Combien en avez-vous vu ? Êtes-vous d'accord avec notre classement du premier semestre 2026 ?
Nous avons dépassé la moitié de l’année 2026, l’heure est donc venue de revenir sur les films qui ont déjà marqué notre année.
Le critère de cette liste est le suivant : les films doivent être sortis dans les salles européennes - ou en ligne - à partir de janvier 2026, peu importe si certains titres sont sortis l’an dernier aux États-Unis.
Avant de lancer notre compte à rebours vers le meilleur film de l’année à ce jour, ne vous étonnez pas de ne pas voir apparaître des titres comme The Blue Trail, The Voice of Hind Rajab, Sorda ou Sirāt. Ils sont sortis l’an dernier en Europe continentale et figurent déjà dans notre liste des meilleurs films de 2025.
Sans plus attendre, voici les pépites que vous devriez enfin rayer de votre liste de films à voir si ce n’est pas déjà fait.
20) Send Help
Pour ouvrir notre classement, nous avons droit à un film d’horreur original classé R, joyeusement vicieux, signé par le légendaire Sam Raimi. Le point de départ de Send Help est simple : Rachel McAdams incarne une chercheuse en entreprise sous‑estimée, tandis que Dylan O'Brien joue le PDG fils à papa et suffisant qui lui pourrit la vie – jusqu’à ce qu’un crash aérien les échoue sur une île isolée. La hiérarchie du bureau s’effondre spectaculairement. Le point de départ n’a rien de très original, mais McAdams et O'Brien affichent une alchimie formidable, Raimi livre tout le gore outrancier et kitsch qu’on attend de lui, et les rebondissements suffisent à vous tenir en haleine de bout en bout. La définition même du bon film pop‑corn. TF
19) I Swear
Inspiré de l’incroyable histoire vraie de John Davidson, diagnostiqué du syndrome de Tourette à l’adolescence dans l’Écosse des années 1980, I Swear retrace son parcours d’élève harcelé à militant qui recevra plus tard un MBE pour son action. Certains spectateurs lèveront peut‑être les yeux au ciel devant sa recette consensuelle et feel‑good, mais l’interprétation principale de Robert Aramayo, récompensée aux BAFTA, portée par d’excellents seconds rôles comme Maxine Peake et Peter Mullan, hisse le film bien au‑dessus des conventions. Il reste constamment drôle, touchant et pédagogique sans jamais donner l’impression de faire la leçon. Les attaques dont Davidson a été la cible après ses débordements involontaires lors des BAFTA de cette année ont rappelé à quel point les préjugés qu’il combat depuis des décennies sont toujours vivants – et pourquoi des histoires comme I Swear doivent encore être racontées. TF
18) Mother Mary
Le scénariste‑réalisateur David Lowery (A Ghost Story, The Green Knight) dirige Anne Hathaway dans le rôle de la pop star éponyme, en quête désespérée de come‑back. Elle se présente chez son ancienne amie et créatrice de mode, Sam Anselm (Michaela Coel), et la supplie de lui confectionner une robe pour un prochain concert en tête d’affiche. La tenue doit incarner la renaissance de Mother Mary. Puis les choses dérapent… Mother Mary est une pièce de chambre imprégnée d’angoisse qui évolue en récit gothique de fantômes, où le métaphysique rejoint le spirituel jusqu’à déboucher sur l’exorcisme de traumatismes partagés. Résolument étrange et volontairement bavard, Lowery en fait le pendant psychodramatique idéal d’une séance double tordue avec In Fabric de Peter Strickland. Plus encore, il signe un objet audacieux et extravagant qui vous hantera longtemps. Comme un morceau de tissu rouge scintillant. DM
17) Twinless
À première vue, Twinless ressemble à une comédie décalée sur deux inconnus réunis par un deuil commun. Mais le deuxième long métrage de James Sweeney se révèle peu à peu bien plus complexe : une exploration acérée, émotive, étrange et souvent inconfortable du manque, de la solitude, de l’amour et du besoin d’être vu. Avec Dylan O'Brien, qui signe peut‑être la plus belle performance de sa carrière, et Sweeney qui s’affirme comme un véritable homme‑orchestre – scénariste, réalisateur et acteur –, ce film merveilleusement singulier, hilarant et déchirant est tout simplement incontournable. TF
16) Jim Queen à la recherche de la Chloroqueer (Jim Queen and the Quest for Chloroqueer)
