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Prix Pulitzer 2026 : drames de guerre expérimentaux et chaos provoqué par Trump

Prix Pulitzer 2026 : drames de guerre expérimentaux et critiques de Trump
Prix Pulitzer 2026 : drames de guerre expérimentaux et critiques de Trump Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par David Mouriquand & AP
Publié le
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Le jury Pulitzer a attribué le prix de fiction à Daniel Kraus pour « Angel Down », récit de la Grande Guerre en une seule phrase. Les prix de journalisme ont surtout salué la couverture de l'administration Trump.

Les responsables du prix Pulitzer ont dévoilé le palmarès de cette année, qui va de la fiction au reportage d’investigation en passant par la musique.

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Le prix de fiction a récompensé un auteur coutumier des expérimentations de genres et de langage : Daniel Kraus, distingué pour « Angel Down », un récit de la Première Guerre mondiale qui se déploie sur quelque 300 pages en une seule phrase ininterrompue.

« Angel Down », dont le protagoniste est un simple soldat qui croise un ange sur le champ de bataille, a été salué comme « un tour de force stylistique qui mêle allégorie, réalisme magique et science-fiction en un ensemble cohérent, raconté en une seule phrase ».

Kraus a déjà signé des romans d’horreur et de science-fiction et a collaboré avec des cinéastes comme George Romero et Guillermo del Toro, dont le film oscarisé The Shape of Water a été conçu avec son aide.

« Liberation » de Bess Wohl, qui explore les groupes féministes de conscientisation des années 1970, a remporté le prix de la meilleure pièce. Le texte affronte la misogynie, l’homophobie et interroge les rôles de genre.

Parmi les autres distinctions littéraires figurent, pour l’histoire, « We the People: A History of the US Constitution » de Jill Lepore, et, pour la biographie, « Pride and Pleasure: The Schuyler Sisters in an Age of Revolution » d’Amanda Vaill.

« Things in Nature Merely Grow » de Yiyun Li, récit des suicides de ses deux fils, a été récompensé dans la catégorie mémoires-autobiographie, tandis que « There is No Place for Us: Working and Homeless in America » de Brian Goldstone a remporté le prix de l’essai général.

Le prix de poésie est revenu à « Ars Poeticas » de Juliana Spahr, et la récompense en musique à la pianiste et compositrice américaine Gabriela Lena Frank pour « Picaflor: A Future Myth », une œuvre symphonique écrite pour l’Orchestre de Philadelphie, inspirée à la fois d’une légende andine et des incendies de forêt en Californie.

Ouvrages distingués par les responsables du prix Pulitzer
Ouvrages distingués par les responsables du prix Pulitzer Atria/FSG/Crown/FSG/W.W. Norton via AP

Par ailleurs, la couverture de l’administration Trump a dominé les prix Pulitzer, le comité n’hésitant pas à dénoncer les tentatives de Donald Trump de restreindre la liberté d’informer.

« Nous défendons le débat civilisé et nous nous opposons à la censure », a déclaré l’administratrice du prix Pulitzer, Marjorie Miller, à la veille des annonces hier, qui ont distingué la couverture de la répression migratoire de Trump et de l’enrichissement de ses proches. « Il est malheureusement nécessaire de le rappeler aujourd’hui, alors que l’accès des médias à la Maison-Blanche et au Pentagone est limité, que la liberté d’expression est contestée dans la rue et que le président des États-Unis a intenté des poursuites pour des milliards de dollars pour diffamation et malveillance contre plusieurs médias écrits et audiovisuels. »

Le prestigieux prix Pulitzer du service public en journalisme a été attribué au Washington Post pour sa couverture approfondie des efforts « chaotiques » de Trump pour remanier l’appareil fédéral américain.

Le prix du reportage d’investigation est revenu au New York Times pour une série qui montre comment Trump « a exploité les opportunités de profit liées au pouvoir, enrichissant sa famille et ses proches ».

Dans la catégorie reportage local, le Chicago Tribune a été distingué pour sa « prose vive et musclée » décrivant comment les agents fédéraux de l’immigration ont soumis la grande ville du Midwest à une « incursion digne d’un siège » dans le cadre de la répression de Trump contre les migrants sans papiers. Un second prix dans cette catégorie a récompensé le Connecticut Mirror et ProPublica pour une enquête sur des pratiques abusives de remorquage de véhicules.

La journaliste Julie K. Brown, du Miami Herald, a reçu une citation spéciale pour son « travail pionnier » en 2017 et 2018 sur le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein. « Sa série “Perversion of Justice”, publiée il y a près de dix ans, a révélé comment les procureurs avaient protégé Epstein de poursuites fédérales pour trafic sexuel lorsqu’il avait été accusé pour la première fois d’avoir abusé de jeunes femmes », a rappelé Miller.

Le New York Times a également remporté le prix de la photo d’actualité pour les images « obsédantes et sensibles » de Saher Alghorra montrant « la dévastation et la faim à Gaza résultant de la guerre avec Israël ».

L’agence Reuters a été récompensée dans la catégorie reportage national pour sa couverture de l’usage par Trump de ses pouvoirs exécutifs et de l’influence de ses partisans pour « assouvir sa vengeance contre ses ennemis ».

L’agence Associated Press a été distinguée dans la catégorie reportage international pour avoir montré comment le gouvernement américain a permis à des entreprises des États-Unis de vendre des technologies de surveillance à la Chine.

Le Pulitzer du reportage explicatif est revenu au San Francisco Chronicle pour sa série consacrée aux conséquences des incendies de Los Angeles, qui montre comment les assureurs ont sous-évalué les biens détruits, rejeté les demandes d’indemnisation des propriétaires et freiné leurs efforts de reconstruction.

Reuters a également remporté le Pulitzer du reportage spécialisé, salué par le comité pour une couverture « inventive et révélatrice » de la manière dont Meta a sciemment exposé ses utilisateurs à des escroqueries et à des manipulations par l’IA.

Le Pulitzer du reportage de dernière minute a été décerné au Minnesota Star Tribune pour sa couverture d’une fusillade survenue lors d’une messe de rentrée dans une école catholique, qui a fait deux enfants morts et 17 blessés. Cette couverture a mis en lumière l’ampleur des violences par armes à feu aux États-Unis et les limites des efforts pour y faire face.

Le prix Pulitzer du grand reportage a récompensé Aaron Parsley, de Texas Monthly, pour son récit des inondations au centre du Texas qui ont détruit sa maison et coûté la vie à son neveu.

Créés par le testament de l’éditeur de presse Joseph Pulitzer, les prix ont été décernés pour la première fois en 1917. Les lauréats reçoivent 15 000 dollars, et la récompense pour le service public s’accompagne d’une médaille d’or. Les décisions sont prises par le conseil du prix Pulitzer, basé à l’université Columbia, à New York.

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