche Marchés de capitaux de Nordic Compass travaille à améliorer les possibilités de levée de capitaux afin de soutenir la compétitivité à toutes les étapes, des start-up, du capital-risque, de la croissance et du changement d'échelle jusqu'aux introductions en Bourse, ainsi que l'écosystème des sociétés nordiques cotées", explique Christian Clausen, président de la branche Marchés de capitaux de l'alliance et président pour les pays nordiques chez BlackRock.
"Cela comprend l'analyse d'un éventail d'initiatives potentielles, y compris des questions liées à la liquidité. Les travaux en sont encore au stade exploratoire et aucun accord n'a encore été trouvé sur des initiatives ou des conclusions précises", précise Clausen à Euronews.
Nordic Compass a été lancé en mai comme alliance sectorielle pan-nordique regroupant plus de 25 entreprises, fondations et organisations, parmi lesquelles Wallenberg Investments, EQT, Nordea, SEB, Nasdaq Nordic, Ericsson, Nokia, Saab, Ørsted et la Fondation Novo Nordisk.
Présidée par l'ancien Premier ministre finlandais Jyrki Katainen, elle intervient sur quatre volets couvrant les marchés de capitaux, les technologies de pointe, la défense et l'énergie.
Les premières initiatives de l'alliance doivent être dévoilées lors d'un sommet à Göteborg les 4 et 5 novembre, où la proposition concernant les marchés de capitaux devrait être présentée, selon les rumeurs.
L'enjeu est de taille.
Les fonds de pension et les investisseurs souverains nordiques gèrent près de 4 000 milliards de dollars (3 430 milliards d'euros) et encaissent plus de 175 milliards de dollars (3 430 milliards d'euros) par an, mais ce capital est réparti sur quatre marchés distincts plutôt que regroupé sur un seul.
Qui contrôle les Bourses ?
Toute fusion nécessiterait la coopération de trois acteurs qui ne relèvent pas directement de l'alliance.
Nasdaq gère la plupart des Bourses nationales de la région, Euronext détient la Bourse d'Oslo et Euroclear joue un rôle central dans le règlement des transactions sur titres nordiques.
Nasdaq n'a pas répondu à une demande de commentaire.
Euronext s'est montré ouvert, indiquant à Euronews que, grâce à Oslo Børs, à ses dépositaires de titres en Norvège et au Danemark, à Nord Pool et à Admincontrol, il dispose d'une franchise nordique établie et qu'il est "en dialogue avec Nordic Compass au sujet d'une possible contribution à des mesures concrètes".
"Euronext accueille favorablement les initiatives visant à rendre les marchés de capitaux nordiques encore plus compétitifs à l'échelle mondiale", a ajouté l'opérateur boursier.
"La région bénéficie déjà de solides traditions de marché, d'investisseurs sophistiqués et d'écosystèmes locaux performants. L'opportunité consiste à s'appuyer sur ces atouts en facilitant la circulation des capitaux au-delà des frontières", a déclaré un porte-parole du groupe à Euronews.
Euronext a également mis en avant sa propre structure multi-pays comme modèle.
"Notre expérience montre comment une liquidité plus profonde, des technologies partagées et des règles harmonisées peuvent bénéficier aux émetteurs comme aux investisseurs, tandis que notre modèle fédéral permet de maintenir les Bourses locales au plus près des marchés qu'elles servent", a conclu l'opérateur boursier.
Ce qui émergera éventuellement à Göteborg en novembre dira si ces travaux exploratoires ont débouché sur autre chose que de simples analyses.