Présentée à Cannes, cette comédie animée est l’un des succès inattendus de l’année en France et il serait dommage de passer à côté. Pour leur premier passage derrière la caméra, Nicolas Athané et Marco Nguyen racontent l’histoire de Jim, icône gay de la scène parisienne, dont le monde bascule lorsqu’il commet un fashion faux pas et se met à comprendre la règle du hors‑jeu au football… L’impensable est arrivé : il a contracté l’Hétérosis, devenant la dernière victime d’une épidémie virale qui transforme les homosexuels en hétéros. À lui et à son nouveau pote twink, Lucien, de partir en quête d’un remède capable d’éviter l’extinction des gays. Jim Queen se déploie comme une déclaration d’amour drôle, irrévérencieuse et auto‑dérisoire à la communauté LGBTQ+. C’est un appel aux armes, clairement redevable à l’expérience du Covid, qui affronte l’homophobie et les menaces persistantes qui pèsent sur les personnes gays dans la société contemporaine. En présentant de façon satirique l’hétérosexualité comme un virus, le film décortique l’hétéronormativité sans oublier de se moquer aussi de la communauté queer, mettant ainsi tout le monde sur un pied d’égalité et adressant un doigt d’honneur à l’intolérance. Un triomphe. DM
15) Obsession
Dans la vision tordue de la dépendance affective proposée par Curry Barker, un désir dévorant mène au bain de sang et aux crânes cabossés. Après que Bear (Michael Johnston) a souhaité que sa meilleure amie Nikki (Inde Navarrette) l’« aime plus que quiconque au monde », celle‑ci devient aussitôt possédée – et de plus en plus erratique dans son désespoir. C’est tout le contraire d’une histoire d’amour : une expulsion gore de limérence toxique, d’attentes dysfonctionnelles et d’immaturité émotionnelle. La performance de Navarrette se distingue par sa viscéralité bouleversante : ses sourires crispés sont en permanence en guerre avec la détresse de son moi perdu. À l’image de Backrooms (dont on reparle plus loin), Obsession annonce une nouvelle ère du cinéma d’horreur : audacieuse, innovante, puisant dans le subconscient inquiétant de l’ère numérique. AB
14) Amélie et la métaphysique des tubes (Little Amelie or the Character of Rain)
Adapté du best‑seller autobiographique « Métaphysique des tubes » d’Amélie Nothomb, ce film d’animation franco‑belge situé dans les années 1960 suit une fillette vivant à Kobe, au Japon, ville marquée par les cicatrices de la guerre. À la naissance, Amélie est diagnostiquée comme un « légume ». La voix off, pourtant, nous dit qu’elle est bien plus que cela… Le jour de son deuxième anniversaire, un séisme survient, qui provoque le réveil d’Amélie, sa sortie de l’état végétatif et sa réaction à tout ce qui l’entoure. Les réalisateurs Maïlys Vallade et Liane‑Cho Han signent une ode émouvante à l’enfance, aux liens interculturels et aux pouvoirs du chocolat belge. C’est une histoire prenante sur la magie de la prise de conscience enfantine, mais aussi un voyage vers l’idée que l’on n’est pas le centre divin de l’univers, seulement une partie d’un tout. Porté par une magnifique animation 2D mêlant styles européens et japonais, et par une superbe partition de Mari Fukuhara, Little Amelie or the Character of Rain rappelle une fois de plus à quel point l’animation, si souvent reléguée au rang de divertissement « pour enfants », peut explorer certaines des émotions les plus complexes à travers des récits en apparence simples. DM
13) The Invite
Après son excellent premier film Booksmart (2019) et le très controversé, bien moins réussi Don't Worry Darling (2022), Olivia Wilde revient en force avec son troisième long métrage, sans doute le meilleur à ce jour, The Invite. Remake du film espagnol Sentimental de Cesc Gay (2020), il suit Joe (Seth Rogen) et Angela (Olivia Wilde), un couple épuisé et malheureux qui invite leurs voisins du dessus, Pina (Penélope Cruz) et Hawk (Edward Norton), à passer la soirée chez eux. La vie sexuelle débordante de leurs invités s’est déjà fait largement entendre à travers le plafond, mais au fil de la nuit, les conversations gênées laissent place à une exploration hilarante et, de manière inattendue, émouvante de l’amour, du désir et des relations contemporaines. TF
12) The Odyssey
