La décision du dirigeant polonais Donald Tusk fait suite aux tensions croissantes liées à l'immigration clandestine.
La Pologne a rétabli les contrôles aux frontières avec l'Allemagne et la Lituanie voisines en réponse à des mesures similaires imposées quelques semaines plus tôt par Berlin. Le ministère polonais de l'Intérieur a déclaré que ces contrôles visaient les passeurs qui transportaient des migrants de l'autre côté de la frontière. Les contrôles sont prévus pour une période de 30 jours, mais Varsovie n'a pas exclu de les prolonger.
"Il est important que les pays voisins soumis à des contrôles frontaliers temporaires se coordonnent étroitement afin de limiter au maximum l'impact de ces contrôles frontaliers, notamment en ce qui concerne la fluidité du trafic. La Commission est prête à faciliter la coopération si nécessaire" a commenté la situation Markus Lammert, porte-parole de la Commission européenne.
La législation européenne stipule que les États membres sont autorisés à introduire des contrôles temporaires aux frontières intérieures sous certaines conditions, notamment en cas de menace grave.
Depuis un mois, la Pologne reproche à Berlin de refouler sur son territoire des migrants souhaitant obtenir l'asile en Allemagne. L'opposition nationaliste et l'extrême droite accusent le gouvernement de Donald Tusk d'avoir "abdiqué" sur la question migratoire, l'accusant de laisser Berlin submerger la Pologne de migrants. Fin juin, des membres d'un "Mouvement de la défense des frontières" d'extrême droite ont installé au long de la frontière des "patrouilles citoyennes" destinées à contrôler les passages.