Après 48 heures de garde à vue, le parquet de Nanterre a requis ce mercredi la mise en examen et le placement en détention provisoire de l’artiste de 67 ans, visé par de multiples accusations de violences sexuelles qu'il conteste fermement,
La pression judiciaire s'accentue sur Patrick Bruel. Après 48 heures passées en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire parisienne, où il a été longuement entendu par les enquêteurs, le chanteur et acteur a vu cette mesure prendre fin mercredi matin.
À l'issue de ces auditions, il a été déféré devant la justice afin d'être présenté à un collège de trois juges d'instruction. Ces magistrats sont désormais chargés d'examiner les éléments du dossier et de statuer sur les réquisitions formulées par le parquet.
Le ministère public a notamment demandé sa mise en examen ainsi que son placement en détention provisoire.
Le parquet de Nanterre réclame l'ouverture d'une information judiciaire pour des chefs d'inculpation majeurs : viols, tentatives de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel. Les réquisitions actuelles s'appuient sur les déclarations de neuf victimes présumées, pour des faits qui se seraient déroulés sur une période allant de 2010 à 2019, en France, en Suisse et en Belgique. De son côté, la star française continue de nier en bloc l'intégralité des accusations.
Une affaire alimentée par de très nombreuses plaintes
Au-delà des neuf victimes, le dossier judiciaire recèle un second volet particulièrement lourd. Les enquêteurs ont formalisé des procédures distinctes concernant treize autres femmes. Ces dernières dénoncent des agissements d'une extrême gravité, allant du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles jusqu'à des faits de viols et de tentatives de viols.
Ces témoignages décrivent des faits qui se seraient déroulés sur une temporalité beaucoup plus ancienne, s'étalant de 1992 à 2008.
Si, selon les premières analyses du ministère public, ces accusations se heurtent aujourd'hui aux délais légaux et apparaissent comme juridiquement prescrites, elles restent un élément clé de ce dossier.
Les trois juges d'instruction co-saisis auront donc la lourde tâche de mener des vérifications approfondies pour déterminer si cette prescription est bel et bien acquise, ou si des actes de procédure passés ont pu en interrompre le cours.
Même si toutes les victimes présumées n'ont pas déposé plainte officiellement pour de multiples raisons allant de la peur, du traumatisme subi ou encore parce que les faits remontent parfois à plusieurs années, la multiplication des témoignages et des récits aux similitudes troublantes contribue à étoffer le dossier. Autant d'éléments que les juges d'instruction devront désormais examiner avec attention afin d'établir les responsabilités éventuelles dans cette affaire.