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L'UE doit conclure des accords commerciaux sur les matières premières critiques, insiste Thierry Breton

Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur
Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur Tous droits réservés Virginia Mayo/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

L'UE risque d'être reléguée par d'autres nations si elle n'agit pas d'urgence pour conclure davantage d'accords commerciaux pour l'approvisionnement en matières premières critiques, a déclaré jeudi le Commissaire européen en charge du Marché intérieur, Thierry Breton.

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"Il est juste de dire que nous avons perdu. Nous avons perdu notre avantage compétitif dans l'exploitation minière et la transformation", a insisté Thierry Breton, lors du sommet de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui s'est tenu jeudi à Paris.

"Cela est dû au fait que nous avons moins de réserves que dans d'autres régions, à la complexité administrative, aux coûts de l'énergie, mais aussi au fait que nous avons trop longtemps considéré que la décarbonation signifiait une délocalisation en dehors de l'UE, ce qui était une erreur", ajoute le Commissaire européen en charge du Marché intérieur.

L'UE dépend fortement de pays tiers pour son approvisionnement en minerais nécessaires à la production de technologies critiques telles que les batteries pour véhicules électriques et les semi-conducteurs. C’est la Chine qui domine actuellement le marché mondial des matières premières critiques.

L'obtention de permis d'exploitation pour les projets miniers et les usines de transformation prend également beaucoup de temps dans l'UE, ce qui lui donne un désavantage face à ses concurrents.

La loi européenne sur les matières premières critiques, adoptée en mars, vise à stimuler la production continentale et à diversifier les partenaires commerciaux afin de réduire la mainmise de la Chine sur ces éléments vitaux.

L'objectif est de voir l'UE transformer d'ici 2030 au moins 40 % de sa consommation annuelle de matières premières. L'Union dépend actuellement de la Chine pour 80 % de son approvisionnement en lithium et de 100 % pour les terres rares. Pékin a d’ailleurs récemment limité ses exportations vers l'Europe de deux métaux essentiels, le gallium et le germanium.

"Il est désormais clair que l'UE ne peut pas remplacer sa dépendance aux combustibles fossiles par une dépendance aux matières premières", insiste Thierry Breton.

Cette mise en garde intervient alors que la ministre australienne des Ressources, Madeline King, effectue une tournée en Europe afin de promouvoir son pays en tant que partenaire commercial fiable. Plus tôt dans la journée de jeudi, elle a signé un accord de coopération pour la fourniture de matières premières critiques avec la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

En début de semaine, Madeline King a toutefois averti que l'Union européenne risquait de "rater le coche" sur les livraisons de matières premières nécessaires à l'électrification de son économie si elle n'agissait pas aussi rapidement que ses concurrents.

Thierry Breton a confirmé que des accords avec la République démocratique du Congo (RDC) et l'Australie devraient être conclus "dans les prochains mois". L'Union européenne a récemment signé des ententes similaires avec le Canada, la Namibie, l'Argentine et le Chili.

Le programme européen d'investissement "Global Gateway", d'un montant de 300 milliards d'euros, sera utilisé pour encourager les projets d'exploitation des matières premières dans les pays partenaires, précise le Commissaire européen.

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