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Baskets usées : une entreprise française de recyclage leur donne une seconde vie

Archives : Mohamed Boukhatem, cofondateur et directeur de SneakCoeurZ, association qui offre une seconde vie aux chaussures usagées en France, 25 mars 2026
Photo d'archives : Mohamed Boukhatem, cofondateur et directeur de SneakCoeurZ, une association qui offre une seconde vie aux chaussures usagées en France, 25 mars 2026 Tous droits réservés  AP Photo/Thibault Camus
Tous droits réservés AP Photo/Thibault Camus
Par Tokunbo Salako avec AP
Publié le
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Une entreprise française de recyclage veut verdir l'industrie textile polluante en redonnant vie aux baskets vouées à la poubelle

Le temps est révolu où porter des chaussures de sport suffisait à vous fermer les portes des endroits les plus chics, à aucun prix.

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Aujourd’hui, tellement de jeunes, de quadragénaires et de seniors portent des baskets qu’elles sont devenues omniprésentes dans presque tous les milieux.

Alors, quand votre paire préférée arrive en apparence en fin de vie, pour une entreprise de l’est parisien, c’est au contraire le point de départ d’une toute nouvelle activité.

Chaque semaine, des centaines de baskets usagées arrivent dans un atelier de la capitale française où le personnel doit se poser une question simple : cette chaussure peut-elle être sauvée ?

Voici SneakCœurZ.

L’organisation à but non lucratif trie les chaussures pour déterminer lesquelles peuvent tout simplement être revendues, redistribuées ou écartées.

Mohamed Boukhatem, directeur général et cofondateur de la structure, explique que l’an dernier, ils ont revendu 2 000 des 30 000 paires de baskets usagées collectées, et qu’ils veulent désormais changer d’échelle.

« Au cours des trois prochaines années, l’objectif est de tripler voire quadrupler ces volumes et de passer à l’échelle industrielle », indique Boukhatem. « Aujourd’hui, il n’existe pas de projet de cette ampleur dans le secteur des sneakers. Nous sommes les seuls capables d’industrialiser à la fois les procédés et la collecte de baskets en vue de leur réemploi. »

ARCHIVES : Des chaussures de sport usagées sont stockées dans une pièce de SneakCoeurZ, une entreprise à but non lucratif qui recycle des baskets en France, le 25 mars 2026
ARCHIVES : Des chaussures de sport usagées sont stockées dans une pièce de SneakCoeurZ, une entreprise à but non lucratif qui recycle des baskets en France, le 25 mars 2026 AP Photo/Thibault Camus

En outre, l’association affirme avoir redistribué plus de 7 000 paires à des personnes dans le besoin et contribué à la création de 19 emplois.

Le travail du groupe met en lumière un problème de déchets croissant à Paris, largement reconnue comme l’une des capitales mondiales de la mode et du luxe.

Refashion, l’éco-organisme agréé par l’État français pour les vêtements, le linge de maison et les chaussures, indique que 259 millions de paires de chaussures ont été vendues dans le pays en 2024.

Il affirme toutefois qu’à peine un tiers des textiles et chaussures usagés sont collectés séparément, la plupart des autres restant oubliés au fond des placards ou étant jetés avec les ordures ménagères.

ARCHIVES : Un employé nettoie une basket usagée chez SneakCoeurZ, une entreprise à but non lucratif qui recycle des chaussures en France, le 25 mars 2026
ARCHIVES : Un employé nettoie une basket usagée chez SneakCoeurZ, une entreprise à but non lucratif qui recycle des chaussures en France, le 25 mars 2026 AP Photo/Thibault Camus

Dans son atelier de Champs-sur-Marne, les salariés de SneakCœurZ inspectent les chaussures usagées et vérifient celles qui peuvent être récupérées.

Les paires retenues sont nettoyées de la semelle jusqu’en haut, désinfectées à l’intérieur et, dans certains cas, blanchies aux UV avant d’être remises en circulation.

« Ce sont les éléments structurels de la chaussure qui déterminent si nous pouvons la reconditionner ou pas », explique le responsable de l’atelier, Paul Defawes Abadie.

« Une bride velcro abîmée, ce n’est pas rédhibitoire. Un lacet, ce n’est pas rédhibitoire. La saleté n’est jamais rédhibitoire, dit-il. Ce qui compte vraiment, c’est l’usure des matériaux structurels, en particulier de la semelle extérieure. »

Jeu de jambes

La France tente de répondre au problème des déchets de la fast fashion, par la loi autant que par les discours.

Sa loi anti-gaspillage de 2020 impose que les invendus non alimentaires soient réutilisés, donnés ou recyclés plutôt que détruits.

Les autorités ont instauré en novembre 2023 une prime à la réparation des vêtements et des chaussures, financée par l’État. Parallèlement, les parlementaires travaillent toujours sur un projet de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile.

L’enjeu est difficilement plus élevé, l’industrie du textile et de l’habillement faisant partie des secteurs les plus polluants au monde.

Selon les Nations unies, la mode et le textile représentent jusqu’à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le Parlement européen a indiqué que le textile constituait en 2020 la troisième source de dégradation de l’eau et d’occupation des sols dans l’Union européenne.

Video editor • Yolaine De Kerchove Dexaerde

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