Il a ressuscité Batman, organisé un casse dans les rêves, exploré l’espace et remporté plusieurs Oscars grâce à sa biographie de trois heures sur la naissance de la bombe atomique… Que fait Christopher Nolan ensuite ? Il a embrassé son Kubrick intérieur, n’ayant peur ni de l’ampleur ni de la démesure, et a adapté l’une des œuvres littéraires les plus anciennes connues, réputée quasiment inadaptable. Comme si cela ne suffisait pas, il l’a entièrement tournée en IMAX, une première mondiale. Si la lecture que fait Nolan de l’épopée fondatrice d’Homère est sans conteste son entreprise la plus ambitieuse et que l’on ne peut qu’admirer la prouesse technique monumentale, le résultat reste inégal. La propension du réalisateur aux constructions narratives non linéaires lui joue des tours : The Odyssey se voit souvent handicapé, dans sa première moitié, par des choix de montage maladroits et des problèmes de rythme. En outre, davantage de temps aurait pu être consacré aux périlleuses aventures d’Ulysse pour que les moments de bravoure marquent vraiment. Lorsque le film se resserre enfin dans son dernier acte, on en ressort impressionné, mais sans avoir ressenti beaucoup d’émotions portées par les personnages. Ni vraiment de plaisir, dont l’épopée d’Homère ne manque pourtant pas. Même si The Odyssey n’est pas le chef‑d’œuvre absolu que certains, pris dans la hype, proclament, il est indéniable que seul Nolan pouvait mener à bien un événement de cinéma aussi audacieux. DM
11) Marty Supreme
Descente sous adrénaline dans le chaos et les catastrophes que provoque la poursuite d’un rêve, Marty Supreme n’est pas pour les âmes sensibles. Situé dans la Nouvelle‑York des années 1950, gonflée d’hubris d’après‑guerre, il suit un jeune homme nommé Marty Mauser (Timothée Chalamet), prêt à tout – y compris à défier un parrain de la mafia furieux comme jamais – pour devenir le plus grand champion de tennis de table au monde. Imprégné du stress cinématographique typique des Safdie, c’est un festival d’angoisse ininterrompu qui vous fera regarder à travers vos doigts en murmurant « oh non ». Mais c’est aussi un portrait de personnage sensoriel et captivant qui, tout en tissant le chaos, détricote avec brio le mythe du rêve américain. AB
10) The Drama
Dans cette satire à l’humour noir, Kristoffer Borgli retourne comme un gant le côté mignonnet des comédies romantiques, en exposant les entrailles peu reluisantes des relations au long cours. Après une rencontre trop parfaite dans un café, Emma (Zendaya) et Charlie (Robert Pattinson) tombent amoureux et se fiancent. À mesure que le mariage approche, les angoisses remontent à la surface – et un jeu alcoolisé du type « quel est le pire truc que tu aies jamais fait ? » transforme leur couple en apparence parfait sur Instagram en enfer instantané. C’est une démolition au scalpel de nos idéaux à l’ère des faux‑semblants sur les réseaux sociaux, qui navigue entre passé et présent pour saisir les tromperies à étages de nos identités. On rit, on se tortille de malaise et l’on se surprend à se demander : connaît‑on vraiment quelqu’un ? Même soi‑même ? AB
9) Mr Nobody Against Putin
Plus tôt cette année, un tribunal russe a interdit la diffusion de Mr Nobody Against Putin, les autorités estimant que le documentaire oscarisé véhiculait des « attitudes négatives » envers le gouvernement et la guerre en Ukraine. Si cet acte manifeste de censure ne suffit pas à éveiller votre curiosité, nous ne savons pas ce qu’il vous faut. Réalisé par David Borenstein et Pavel « Pasha » Talankin, le film suit Talankin – un enseignant frondeur qui filme en secret le quotidien d’une école à Karavash, dans la région de Tcheliabinsk. Tournées sur deux ans, ses images racontent comment l’administration Poutine tente de contrôler la perception publique de la guerre en cours en Ukraine. Ce puissant réquisitoire montre comment des cours de propagande pro‑guerre et des « manifestations patriotiques » ont été introduits dans les classes après 2022, mettant en lumière les « innombrables petits actes de complicité » évoqués par Talankin lors de son discours aux Oscars. C’est un récit d’endoctrinement, de radicalisation et de militarisation, mais surtout de la bravoure d’un homme qui est loin d’être un « nobody ». Il offre au public occidental non seulement un portrait du quotidien russe, mais aussi un instantané éclairant de la guerre idéologique qui devrait nous bousculer. Ses échos occidentaux sont évidents. Et inquiétants. DM
