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L’UE reste ferme face à Moscou, Londres essaie de justifier son allègement des sanctions

Le pétrole russe est au cœur des sanctions occidentales
Le pétrole russe est au cœur des sanctions occidentales. Tous droits réservés  AP/Copyright 2022 The AP. All rights reserved.
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Par Jorge Liboreiro
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Bruxelles teste auprès des alliés du G7 un embargo total sur les services maritimes aux pétroliers russes, mais les récents choix américain et britannique compliquent le feu vert.

L'Union européenne promet de rester ferme sur sa stratégie visant à asphyxier l'économie de guerre russe, tandis que le Royaume-Uni s'efforce de rassurer ses alliés en affirmant que ses dernières décisions ne reviennent pas à lever les sanctions.

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Le gouvernement britannique a semé la confusion et provoqué la consternation mardi en publiant une licence sans date de fin autorisant l'importation de diesel et de kérosène produits à partir de pétrole brut russe raffiné dans d'autres pays, comme la Turquie et l'Inde, où le brut est acheté à prix cassés.

Une autre licence autorise, jusqu'en janvier 2027, la conclusion de contrats de services de courte durée avec les projets russes Sakhaline-2 et Yamal GNL.

Cette publication a pris l'Ukraine et ses alliés européens de court.

Le bureau du président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué être en « échanges très actifs » avec ses homologues britanniques pour comprendre les détails de la décision. L'envoyé spécial de Zelensky pour les sanctions, Vladyslav Vlasiuk, a évoqué des inquiétudes liées aux « recettes supplémentaires » susceptibles d'être générées pour le budget de Moscou.

À Bruxelles, la Commission européenne a réaffirmé que le bloc poursuivrait sa ligne actuelle.

« Nous restons engagés en faveur de nos sanctions sur les importations de pétrole et de gaz russes », a déclaré mercredi Paula Pinho, la principale porte-parole de la Commission. « Nous devons répéter que les Russes ne doivent pas profiter du conflit en cours au Moyen-Orient. C'est particulièrement ironique. »

Parallèlement, Londres a tenté de présenter cette débâcle comme un simple problème de communication.

Le gouvernement a soutenu que ces licences étaient nécessaires pour mettre en place progressivement une interdiction visant les produits pétroliers raffinés issus de brut russe et la fourniture de services maritimes pour le GNL russe, sans provoquer de nouvelles perturbations dans l'approvisionnement énergétique du pays, déjà mis à rude épreuve par la fermeture du détroit d'Ormuz.

Sur fond de vives critiques de l'opposition, le Premier ministre Keir Starmer a présenté ces licences comme des « mesures temporaires » destinées à protéger les consommateurs britanniques.

« Il ne s'agit en aucun cas de lever les sanctions existantes, et nous continuerons à travailler avec nos alliés sur de nouveaux trains de sanctions », a-t-il déclaré au Parlement.

Le ministre du Commerce, Chris Bryant, a présenté ses excuses pour la mise en œuvre « maladroite » de ces sanctions édulcorées et promis de revoir les licences « dès que possible ».

Interdiction totale en suspens

Les annonces venues de Londres sont tombées au lendemain de la confirmation par Washington de la prolongation, pour la troisième fois cette année, de sa dérogation concernant le pétrole russe transporté par voie maritime, au motif qu'elle offrirait « une flexibilité supplémentaire » aux « pays les plus vulnérables sur le plan énergétique ».

Cette annonce du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a coïncidé avec une réunion du G7 des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale à Paris, à laquelle il participait.

Valdis Dombrovkis, le commissaire européen chargé de l'Économie, a vertement critiqué cette prolongation. « Du point de vue de l'UE, nous ne pensons pas que le moment soit venu d'alléger la pression sur la Russie », a-t-il déclaré à Paris, en référence à la forte hausse du prix du brut Oural.

« Au contraire, nous devons renforcer cette pression », a-t-il ajouté.

Bruxelles tente actuellement de convaincre ses alliés occidentaux d'introduire une interdiction de grande portée des services maritimes, y compris les services bancaires, de transport maritime et d'assurance, pour les pétroliers russes. Une fois en vigueur, elle viendrait remplacer le plafonnement des prix mis en place par le G7 depuis 2022.

Mais la Commission se retrouve prise en étau entre deux forces opposées.

D'un côté, deux États membres, la Grèce et Malte, qui ont des intérêts économiques dans les services de transport et de pavillon, affirment que l'interdiction totale ne doit être imposée que si le G7 agit de concert.

De l'autre, les États-Unis et le Royaume-Uni, qui jouent un rôle de premier plan respectivement dans les services bancaires et les services d'assurance, adaptent leurs régimes de sanctions pour faire face aux ondes de choc provoquées par la fermeture du détroit d'Ormuz.

Les tensions non résolues entre ces camps placent l'UE dans la situation extraordinaire où l'interdiction est approuvée en théorie, mais mise en suspens dans la pratique.

À l'issue de la réunion du G7, les ministres des Finances ont réaffirmé leur « engagement indéfectible à continuer d'imposer de lourds coûts à la Russie » et laissé la porte ouverte à de « potentielles mesures concernant les services maritimes », sans s'engager sur un calendrier.

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