Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Fantômes coloniaux, vierges et réalisateurs nazis : la sélection 2026 de l’International Booker

Prix International Booker 2026 : aperçu de la liste des finalistes
Prix International Booker 2026 : aperçu de la sélection finale Tous droits réservés  Credit: India Hobson for Booker Prize Foundation
Tous droits réservés Credit: India Hobson for Booker Prize Foundation
Par Theo Farrant
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button

La sélection 2024 du International Booker Prize, forte de six romans, entraîne les lecteurs de Taïwan à l’ère coloniale japonaise aux studios de propagande du régime nazi.

L’attente touche presque à sa fin. Le lauréat de l’International Booker Prize 2026 sera dévoilé cette semaine.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Six œuvres traduites remarquables sont en lice pour le grand prix de 57 000 € et l’honneur de se voir décerner l’une des distinctions littéraires les plus prestigieuses au monde.

Chaque auteur et chaque traducteur retenus sur la liste finale reçoivent également près de 3 000 €.

Le prix récompense chaque année un seul livre, traduit en anglais et publié au Royaume-Uni ou en Irlande.

Cette année, cinq des six auteurs sélectionnés sont des femmes, tout comme quatre des six traducteurs, et les ouvrages ont été écrits à l’origine dans cinq langues différentes ; auteurs et traducteurs réunis représentent huit nationalités.

La présidente du jury et romancière Natasha Brown estime que les six ouvrages finalistes « saisissent des moments de tout le siècle écoulé ; ces livres résonnent de l’histoire ».

Elle ajoute : « En relisant chacun d’eux, nous y avons trouvé de l’espoir, de la lucidité et une humanité brûlante, ainsi que des personnages inoubliables vers lesquels, j’en suis sûre, les lecteurs reviendront encore et encore. »

La sélection 2026 de l’International Booker Prize
La sélection 2026 de l’International Booker Prize Credit: International Booker Prize/India Hobson

Voici ce qu’il faut savoir sur chacun des prétendants.

Taiwan Travelogue - Yáng Shuāng-zǐ, traduit par Lin King

Situé dans le Taïwan des années 1930, sous domination coloniale japonaise, le roman suit l’écrivaine japonaise Aoyama Chizuko et son interprète taïwanaise dans leur voyage autour de l’île.

Au cœur du récit se trouve la relation intime entre les deux femmes, traversée par un désir queer, des élans inavoués et les tensions de la vie coloniale, qui se jouent au fil des repas partagés et des phrases laissées en suspens.

« Grâce à une écriture sensuelle autour de la nourriture, des dialogues hilarants et des pirouettes métafictionnelles, ce roman est impossible à lâcher. Taiwan Travelogue réussit un incroyable grand écart : à la fois délicieuse histoire d’amour et roman postcolonial incisif », soulignent les membres du jury.

Publié pour la première fois en chinois mandarin en 2020, il a remporté le Golden Tripod, le prix littéraire le plus prestigieux de Taïwan, avant d’être traduit en anglais.

She Who Remains - Rene Karabash, traduit par Izidora Angel

Situé au sein d’une communauté albanaise en voie de disparition, régie par l’ancien Kanun de Lekë Dukagjini – un code juridique qui considère les femmes comme des biens –, ce roman met au centre Bekija, 33 ans, confrontée à un mariage forcé.

Sa porte de sortie consiste à prendre le nom de Matija et à devenir la dernière « vierge jurée » de la communauté, en opérant une transition sociale du féminin vers le masculin.

Selon le jury, le roman « saisit à la perfection l’incertitude mouvante des souvenirs douloureux. Matija est une narratrice fascinante, dont l’histoire nous a complètement emportés ».

The Witch - Marie NDiaye, traduit par Jordan Stump

Publié initialement en français en 1996, The Witch raconte l’histoire de Lucie, une sorcière « médiocre » coincée dans un mariage étouffant de petite ville française. Ses filles héritent de ses pouvoirs et quittent aussitôt le nid – au sens propre –, son mari s’en va et la famille qu’elle avait construite se délite autour d’elle.

Drôle, onirique, dérangeant et envoûtant, The Witch met en lumière, selon le jury, les mystères de la féminité et de la maternité.

« La langue de ce roman – et celle de la traduction de Jordan Stump – est exquise : les phrases se tordent et se métamorphosent de manière inattendue », estiment les jurés.

The Nights Are Quiet In Tehran - Shida Bazyar, traduit par Ruth Martin

S’ouvrant dans le sillage de la révolution iranienne de 1979 et s’étendant sur quatre décennies, The Nights Are Quiet In Tehran suit une famille à travers bouleversements et exil.

Chacune des quatre parties est racontée par un membre différent de la famille : un père révolutionnaire, une mère passionnée de littérature, une fille qui découvre l’Iran pour la première fois, un fils happé par la politique lors du Mouvement vert de 2009, chaque section étant située à dix ans d’intervalle.

The Nights Are Quiet in Tehran est un roman bouleversant sur l’oppression, la résistance et le désir absolu de liberté.

The Director - Daniel Kehlmann, traduit par Ross Benjamin

Lorsque les nazis prennent le pouvoir dans les années 1930, G. W. Pabst, l’un des plus grands cinéastes de l’histoire, tourne en France. Pour fuir les horreurs de la nouvelle Allemagne, il s’exile à Hollywood. Mais sous le soleil éclatant de Californie, le réalisateur mondialement célèbre a soudain des allures de parfait inconnu. Même Greta Garbo, qu’il a révélée, ne peut rien pour lui.

The Director est un roman sur les dangereuses illusions du grand écran. Il plonge dans la vie d’un artiste et dans son pacte avec le diable, tout en explorant les relations complexes et les frontières mouvantes entre art et pouvoir, beauté et barbarie.

On Earth As It Is Beneath - Ana Paula Maia, traduit par Padma Viswanathan

Sur des terres où des personnes réduites en esclavage ont autrefois été torturées et assassinées, l’État a construit en pleine nature une colonie pénitentiaire où les détenus peuvent être « réhabilités », mais jamais s’évader.

Mais dans les derniers jours de la prison, une nouvelle horreur est mise en scène : chaque nuit de pleine lune, les prisonniers sont lâchés, le directeur s’arme de fusils et la chasse commence.

Le jury le décrit comme « un roman troublant qui nous plonge au sein d’un groupe d’hommes isolés dont les liens se délitent de façons à la fois difficiles à comprendre et impossibles à détourner du regard ».

L’ouvrage lauréat sera annoncé à partir de 23 h (heure d’Europe centrale) le mardi 19 mai 2026, lors d’une cérémonie à la Tate Modern, à Londres.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

À vos oreilles : Audible ouvre à New York une librairie éphémère sans livres imprimés

Fantômes coloniaux, vierges et réalisateurs nazis : la sélection 2026 de l’International Booker

Espagne : Shakira gagne sa bataille contre le fisc et récupérera plus de 55 millions d'euros