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Comment les baleines s'adaptent au changement climatique : nouveaux régimes, bulles, partage

Une baleine à bosse saute hors de l'eau au large de Port Stephens, au nord de Sydney, en Australie, le 18 juin 2025.
Une baleine à bosse bondit au large de Port Stephens, au nord de Sydney, Australie, le 18 juin 2025. Tous droits réservés  Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved
Tous droits réservés Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved
Par Liam Gilliver
Publié le
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Des scientifiques ont analysé près de 30 ans de données pour saisir comment les baleines de l’Atlantique Nord s’adaptent à un monde qui se réchauffe.

La hausse des températures et l’intensification des activités humaines dans l’Atlantique Nord ont provoqué « des changements brusques » au sein des écosystèmes marins, en particulier pour les baleines.

Une nouvelle étude publiée dans Frontiers in Marine Science s’est penchée sur la façon dont le changement climatique influence le régime alimentaire de trois espèces de rorquals vivant dans le golfe du Saint-Laurent (GSL), une zone d’alimentation saisonnière importante pour de nombreuses baleines.

En analysant 28 ans de données, les chercheurs ont constaté une hausse du partage des ressources entre les rorquals communs, les rorquals à bosse et les petits rorquals. Il s’agit d’une stratégie écologique par laquelle des espèces se répartissent des ressources, comme la nourriture et l’espace, afin de minimiser la compétition et de coexister. En termes simples, les baleines deviennent plutôt douées pour partager.

Comment le changement climatique affecte le régime alimentaire des baleines

Les scientifiques ont recueilli plus de 1 000 échantillons de peau des trois types de baleines afin de déterminer ce qu’elles mangeaient et la place qu’elles occupent dans le réseau trophique. Ces échantillons ont été prélevés sur trois périodes ( 1992-200, 2001-2010 et 2011-2019) correspondant à des « changements des conditions environnementales », tels que des températures plus élevées et la fonte des glaces.

Les résultats montrent que la nourriture des baleines dans le GSL pourrait se raréfier, mais que celles-ci peuvent, et l’ont peut-être déjà fait, adapter leur régime aux proies disponibles.

« Des espèces très mobiles comme les baleines à fanons peuvent recourir à plusieurs stratégies pour réduire la compétition, par exemple en décalant leur période ou leur zone d’alimentation, ou en sélectionnant d’autres proies au sein d’une même aire d’alimentation », explique la première auteure Charlotte Tessier-Larivière.

Au fil du temps, toutes les espèces étudiées ont évolué vers des régimes plus riches en poissons. Les rorquals communs se nourrissaient principalement de krill dans les années 1990, mais ont commencé à consommer du capelan, du hareng et du maquereau dans les années 2000, avant de passer au lançon et au krill nordique dans les années 2010.

Les petits rorquals se nourrissaient principalement de poissons pélagiques, mais ont aussi consommé le krill plus fréquemment vers la fin de l’étude, tandis que les rorquals à bosse ont largement compté sur quelques espèces, comme le capelan, le hareng ou le maquereau, tout au long de la période étudiée.

Selon les chercheurs, ce basculement vers de nouvelles ressources alimentaires pourrait refléter une diminution de l’abondance du krill arctique.

La technique des bulles qui aide les populations de baleines à se rétablir

Modifier leur régime et partager les ressources ne sont pas les seuls atouts que les baleines ont perfectionnés pour s’adapter au monde moderne.

De nouvelles recherches menées à l’Université de St Andrews montrent que la « technique du filet de bulles » a été cruciale pour le rétablissement des rorquals à bosse dans le nord-est du Pacifique, où les populations avaient chuté en raison de la chasse.

Cette technique consiste pour un groupe de baleines à travailler de concert pour souffler des nuages de bulles qui concentrent des bancs de petits poissons en densités plus élevées, afin de les engloutir ensemble.

« Le filet de bulles n’est pas qu’une astuce de recherche de nourriture, c’est une forme de savoir partagé qui renforce la résilience de l’ensemble de la population », explique l’auteure principale la Dr Éadin O’Mahony.

Les chercheurs estiment que l’étude met en lumière la nécessité croissante d’intégrer la culture animale à la gestion marine, en particulier à mesure que les impacts humains sur les écosystèmes océaniques « s’intensifient ».

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