Le Premier ministre slovène sortant, Robert Golob, a devancé son rival populiste Janez Jansa de quelque 7 000 voix à peine. Ces résultats particulièrement serrés révèlent les profondes divisions des 1,7 million d'électeurs slovènes.
C'est une victoire dans un mouchoir de poche qui laisse présager une période d'incertitude en Slovénie.
Après avoir comptabilisé environ 99 % des votes, la Commission électorale nationale a déclaré que le Mouvement de la liberté de centre-gauche, dirigé par le Premier ministre Robert Golob, a obtenu 28,5 % des voix, devançant de justesse le Parti démocratique slovène (SDS) de droite, dirigé par l'ancien Premier ministre Janez Jansa (28,1 %).
Avec ces résultats presque égaux, aucun des principaux partis ne disposera d'une majorité au sein du Parlement de 90 sièges, et le futur gouvernement devra dépendre du soutien de petits partis.
Après la publication des résultats, Robert Golob s'est dit convaincu que son parti formerait le prochain gouvernement.
"Merci à tous ceux qui ont travaillé dur depuis l'année dernière, depuis quatre ans. À tous ceux qui se sont battus au Parlement pendant quatre ans. À vous tous qui avez fait cette campagne pour que nous puissions renouveler notre mandat", a déclaré le Premier ministre sortant à ses partisans.
"Ce n'est pas quelque chose que l'on considère comme acquis, pas du tout, en Slovénie. En Slovénie, les attentes étaient élevées et très élevées. Que cela nous serve d'inspiration, car nous avons gagné la confiance".
Les résultats reflètent de profondes divisions
Le vote de dimanche était considéré comme un test clé pour déterminer si ce pays membre de l'Union européenne maintient son cap libéral ou bascule vers la droite. Ces résultats particulièrement serrés révèlent les profondes divisions des 1,7 million d'électeurs slovènes.
Le gouvernement de Robert Golob est une voix libérale forte au sein de l'Union européenne des 27. En revanche, le chef du SDS, Janez Jansa, est un politicien populiste et un proche allié du Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orbán, qui ne cache pas non plus son admiration pour le président américain, Donald Trump.
Le vote a eu lieu à l'issue d'une campagne électorale entachée par des allégations, d'abord formulées par un groupe de militants et de journalistes, selon lesquelles une série d'enregistrements vidéo secrets montrant une corruption présumée liée au gouvernement visait à influencer les électeurs.
Les autorités ont ouvert une enquête sur les allégations selon lesquelles le parti de Janez Jansa et une agence privée étrangère seraient liés à ces enregistrements. Le leader du SDS a reconnu avoir eu des contacts avec un conseiller de l'agence Black Cube, mais a nié les allégations d'ingérence dans les élections.
La société, dirigée par deux anciens agents des services de renseignement israéliens, a été impliquée dans un certain nombre de controverses au fil des ans, y compris une opération d'infiltration pour le compte du magnat du cinéma Harvey Weinstein afin de discréditer ses accusateurs.
Une vie politique sous tension
Au cours de son dernier mandat (2020-2022), Janez Jansa, 67 ans, homme politique chevronné et ancien dissident communiste, a été accusé de réprimer la liberté des médias et d'affaiblir le système juridique slovène, des allégations dont il se défend.
De son côté, Robert Golob, un ancien directeur d'une société d'énergie âgé de 59 ans, était considéré en 2022 comme un nouvel espoir pour les électeurs désillusionnés.
Toutefois, son gouvernement a depuis été ébranlé par une série de remaniements, des problèmes liés à la réforme du système de santé et des changements fréquents dans la politique fiscale.
Sur le plan international, le gouvernement de Robert Golob a adopté une position résolument pro-palestinienne, reconnaissant un État palestinien en 2024 et interdisant l'entrée sur le territoire à de hauts responsables israéliens.
Janez Jansa, quant à lui, est ouvertement pro-israélien et a vivement critiqué la reconnaissance de l'État palestinien.
La Slovénie, pays alpin de 2 millions d'habitants, est devenue membre de l'OTAN et de l'UE en 2004 et a régulièrement oscillé entre les deux blocs depuis qu'elle s'est séparée de l'ex-Yougoslavie en 1991.