8) In die Sonne schauen (Sound Of Falling)
Le premier film de la réalisatrice allemande Mascha Schilinski, Dark Blue Girl (2017), était prometteur, mais rien ne nous préparait à Sound of Falling, qui lui a valu le Prix du jury au dernier Festival de Cannes. C’est un drame initiatique déroutant qui suit quatre générations de filles liées par une ferme sinistre dans la région de l’Altmark. En passant par quatre périodes historiques (avant la Première Guerre mondiale, après la Seconde, l’Allemagne de l’Est des années 1980 et le XXIe siècle), le film compose un puzzle ambitieux et perturbant sur la féminité et les traumatismes générationnels tus. À mesure que conversations et situations se répondent à travers le temps et que certains éléments éthérés s’immiscent, Schilinski déstabilise magistralement son public par le biais d’énigmes pour mieux l’immerger. Inutile de préciser qu’il ne s’agit pas d’un divertissement léger du vendredi soir ; mais ceux qui recherchent une pépite de cinéma d’auteur à la dimension romanesque, annonçant l’émergence d’une cinéaste prometteuse, auraient tout intérêt à le découvrir. DM
7) Backrooms
Situé dans le beige solitaire de l’Amérique rurale des années 1990, Backrooms suit un vendeur en colère (Chiwetel Ejiofor) et sa thérapeute traumatisée (Renate Reinsve) qui découvrent un espace caché derrière un magasin de meubles. Sans fenêtres et silencieux – si l’on exclut le bourdonnement basse fréquence des néons –, le lieu ressemble à une régurgitation de la réalité. Un endroit où cauchemars et nostalgie se mêlent, et où ce qui nous effraie le plus rôde au milieu d’un labyrinthe sans fin de pièces moquettées. Réalisé par Kane Parsons, 20 ans à peine, c’est une œuvre remarquablement créative et inquiétante. À travers le prisme de la culture internet, elle saisit les angoisses contemporaines et les boucles ruminatives dans lesquelles nous nous enfermons. AB
6) No Other Choice
Park Chan‑wook rate rarement sa cible, et No Other Choice rappelle une fois de plus pourquoi il est l’un des meilleurs réalisateurs en activité. Cette comédie délicieusement sombre suit un père de famille (incarné par Lee Byung‑hun) qui perd son emploi à cause de l’automatisation et décide que la seule façon de retrouver du travail est de supprimer la concurrence. À la fois thriller, satire et comédie absurde, le film est férocement drôle tout en proposant un commentaire acéré sur le capitalisme, la précarité de l’emploi et les effets déshumanisants du travail moderne. Stylé, imprévisible et brillamment construit, il mérite bien plus d’attention qu’il n’en a reçu. TF
5) 28 Years Later: The Bone Temple
Ce deuxième opus de la trilogie 28 Years est un film tonitruant et brutal qui tend un miroir à la société britannique – et s’accroche à la bienveillance dans un monde corrompu par la rage. Dans le prolongement de 28 Years Later, nous retrouvons le jeune Spike (Alfie Williams), retenu prisonnier par un gang violent de satanistes appelé les Jimmies. Pendant ce temps, le Dr Ian Kelson (Ralph Fiennes) se lie avec un Alpha au dos arraché (Chi Lewis‑Parry) et découvre que le virus de la Rage qui ravage les îles britanniques pourrait en fait être soigné. Grâce à la mise en scène assurée de Nia DaCosta, la franchise se hisse au rang de spectacle tourbillonnant, entre euphorie et nausée ; les zombies laissent place aux horreurs – et aux espoirs – de l’humanité. AB
4) The Testament of Ann Lee
Amanda Seyfried livre son interprétation la plus impressionnante à ce jour dans The Testament of Ann Lee, où elle incarne une prédicatrice du XVIIIe siècle à la tête des Shakers, une secte de Quakers chantants. Sa interprétation féroce de la ferveur religieuse porte le drame inclassable de Mona Fastvold, coécrit avec son compagnon Brady Corbet (The Brutalist). C’est à la fois une biographie historique, une comédie musicale folk chorégraphiée d’une grande étrangeté, et une curiosité fascinante qui comprend que les actes spirituels de dévotion peuvent se manifester à l’écran par l’émancipation féminine. Ce ne sera pas au goût de tout le monde – et mettra les nerfs à l’épreuve avec ses 137 minutes. Mais si l’on se laisse happer par ses rythmes fiévreux et que l’on accepte son caractère insaisissable, The Testament of Ann Lee se révèle des plus gratifiants. Et même si la demande est conséquente compte tenu de sa durée, le revoir une seconde fois provoque à la fois le vertige et l’éblouissement. DM
