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Cinéma : Canal+ annonce le boycott des membres du collectif "Zapper Bolloré"

Marina Foïs, Javier Bardem, Victoria Luengo, Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña à la première du film L'Être aimé" lors du 79e Festival de Cannes, le samedi 16 mai 2026
Marina Foïs, Javier Bardem, Victoria Luengo, Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña à la première du film L'Être aimé" lors du 79e Festival de Cannes, le samedi 16 mai 2026 Tous droits réservés  AP Photo/John Locher
Tous droits réservés AP Photo/John Locher
Par Vincent Reynier
Publié le Mis à jour
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Un collectif de 600 professionnels du cinéma français dénonçait la semaine dernière "la concentration inédite de la chaîne de financement" des films entre les mains de Vincent Bolloré. En réponse, le directeur de Canal+, Maxime Saada, "ne souhaite plus que Canal travaille" avec les signataires.

Le directeur général du groupe Canal+, Maxime Saada, "ne souhaite plus que Canal+ travaille avec les signataires" de la tribune publiée la semaine dernière par le collectif "Zapper Bolloré", dans laquelle 600 professionnels du cinéma français alertent contre la mainmise croissante du magnat dans le secteur.

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"J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes de Canal + qui s’attachent à défendre l’indépendance du groupe dans toute la diversité de ses choix", a indiqué dimanche Maxime Saada.

"Si certains en viennent à qualifier Canal+ de “crypto-fasciste”, alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux. La limite est là. Il n’est pas acceptable qu’il n’y ait pas de considération pour le travail de nos équipes", a-t-il poursuivi.

Quant au principal intéressé, Vincent Bolloré, il n'a encore réagi publiquement ni à la tribune ni au mouvement de contestation au Festival de Cannes. Le 19 avril dernier, dans les colonnes du Journal du Dimanche, il avait cependant dénoncé le "vacarme d’une "petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous".

La contestation gagne le Festival de Cannes

Dans le même temps, la fronde contre Vincent Bolloré continue de prendre de l'ampleur au Festival de Cannes, où des actes de protestation ont visé le logo de Canal+ lors de la projection de plusieurs films ces derniers jours.

Dès la cérémonie d'ouverture du festival, le mardi 12 mai, alors que les logos des financeurs de "La Vénus Électrique" défilaient, le logo du groupe Canal+ a été accueilli par un "silence glacial".

Samedi en fin d'après-midi, lors de la projection de "L'Être aimé", le critique de cinéma Carlos Gomez a rapporté à France 3 Côte d'Azur que "lorsque le logo Canal est apparu au générique, il a été hué et sifflé", et que le nom de Vincent Bolloré a également suscité des réactions.

Et rebelote quelques heures plus tard, lors de la diffusion en avant-première du nouveau film de Quentin Dupieux, "Full Phil", les applaudissements des quelque 2 300 spectateurs présents dans l'auditorium Louis-Lumière laissant place à des hués et à de violentes invectives quand le logo de StudioCanal est apparu à l'écran.

Un acte de contestation inédit lors du Festival de Cannes qui a largement circulé depuis sur les réseaux sociaux.

Une "bataille culturelle"

Cette vague de protestation à l'encontre de Vincent Bolloré fait suite à la publication d'une tribune contestant son emprise grandissante dans le secteur du cinéma français, publiée la semaine dernière par Libération.

Adèle Haenel, Raymond Depardon, Jean-Pascal Zady ou encore Juliette Binoche figurent parmi les 600 professionnels du secteur qui s'inquiètent de l'influence du milliardaire breton, rappelant que "le groupe Canal + a acquis 34 % du capital d’UGC, le troisième plus grand réseau de salles de cinéma françaises, avec la perspective d’acquérir 100 % des parts d’ici à 2028".

Selon ce collectif qui se fait appeler "Zapper Bolloré", cette opération permettrait au magnat de "contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran".

Vincent Bolloré arrive au Sénat le mercredi 22 juin 2016, à Paris
Vincent Bolloré arrive au Sénat le mercredi 22 juin 2016, à Paris Photo AP/Kamil Zihnioglu

"Derrière son costume d’homme d’affaires, le milliardaire ne cache pas qu’il mène un "projet civilisationnel", réactionnaire d’extrême droite, à travers ses chaînes de télé comme CNews et ses maisons d’édition", affirme la tribune. "Si l'influence de cette offensive idéologique sur le contenu des films a été pour le moment discrète, nous ne nous faisons pas d’illusion : ça ne durera pas".

Évoquant une véritable "bataille culturelle", le collectif affirme qu'"en laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite", le cinéma français risque "non seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif".

Canal+ figure parmi les principaux investisseurs du cinéma français, et le groupe s’est engagé à y investir au minimum 480 millions d’euros au total durant la période 2025-2027.

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