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Les ours bruns de Suède, sauvés de l’extinction, menacés à nouveau par la chasse annuelle ?

Des ours bruns en Suède.
Les ours bruns en Suède. Tous droits réservés  Andrea Friebe via Biosphere Expeditions.
Tous droits réservés Andrea Friebe via Biosphere Expeditions.
Par Liam Gilliver
Publié le
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En 2024, la Suède a délivré, non sans controverse, des permis pour abattre 20 % de sa population d’ours bruns lors d’une chasse annuelle. Elle veut désormais aller plus loin.

Les ours bruns de Suède comptent parmi les plus grandes réussites de conservation en Europe. Autrefois au bord de l’extinction, leur population est tombée à un niveau historiquement bas, autour de 100 individus, au début du XXe siècle.

Une gestion rigoureuse de la population, passant notamment par la réduction de la prédation des ours sur le bétail, une meilleure planification de l’utilisation des terres, l’installation de clôtures électriques et de parcs de contention, a permis un redressement rapide. En 2008, le nombre d’ours bruns a atteint un pic d’environ 3 300 individus.

Pourtant, en 2024, le pays a suscité la controverse en délivrant des permis pour abattre un peu moins de 500 ours bruns lors de sa chasse annuelle. Selon les chiffres officiels, cela représentait environ 20 % de la population totale de l’époque.

L’an dernier, le nombre d’ours bruns est tombé à environ 2 400 individus. Le gouvernement souhaiterait aller plus loin et ramener la population à 1 400, l’objectif national fixé pour un état de conservation jugé favorable. Et ce, malgré les mises en garde des défenseurs de l’environnement, qui estiment qu’une telle décision encouragerait la chasse aux trophées.

En plus des quotas de chasse autorisés par le gouvernement suédois, les ours peuvent également être abattus lors d’une « chasse de protection », lorsqu’ils sont considérés comme une menace pour la vie humaine ou les biens. Dans le nord du pays, des zones de pâturage ont été endommagées par les ours, et des témoignages font état d’animaux ayant dévoré aussi bien des veaux que des rennes adultes.

Les ours bruns de Suède s’apprêtent à regagner leurs tanières

À mesure que les ours reconquièrent les paysages forestiers, il devient de plus en plus important de savoir où ils s’abritent et où ils se reposent, afin de limiter les dérangements et de prévenir les conflits avec les humains.

À la fin du printemps, lorsque les ours sortent de leur tanière d’hiver et s’occupent de leurs petits, toute perturbation des sites de tanière et des zones de repos peut avoir de graves conséquences sur leur reproduction et leur survie.

C’est pourquoi un groupe de bénévoles internationaux se rendra en Suède centrale en mai pour aider les scientifiques à localiser et à documenter les tanières hivernales et les lieux de repos estivaux des ours bruns.

Cette expédition de conservation de dix jours se déroulera du 25 mai au 3 juin dans les forêts et zones humides du Dalarna. Elle est menée par l’organisation à but non lucratif Biosphere Expeditions et parcourra des zones isolées pour identifier des sites de tanières en l’absence des ours.

Les scientifiques citoyens seront guidés par les données de localisation des colliers GPS afin de minimiser le dérangement pour les animaux.

« Essentiel » pour la conservation

Savoir où les ours se réfugient et se reposent est « essentiel » pour une conservation efficace, affirme le Dr Matthias Hammer, fondateur de Biosphere Expedition.

« Des données précises sur les tanières permettent de protéger les sites de reproduction et réduisent la probabilité de conflits entre les ours et les populations humaines », ajoute-t-il.

Depuis 2019, l’expédition constitue un volet important de collecte de données du Scandinavian Brown Bear Research Project, en apportant chaque année, sur une courte mais intensive période de terrain, un volume conséquent d’informations sur les tanières et les excréments, au service de l’une des plus anciennes études au monde sur l’ours brun.

« Chaque année, nous avons besoin de personnes prêtes à donner de leur temps pour les animaux afin de nous aider sur le terrain, par exemple pour cartographier les tanières, repérer les lieux de repos diurnes des ours et leurs crottes », explique la scientifique de l’expédition, la Dre Andrea Friebe.

« Comme nous perdons désormais chaque année tant d’ours à cause des chasses, nous avons commencé à les suivre grâce à des pièges photographiques. Plus nous aurons de scientifiques citoyens pour nous aider dans tout cela, mieux nous pourrons protéger les ours bruns en Suède. »

Vous trouverez plus d’informations sur le bénévolat au sein de Biosphere Expeditions ici.

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