3) The Mastermind
Josh O’Connor a continué de prendre de l’envergure cette année dans la romance d’époque d’Oliver Hermanus The History of Sound et dans Disclosure Day de Steven Spielberg ; mais le film le plus abouti, de loin, est The Mastermind de Kelly Reichardt. Présenté comme un film de braquage centré sur un père de famille en difficulté qui projette de voler des œuvres dans une galerie de banlieue, il ressemble davantage à une étude de personnage à combustion lente, à la fois sur un voleur en devenir et sur le rêve américain. Sur fond de guerre du Vietnam, ce drame naturaliste est une œuvre d’observation discrètement captivante sur la prise de conscience, rampante, que l’on est peut‑être l’architecte de sa propre chute. Pour l’homme, par son sentiment de droit acquis et sa totale inconscience ; pour la nation, par une ignorance obtuse d’un système qui mène tout le monde à l’échec. Porté par le grain vintage du 35 mm et un souci du détail d’époque que des cinéastes moins exigeants auraient négligé, The Mastermind prouve pourquoi O'Connor est l’un des acteurs les plus courtisés de sa génération, tout en confirmant que Reichardt est la réalisatrice la plus singulière et constante de la sienne. DM
2) Pillion
Attachez vos sangles : Pillion de Harry Lighton est sans conteste le premier film le plus audacieux de l’année – une romance queer BDSM d’une tendresse désarmante, qui trouve une profondeur émotionnelle surprenante sous tout son déballage de fellations, baillons à boule, léchages de bottes et autres délires fétichistes. On y suit Colin (Harry Melling), jeune homme maladroit et solitaire dont la vie terne bascule lorsqu’il rencontre Ray (Alexander Skarsgård), chef stoïque et incroyablement séduisant d’un gang de motards. À mesure que Colin est propulsé – littéralement – dans un univers de domination, de soumission, de pratiques BDSM et de culture biker, le public l’est aussi. C’est joué de manière magistrale, vraiment drôle et, étrangement, profondément émouvant. La présence de Skarsgård en cuir ne gâche rien, bien au contraire. TF
1) Kota (Hen)
Même si beaucoup attribueront la première place à The Odyssey de Christopher Nolan, notre choix numéro un pour 2026 jusqu’à présent revient à une autre odyssée, elle aussi située en Grèce. Adoptant le point de vue d’une poule qui s’échappe d’un élevage en batterie, Hen du réalisateur hongrois György Pálfi se déroule comme un voyage épique qui dépasse largement les seules proportions aviaires. Mêlant comédie noire et horreur pour sa version décalée de Chicken Run, le réalisateur et son chef opérateur Giorgos Karvelas – qui saisit brillamment une certaine vue en plongée de notre héroïne plumée – montrent les épreuves dignes d’Ulysse que la résistante poulette affronte. Renards, faucons, coqs lubriques, chiens et cruauté des hommes jalonnent son périple semé d’embûches vers un refuge. Le montage est formidable, le dressage animalier frôle l’invraisemblable et la parabole sur les travers de l’humanité se révèle captivante. Pálfi ne tire jamais trop sur ce fil – ni sur le pathos anthropomorphique – même lorsque les parallèles avec la réalité de la mondialisation et de la traite humaine deviennent évidents. La comparaison avec Gunda de Viktor Kossakovsky, EO de Jerzy Skolimowski ou même Cow d’Andrea Arnold est inévitable, même si le véritable frère de route serait plutôt Flow, lauréat de l’Oscar l’an dernier. Quoi qu’il en soit, ce que Pálfi a créé en 2026 est très particulier. Il prouve que les odyssées les plus palpitantes et périlleuses n’ont pas toujours besoin de la plus grande échelle, du plus gros budget ni de la hype la plus frénétique. Parfois, il suffit d’une petite poule courageuse qui se bat pour survivre. DM
Voilà pour notre sélection. Si vous estimez que certaines absences sont de taille, sachez que celles de Hamnet, Project Hail Mary, Disclosure Day et Toy Story 5 sont volontaires. Dites‑nous ce que vous en pensez dans les commentaires ci‑dessous.
Qu’avons‑nous manqué et quels ont été vos grands moments de cinéma cette année ?
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