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OTAN : le Royaume-Uni exigera-t-il des loyers aux États-Unis en cas de sortie de l'Alliance ?

Le Premier ministre Keir Starmer accueille le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte à Downing Street à Londres, le 17 mars 2026
Le Premier ministre Keir Starmer accueille le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte à Downing Street à Londres, le 17 mars 2026 Tous droits réservés  AP Photo/Thomas Krych
Tous droits réservés AP Photo/Thomas Krych
Par James Thomas & Jean-Philippe Liabot
Publié le
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La transcription d'un faux discours prétendument prononcé par le Premier ministre britannique Keir Starmer a été mise en ligne, soulevant des questions sur le fait que les pays de l'OTAN paient un loyer lorsqu'ils stationnent du personnel militaire dans un autre État membre.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dit au président Donald Trump de retirer toutes les forces américaines des bases britanniques dans les 48 heures s'il choisit de quitter l'OTAN, selon une capture d'écran largement partagée sur les médias sociaux ces dernières semaines.

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L'image, postée sur X, montre la transcription d'une déclaration présumée de Keir Starmer, dans laquelle il déclare que le Royaume-Uni et le reste de l'Europe continueront à s'unir pour leur défense collective, que les États-Unis quittent ou non l'Alliance.

Il aurait ajouté que le Royaume-Uni exigerait des États-Unis des dizaines d'années de loyers rétroactifs pour avoir stationné gratuitement ses troupes sur le territoire britannique.

Capture d'écran du faux discours
Capture d'écran du faux discours Euronews

Plusieurs éléments de ce discours supposé prouvent qu'il s'agit d'un faux.

Tout d'abord, malgré la récente avalanche d'insultes proférées par M. Trump à l'encontre de Keir Starmer pour avoir apporté un soutien limité aux États-Unis dans la guerre contre l'Iran, la réponse du Premier ministre a été plus mesurée que ce texte ne le laisse entendre.

Le 17 mars, Donald Trump a déclaré qu'il était "déçu" par M. Starmer pour son refus initial d'envoyer des porte-avions au Moyen-Orient, l'accusant d'avoir commis une erreur et affirmant qu'il n'était "pas Winston Churchill".

Toutefois, à la suite de la tirade du président, tous les rapports dignes de foi ont indiqué que M. Starmer avait souligné l'importance des relations entre les États-Unis et le Royaume-Uni, assuré que le Royaume-Uni resterait en dehors de la guerre, à l'exception de mesures telles que l'accès des États-Unis à leurs bases proches de la région, et que Londres travaillait avec tous ses alliés pour instaurer la stabilité au Proche-Orient.

Le ton et le langage utilisés dans ce faux discours ne correspondent pas du tout à l'approche diplomatique habituelle de M. Starmer.

L'un des principaux comptes qui le partageait a depuis supprimé son message sur X.

Les pays de l'OTAN se paient-ils mutuellement un loyer ?

L'autre problème du texte est qu'il présente de manière erronée les politiques de défense commune et de partage des coûts de l'OTAN.

Contrairement à ce qu'affirme le faux discours, la politique standard de l'OTAN est que le pays visiteur ne paie pas de loyer au pays hôte lorsqu'il y stationne du personnel militaire mais il contente de couvrir les coûts opérationnels des installations qu'il utilise.

Cette politique est étayée par la Convention sur le statut des forces (SOFA) de l'OTAN de 1951, qui stipule que le pays d'accueil doit fournir au pays d'origine les installations dont il a besoin, à des conditions qui ne sont pas moins favorables que pour l'armée du pays d'accueil.

Ainsi, le ministère britannique de la Défense ne paierait pas de loyer au gouvernement britannique pour ses propres bases et, par exemple, les États-Unis n'auraient pas besoin de le faire non plus.

L'accord stipule également que les États membres renoncent à toute réclamation les uns contre les autres en cas de dommages causés à des biens utilisés pour les besoins de l'OTAN.

Le Royaume-Uni et le Canada sont tous deux membres de l'OTAN (Londres, 16 mars 2026).
Le Royaume-Uni et le Canada sont tous deux membres de l'OTAN (Londres, 16 mars 2026) Brook Mitchell/AP

En outre, un accord de partage des coûts entre le Royaume-Uni et les États-Unis datant de 1973 (source en anglais) stipule que le ministère britannique de la Défense reste propriétaire de toutes les bases utilisées par les États-Unis et que Washington n'est responsable que des coûts d'exploitation et d'expansion.

Bien que cet accord date de plusieurs décennies, il a été confirmé dans des traités et documents récents de l'alliance que les pays de l'OTAN ne paient pas de loyer pour stationner leurs forces armées dans les pays membres.

Par exemple, une note d'information parlementaire publiée au Royaume-Uni en mars 2026 a renforcé les accords de partage des coûts de l'OTAN (source en anglais); l'accord de coopération renforcée en matière de défense (source en anglais) conclu entre la Pologne et les États-Unis en 2019 a souligné que Varsovie mettrait gratuitement des installations à la disposition de l'armée américaine ; et lors de son adhésion à l'OTAN en 2023, la Finlande a signé son propre accord de coopération en matière de défense (source en anglais) avec les États-Unis, qui stipule explicitement qu'il complète le SOFA.

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