"L'Arménie a survécu, elle vivra. La France est toujours à ses côtés", a lancé le chef du gouvernement français qui, en déplacement à Marseille, centré surtout sur le thème d'une crise de logement en France, a souligné les liens historiques qui lient les deux pays.
La France a, comme le veut la tradition, commémoré ce 24 avril le génocide des Arméniens de 1915, perpétré dans l'empire Ottoman.
Le président de la République française, Emmanuel Macron, a publié une déclaration à l’occasion de ce 111ᵉ anniversaire de la tragédie.
« En ce 24 avril, la République commémore le génocide des Arméniens de 1915 et s'incline devant la mémoire des victimes. C'est une occasion de se souvenir, de transmettre et de souligner le lien indissoluble qui unit la France à l'Arménie et les Français aux Arméniens », a-t-il écrit sur X.
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu, en déplacement à Marseille, a assisté à une cérémonie solennelle, accompagné de Sabrina Agresti-Roubache, ancienne ministre, Benoît Payan, maire de Marseille et Sébastien Delogu, député LFI.
Dans son discours il a dénoncé "un grand crime, pensé, ordonné, organisé et exécuté au mépris de toutes les lois des hommes", "un génocide, un crime contre l'humanité" - qui pourtant "n'efface... ni la grandeur d'un peuple, ni la beauté d'une langue, d'une culture ni surtout l'histoire millénaire tragique".
Une loi mémorielle en France
La France a reconnu publiquement le génocide arménien de 1915 en 2001. La loi correspondante, adoptée par le Sénat en première lecture le 7 novembre 2000 et par l’Assemblée nationale le 18 janvier 2001, fait partie des quatre lois mémorielles françaises (avec loi Gayssot, réprimant tout acte raciste, antisémite ou xénophobe; loi Taubira, reconnaissant la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité ; et, finalement, loi Alliot-Marie, portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés).
Le Parlement européen (18 juin 1987), le Conseil de l'Europe (déclaration écrite de l'Assemblée parlementaire le 24 avril 1998) ou le Parlement du Mercosur (19 novembre 2007) reconnaissent également le génocide.
Au sein de l'Union européenne, onze Etats membres ont officiellement reconnu le génocide arménien, par le biais d'une loi ou d'une résolution du Parlement. Il s'agit, à part la France, de l'Allemagne, de la Belgique, de Chypre, de la Grèce, de l'Italie, de la Lituanie, des Pays-Bas, de la Pologne, de la Slovaquie et de la Suède. Certains, comme la Slovaquie et Chypre (mais pas la France), vont jusqu'à pénaliser sa négation.
En Europe, à cette liste de reconnaissance s'ajoutent trois Etats non-membres de l'UE : la Russie, la Suisse et le Vatican.
Au total, seuls 23 pays reconnaissent le massacre d'1,5 million d'Arméniens entre 1915 et 1923 comme génocide.
Trois pays nient explicitement le génocide arménien : la Turquie, l'Azerbaïdjan et le Pakistan.