Réunis à Paris, autour d'Emmanuel Macron et de Keir Starmer, une quarantaine de dirigeants internationaux ont déclaré qu'une mission "neutre" pourrait encore s'avérer nécessaire pour sécuriser la navigation et prévenir de nouvelles perturbations sur cette voie commerciale stratégique.
Les dirigeants européens ont annoncé ce vendredi qu'ils accéléraient la mise en place d'une mission multinationale "neutre et défensive" visant à sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Cette annonce intervient alors même que l'Iran avait déclaré plus tôt que cette voie avait été entièrement rouverte au trafic maritime pour la durée restante du cessez-le-feu, qui doit expirer le 22 avril.
Coprésidée par le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, la réunion de Paris a rassemblé 49 pays, principalement par vidéoconférence, pour discuter d’une future opération visant à garantir la liberté de navigation dès que les conditions le permettront.
Les États-Unis ne faisaient pas partie de cette initiative, que la France et la Grande-Bretagne ont présentée comme distincte des belligérants et indépendante de la politique de blocus de Washington toujours en vigueur.
Le président américain a déclaré dans un message publié en majuscules sur les réseaux sociaux que le blocus des navires et des ports iraniens par la marine américaine resterait en vigueur "JUSQU'À CE QUE NOTRE ACCORD AVEC L'IRAN SOIT CONCLU À 100 %".
Emmanuel Macron s'est félicité à la fois du cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis et de la trêve concernant le Liban, estimant que les derniers développements allaient "dans la bonne direction".
Il a toutefois insisté sur le fait que toutes les parties devaient désormais veiller à la réouverture totale, immédiate et inconditionnelle du détroit.
Il s'est également opposé à toute tentative visant à transformer le passage par le détroit d'Ormuz en un système de péage ou soumis à des restrictions.
Starmer a tenu un discours similaire, déclarant que l'annonce de l'Iran était la bienvenue mais qu_'"il fallait s'assurer qu'il s'agissait d'une proposition durable et viable."_
Il a indiqué que les dirigeants avaient convenu d'accélérer la planification militaire d'une mission multinationale "dès que les conditions le permettront", et a annoncé une nouvelle conférence militaire à Londres la semaine prochaine, après que plus d'une douzaine de pays se sont proposés de fournir des moyens.
Environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde transite habituellement par le détroit d'Ormuz, et les dernières semaines du conflit ont ébranlé les marchés de l'énergie, bloqué des navires et laissé plus de 20 000 marins coincés dans la région.
Plusieurs pays européens ont refusé de se joindre au blocus américain des ports iraniens, affirmant que cela reviendrait à entrer en guerre directe avec Téhéran.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni, présente à Paris, a fait valoir que les enjeux dépassaient le cadre de l'énergie, soulignant que les engrais sont également essentiels pour la sécurité alimentaire mondiale.
Elle a déclaré qu'il restait vital que l'Iran renonce à toute tentative de se doter d'armes nucléaires et a clairement indiqué que l'Italie était prête à jouer son rôle dans une future opération.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a mis en garde contre le risque d'une "guerre mondiale multidimensionnelle" si la crise n'était pas maîtrisée.
Il a indiqué que l'Allemagne pourrait contribuer à une future intervention, notamment par le biais du déminage en mer.
Il a ajouté que l'Allemagne "souhaiterait également, si possible, que les États-Unis d'Amérique" participent à la mission, contredisant ainsi la déclaration faite par le président français, qui excluait tous les belligérants de collaborer ensemble.