Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

UE : plafonnement du prix du pétrole et taxe sur les superprofits à l'étude

Le prix de l'essence est affiché dans une station-service à Neu-Anspach près de Francfort, en Allemagne, le vendredi 27 mars 2026.
Le prix de l'essence est affiché dans une station-service à Neu-Anspach près de Francfort, en Allemagne, le vendredi 27 mars 2026. Tous droits réservés  AP Photo / Michael Probst
Tous droits réservés AP Photo / Michael Probst
Par Marta Pacheco
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button

À la veille d’une réunion ministérielle à Bruxelles, la Commission européenne a appelé les ministres des Finances de l'UE à poursuivre les mesures temporaires pour alléger la facture énergétique, tout en restant engagés sur la voie de la décarbonisation.

Les ministres des Finances de l'Union européenne envisagent de plafonner les prix du pétrole ou de taxer les bénéfices exceptionnels, dans le cadre d'une réponse coordonnée face à la hausse des coûts de l’énergie, provoquée par la guerre en Iran et la flambée des prix du gaz naturel et du pétrole.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Les analystes mettent en garde : de nouvelles hausses pourraient rappeler la crise énergétique de 2022.

Selon les fonctionnaires européens, l'UE est mieux préparée qu'à l'époque, grâce à une production nationale d'énergie propre renforcée et à des infrastructures plus solides.

Pourtant, l'incertitude reste élevée en raison de la durée imprévisible du conflit. Les responsables soulignent également que la marge de manœuvre financière de l'UE est plus limitée qu’auparavant, en raison de l'augmentation des dépenses de défense.

Malgré les efforts de diversification des approvisionnements depuis 2022, l'Europe demeure exposée aux chocs mondiaux et doit se préparer à une nouvelle volatilité, même si la situation ne dégénère pas en crise majeure, ont conclu les responsables européens.

S'exprimant après une réunion ministérielle à Bruxelles jeudi, le commissaire à l'Économie, Valdis Dombrovskis, a estimé que "l'ampleur, la gravité et l'impact" de la guerre s'étaient intensifiés ces deux dernières semaines.

Il a cité la fermeture du détroit d'Ormuz et les attaques contre les infrastructures énergétiques, qui ont fait grimper le baril de Brent au-dessus de 100 dollars et les prix du gaz naturel.

"La question clé est la durée et l’intensité de la crise, car elles détermineront l’ampleur du choc énergétique. Nous espérons tous une désescalade et voulons éviter une perturbation majeure des infrastructures", a déclaré le président de l'Eurogroupe, Kyriakos Mihrakakis.

Pierre Gramegna, directeur général du Mécanisme européen de stabilité, a averti que "même si le conflit devait se terminer demain, ses conséquences resteraient durables".

La "boîte à outils" de l'UE à l'étude pour lutter contre la hausse des prix

Les ministres de l'UE ont discuté de mesures coordonnées sur la base d'une note de la Commission européenne datée du 26 mars, consultée par Euronews. Le directeur de l’Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, a mis en garde contre une crise énergétique plus grave que celle des années 1970.

Alors que l’impact à long terme du conflit iranien est évalué, la Commission exhorte les États membres à accélérer le passage aux énergies propres. L'Espagne et le Portugal sont cités en exemple pour leur moindre exposition à la volatilité des prix grâce aux renouvelables.

Selon la note, les énergies renouvelables représenteront environ 48 % du bouquet électrique de l’UE en 2025, contre 36 % en 2021, grâce à l’éolien et au solaire. Sur la même période, la part des combustibles fossiles a diminué de 34 % à 26 %.

"La transition énergétique de l’Europe est un objectif stratégique et aucune crise à court terme ne nous en détournera", a déclaré le commissaire à l'Économie.

La Commission européenne appelle les États membres à réduire leur consommation de gaz et de pétrole, faisant écho à un avertissement de l'AIE publié le 20 mars, juste après que les dirigeants de l'UE ont annoncé des mesures "ciblées et temporaires" pour limiter la hausse des prix de l'énergie.

Bruxelles insiste sur le caractère temporaire et abordable de ces mesures, afin d’éviter une pression fiscale durable. La note recommande également un soutien ciblé aux ménages et entreprises les plus touchés, plutôt que des subventions générales susceptibles de fausser les marchés et de fragiliser les finances publiques.

Pour éviter des réponses nationales fragmentées comme lors de crises précédentes, la Commission préconise une coordination européenne, financée par des outils existants tels que les recettes du marché du carbone ou des taxes exceptionnelles, plutôt que par de nouveaux emprunts.

Dans les semaines à venir, elle devrait proposer des taux d’imposition plus bas pour l'électricité et des mesures visant à garantir qu’elle soit moins lourdement taxée que les combustibles fossiles. Des plans pour moderniser le marché européen du carbone sont également prévus, avec une mise à jour des critères d'allocation gratuite et un renforcement de la réserve de stabilité afin de limiter la volatilité des prix.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

La BCE maintient ses taux inchangés malgré le risque d'une inflation

L'UE lorgne les réserves de pétrole pour contenir les prix de l'énergie et l'inflation, alors que la guerre en Iran fait rage

UE : plafonnement du prix du pétrole et taxe sur les superprofits à l'étude